Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Elles tombèrent donc toutes. Le Najâshî déclara : « Malheur à vous deux ! Je vais vous raconter ce qui m’est arrivé. Voilà que je dormais, la nuit dont vous parlez, sous un pavillon, au moment de ma retraite. Soudain, du sol surgit un cou et une tête qui proclamait : “Le malheur s’est abattu sur les Gens de l’Éléphant. Des oiseaux, par volées successives, les ont frappés de pierres d’argile cuite. Périt l’âshram impie et criminel ; voici né le Prophète illettré, le Mecquois du sanctuaire sacré. Quiconque lui obéit est promis au bonheur, quiconque le rejette se trouve délaissé.” Puis cette apparition rentra dans le sol et disparut. Je voulus crier, mais je ne pus parler ; je tentai de me lever, mais mes jambes refusaient de me porter. Je frappai alors la coupole de la main. Les gens de ma maisonnée m’entendirent et vinrent. Je leur dis : “Tenez les Abyssiniens à distance de moi”. On les écarta ; alors ma langue et mes jambes furent délivrées. » (1)

L’historien et hâfiẓ Abû al-Qâsim Ibn ‘Asâkir rapporta dans son « Târîkh » (2), dans la biographie de Al-Hârith ibn Hânî ibn al-Mudlij ibn al-Miqdâd ibn Zaml ibn ‘Amr al-‘Udhrî, d’après son père, d’après son grand-père, d’après son père, de la part de Zaml ibn ‘Amr al-‘Udhrî qui raconta : « Les Banû ‘Udhra possédaient une idole appelée Ḥammâm, qu’ils vénéraient. Elle se trouvait chez les Banû Hind ibn Ḥarâm ibn Ḍinna (3) ibn ‘Abd ibn Kabîr (4) ibn ‘Udhra, et son gardien était un homme nommé Târiq. Ils y offraient des sacrifices (5). Lorsque le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) apparut, nous entendîmes une voix qui disait : “Ô Banû Hind ibn Ḥarâm ! La vérité est apparue et Ḥammâm a péri, l’islam a balayé l’association.” Nous fûmes effrayés et bouleversés, puis nous attendîmes quelques jours. Ensuite, nous entendîmes de nouveau une voix : “Ô Târiq, ô Târiq ! Le Prophète véridique a été envoyé, avec une révélation énoncée. Un héraut a proclamé la vérité au pays de Tihâma. À ceux qui le soutiennent, la paix ; à ceux qui l’abandonnent, le regret. Voici mon adieu jusqu’au Jour de la Résurrection.” » Zaml poursuivit : « L’idole s’effondra face contre terre. J’achetai alors une monture et je partis jusqu’à ce que j’arrive auprès du Prophète (que Dieu le bénisse et le salue) avec quelques membres de ma tribu. Je lui récitai des vers que j’avais composés :

[Du mètre at-Ṭawîl]

“C’est vers toi, ô Messager de Dieu, que j’ai dirigé ses pas,
la chargeant d’un périple pénible à travers les dunes,
Pour soutenir de la meilleure façon l’homme le plus noble,
et pour lier ma corde à la tienne.
Je témoigne qu’il n’y a pas d’autre Dieu qu’Allah,
Je L’adore tant que mes sandales pèseront sur mes pieds.” (6)(7)

