Il me dit : « Informe-moi de ce qui arrivera. » Il répondit : « L’adversité, la détresse et la famine (1), la rudesse et la bravoure ont disparu, sauf un reste chez Khuzaʿa. L’adversité, la pénurie et le caractère décrié (2) ont également disparu, sauf un reste chez les Khazraj et les Aws. L’arrogance et l’orgueil (3), la médisance et la trahison ont disparu, sauf un reste chez Banû Bakr – c’est-à-dire le fils de Hawâzin. Les actes qui provoquent des regrets et la conduite pécheresse ont disparu, sauf un reste dans la tribu de Khaṯʿam. »
Il poursuivit : « Informe-moi de ce qui arrivera. » Il répondit : « Lorsque la vengeance (4) l’emportera, et que la jarre (5) sera saturée, alors quitte le pays de l’Hégire. Et quand on ne se saluera plus et que les liens de parenté seront rompus, quitte le territoire sacré. »
Il demanda encore : « Informe-moi de ce qui arrivera. » Il répondit : « Si ce n’était pour une oreille qui écoute et un œil qui observe, je t’aurais révélé de quoi t’affoler. » Puis il déclama (selon le mètre al-khafîf) :
« Point de repos apaisé par un doux sommeil, ô fils de Ghôt, ni d’aurore qui nous soit parvenue (6). »
Ensuite, il fit un bruit strident (7), semblable au cri d’une femme enceinte. À l’apparition de l’aube, je sortis pour voir : il y avait un gros lézard et un serpent, tous deux morts. Il dit : « Je n’ai su que le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) avait émigré à Médine qu’à la suite de ce récit. »
Ensuite, il le rapporta d’après Muḥammad ibn Jaʿfar, d’après Ibrāhīm ibn ʿAlī, d’après an-Naḍr ibn Salama, d’après Ḥassān ibn ʿUbāda ibn Mūsā, d’après ʿAbd al-Ḥamīd ibn Bahram, d’après Shahr, d’après Ibn ʿAbbās, d’après Saʿd ibn ʿUbāda qui raconta :
« Lorsque nous prêtâmes serment d’allégeance au Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) la nuit d’al-ʿAqaba, je partis pour Ḥaḍramawt pour quelques affaires. J’accomplis ce que j’avais à faire, puis je revins. En cours de route, je m’endormis et, au beau milieu de la nuit, je fus réveillé par une voix s’écriant (selon le mètre al-wāfir) :
« Ô Abā ʿAmr, l’insomnie m’a gagné (8), le sommeil s’en est allé et le repos a disparu. »
Il en fit ensuite le récit complet. Abū Nuʿaym a déclaré : « ʿUmar (9) ibn Muḥammad ibn Jaʿfar nous raconta, puis Ibrāhīm ibn ʿAlī nous raconta, puis an-Naḍr ibn Salama nous rapporta… »