(1) Il est rapporté dans Ṭ après cette narration le texte suivant : « Et il sera, si Dieu le veut, relaté dans l’histoire de la naissance le rêve de Khosro concernant la chute de quatorze balcons de son palais, l’extinction de ses feux et la vision de leur cendrier, ainsi que l’interprétation détaillée de cela par la main d’Abd al-Masīḥ. » Ce passage n’existe pas dans Ḥ, et l’histoire de la naissance ainsi que le rêve de Khosro ont déjà été mentionnés dans cette partie, ce qui indique qu’il a été inséré hors de son contexte dans Ṭ ; c’est pourquoi j’ai préféré le placer en note. (2) Ibn Manẓūr a rapporté cette tradition dans l’abrégé de l’Histoire d’Ibn ʿAsākir (6/168), mais sa chaîne de transmission est inconnue. (3) Dans Ḥ : ṣubayya, et dans Ṭ : ḍabba ; les deux sont des erreurs de transcription, la forme correcte est attestée dans al-Ikmāl (5/215). (4) Dans Ḥ, Ṭ et l’abrégé de l’Histoire d’Ibn ʿAsākir : kathīr ; attesté aussi dans la collection d’Ibn al-Kalbī (2/196), la collection d’Ibn Ḥazm (p. 315) et al-Ikmāl (2/412 et 5/215). Ibn Mākūlā et Ibn Ḥajar ont mentionné celui nommé Kabīr, mais sans le citer parmi eux. Voir al-Ikmāl (7/160) et al-Tabsīr (3/1187). (5) « ʿatara al-shāh wa al-ẓabyā wa naḥwihim yaʿtaruhā » : cela signifie « il les a sacrifiés ». Le terme « al-ʿatīra » désigne ce qui est produit en premier ; ils les sacrifiaient à leurs divinités. (Al-Lisān, sous l’entrée ʿatra) (6) Dans Ḥ : « wa kallafat-hā khawfan wa fawran » ; dans l’abrégé : « akallafahā ḥuznan wa fawran » ; la forme correcte est attestée dans Ṭ. (7) Dans Ḥ : « mā athqalat qadami rajulī » ; la forme correcte est attestée dans Ṭ et dans l’abrégé. Le poème est manifestement apocryphe.
فسقطتْ كلُّها. قال النجاشي: ويحكما. أخبركما عمَّا أصابني، إنِّي لنائم في الليلةِ التي ذكرتما في قُبَّة، وقتَ خَلْوتي، إذ خرجَ عليَّ من الأرض عُنق ورأس، وهو يقول: حلَّ الويل بأصحاب الفيل، رمَتْهُم طَيْرٌ أبابيل، بحجارةٍ من سِجِّيل، هلك الأشرمُ المعتدي المجرم، وولد النبيُّ الأمي، المكي الحَرَمي، مَنْ أجابه سَعِد، ومن أباه عند. ثم دخل الأرض فغاب، فذهبتُ أصيح فلم أُطق الكلام، ورُمْتُ القيام، فلم أطقِ القيام، فقرَعتُ القُبَّة بيدي؛ فسمع بذلك أهلي، فجاؤوني، فقلت: احجبُوا عني الحبشة. فحجبوهم عني، ثم أُطلق عن لساني ورجلي (١) . وروى الحافظ أبو القاسم بنُ عساكر في "تاريخه" (٢) في ترجمة الحارث بن هانئ بن المُدْلِج بن المِقْداد بن زَمْل بن عمرو العُذْري، عن أبيه، عن جدِّه عن أبيه، عن زَمْل بن عمرو العُذْري قال: كان لبني عُذْرَة صنمٌ يقالُ له: حمام، وكانوا يُعَظِّمونه، وكان في بني هند بن حَرَام بن ضِنَّة (٣) بن عبد بن كبير (٤) بن عُذْرة، وكان سادِنُه رجلًا يقال له: طارق، وكانوا يَعْترونَ عند (٥) ، فلما ظهر رسولُ اللَّه ﷺ سمعنا صوتًا يقول: يا بني هند بن حَرَام. ظهر الحق وأودى حمام، ودفع الشركَ الإسلام. قال: ففزعنا لذلك وهالَنا، فمكثنا أيامًا، ثمّ سمعنا صوتًا وهو يقول: يا طارق يا طارق، بُعث النبيُّ الصادق، بوَحْيٍ ناطق، صدع صادع بأرض تِهامَة، لناصريه السلامة، ولخاذليه الندامَة، هذا الوداع مني إلى يوم القيامة. قال زَمْل: فوقع الصنم لوجهه. قال زَمْل: فابتعتُ راحلةً ورحلت، حتَّى أتيتُ النبيَّ ﷺ مع نَفَرٍ من قومي وأنشدته شعرًا قلتُه: [من الطويل] إليكَ رسولَ اللّهِ أعملتُ نَصَّها … وكلَّفتُها حَزْنًا وغَورًا من الرَّمْلِ (٦) لأنصرَ خيرَ الناسِ نصرًا مؤزَّرًا … وأعقِدَ حَبْلًا من حِبالك في حَبْلي وأشهَدَ أنَّ اللّهَ لاشيءَ غيرَهُ … أدينُ به ما أثقلتْ قدمي نعلي (٧)
(١) جاء في ط بعد هذا الخبر ما نصه: وسيأتي إن شاء اللَّه تعالى في قصة المولد رؤيا كسرى في سقوط أربع عشرة شرفة من إيوانه، وخمود نيرانه ورؤيا موبذانه، وتفسير سطيح لذلك على يدي عبد المسيح. ولا وجود لهذا النص في ح، وقد مرت قصة المولد ورؤيا كسرى في هذا الجزء، وهذا يدل على إنزاله في غير موضعه في ط، لذا آثرت إنزاله إلى الحاشية. (٢) أورد الخبر ابن منظور في مختصر تاريخ ابن عساكر (٦/ ١٦٨)، وإسناده مجاهيل. (٣) في ح: صبية، وفي ط: ضبة، وكلاهما تصحيف، والمثبت من الإكمال (٥/ ٢١٥). (٤) في ح، ط ومختصر تاريخ ابن عساكر: كثير؛ والمثبت من جمهرة ابن الكلبي (٢/ ١٩٦) وجمهرة ابن حزم (ص ٣١٥) والإكمال (٢/ ٤١٢ و ٥/ ٢١٥). وقد ذكر ابن ماكولا وابن حجر من يسمى كبيرًا إلا أنه لم يعدا هذا منهم. الإكمال (٧/ ١٦٠) والتبصير (٣/ ١١٨٧). (٥) "عَتَر الشاة والظبية ونحوهما يعترها": ذبحها، والعتيرة: أول ما يُنتج، كانوا يذبحونها لآلهتهم. اللسان (عتر). (٦) في ح: وكلفتها خوفًا وفورًا؛ وفي المختصر: أكلفها حزنًا وفورًا؛ والمثبت من ط. (٧) في ح: ما أثقلت قدمي رجلي. والمثبت من ط والمختصر. والشعر ظاهر الوضع.

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