Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Mon compagnon, au nom de Dieu le Clément, le Miséricordieux. Il dit :

Alors le cheikh s’appuya sur lui et lui porta un coup d’épée qui lui ouvrit (1) le ventre. Il en retira quelque chose à la manière d’une lanterne noire, puis déclara : « Ô ‘Amr, voilà sa tromperie et sa rancune. » Ensuite il dit : « Sais-tu qui est cette jeune femme ? » Je répondis : « Non. » Il poursuivit : « C’est al-Fâri‘a, fille de as-Sulayyil (2) al-Jurhumî. Son père (3) était l’un des meilleurs parmi les jinns. Quant à ces gens-là, ce sont sa famille et les fils de son oncle, qui m’attaquent chaque année et m’envoient l’un des leurs. Mais Dieu me donne la victoire sur chacun d’eux par “Bismillâh ar-Raḥmân ar-Raḥîm”. »

Puis il ajouta : « Tu as vu ce que j’ai fait à l’Abyssinien. Or, la faim me presse ; apporte-moi donc quelque chose à manger. » Je lançai alors mon cheval (4) dans la steppe, sans trouver d’autre provision que des œufs d’autruche, que je lui rapportai. Je le trouvai endormi, et sous sa tête, il y avait un objet en forme de morceau de bois. Je le tirai à moi et constatai qu’il s’agissait d’une épée large d’un empan et longue de sept empans. Je frappai alors ses deux jambes d’un seul coup, tranchant les jambes ainsi que les pieds. Il se redressa sur l’alignement de sa colonne vertébrale en s’écriant : « Que Dieu te combatte ! Que tu es traître, ô perfide ! » ‘Amr dit : « Et ensuite, qu’as-tu fait ? » Je répondis : « Je continuai à le frapper de mon épée (5) jusqu’à l’avoir découpé en morceaux. »

Il demeura alors silencieux, puis se mit à réciter :

[En vers – mètre al-kâmil]
« Par la traîtrise, tu as approché un frère en Islam de près,
Jamais je n’ai entendu pareille chose (6) chez les Anciens Arabes.
Et même les nations étrangères répugnent à ce que tu as fait, par noblesse,
Malheur à ce que tu as commis envers ce maître avisé (7).
Je m’étonne de la façon dont tu as pu le tuer,
Et comment lui ne t’a pas puni alors que tu ne t’es pas repenti.
C’était un grand homme qui t’a pardonné maintes fois, alors même
Que tes mains avaient déjà porté atteinte à son corps.
Si je reprenais en Islam ce qu’ils faisaient autrefois
Au temps de l’idolâtrie et de la croix (8),
Alors, par sens de la justice, je t’aurais porté un coup d’épée acéré (9),
Qui aurait fait appeler (10) celui qui y goûte à la ruine et à la guerre (11). »

Puis il dit : « Qu’est-il advenu de la jeune femme ? » Je répondis : « Alors je suis allé vers elle. Lorsqu’elle m’aperçut, elle me demanda : “Qu’est devenu le cheikh ?” Je lui dis : “L’Abyssinien l’a tué.” » Elle répliqua : « Tu mens, c’est plutôt toi qui l’as tué par traîtrise. » Elle se mit alors à déclamer :

[En vers – mètre al-khafîf]

(1) Dans al-Hawātif : « fānshaqa » (il s’est fendu). (2) Dans Ḥ : al-Suhayl. Dans la marge : al-Salīl. Au-dessus, le signe خ indique une autre lecture, attestée dans Ṭ, al-Hawātif et la vocalisation. (3) Et la mère d’Abūhā est omise dans Ṭ. (4) Dans Ḥ, Ṭ : « bifarsī » (en persan), attesté dans al-Hawātif. (5) Dans al-Hawātif : « bisayfihi » (avec son épée), ce qui est plus proche de la correction. (6) Dans la marge de la version origine d’al-Hawātif : « bidha ». Au-dessus, le signe خ indique une lecture dans une autre copie. La lecture d’Ibn Ḥudhlam dans le poème de ‘Amr est aussi « bidha ». (7) « al-Arib » : celui qui est habile et accompli, le maître averti. Al-Tāj et al-Muʿjam al-Wasīṭ (entrées « أرب »). (8) De même dans la langue de celui qui dit : « Akalūnī al-Barāghīth » (ils m’ont mangé les puces), al-Kitāb (2/40), édition Hārūn (1/236, édition Būlāq). (9) Sabre raturé comme la plupart : il est raturé, c’est-à-dire plusieurs corruptions dans son texte. Al-Tāj (entrée « شطب »). (10) Dans Ḥ : « tudʿā » (elle est appelée), dans al-Hawātif : « yudʿā » (il est appelé). (11) « al-Ḥarab » : s’emparer des biens d’une personne en le laissant démuni, anéantissement. Al-Tāj et al-Muʿjam al-Wasīṭ (entrée « حرب »).
صاحبي ببسم اللَّه الرحمن الرحيم. قال: فاتكأ عليه الشيخ فبعجَهُ بسيفه، فاشتق (١) بطنه، فاستخرج منه شيئًا كهيئةِ القِنْديل الأسود، ثم قال: يا عمرو، هذا غِشُّه وغِلُّه. ثم قال: أتدري مَنْ تلك الجارية؟ قلت: لا. قال: تلك الفارعَةُ بنتُ السُّليل (٢) الجُرْهُمي، وكان أبوها (٣) من خيارِ الجِنّ، وهؤلاء أهلُها بنو عمِّها يغزونني منهم كلَّ عامٍ رجلٌ ينصرني الله عليه ببسم اللَّه الرحمن الرحيم. ثم قال: قد رأيتَ ما كان مني إلى الحَبَشىّ، وقد غلب عليَّ الجوعُ، فأْتني بشيء آكلُه، فأقحمتُ فرسي (٤) البرِّيَّة فما أصبتُ إلا بَيْضَ النَّعَام، فأتيتُه به فوجدْتُه نائمًا، وإذا تحتَ رأسِهِ شيءٌ كهيئة الخشبة، فاستلَلْتُه فإذا هو سيفٌ عَرْضُه شِبْر، في سبعة أشبار، فضربتُ ساقَيْهِ ضربةً أبنْتُ الساقَيْنِ مع القدمَيْن، فاستوى على فَقَارِ ظَهْرِه وهو يقول: قاتلك اللَّه ما أغدَرَكَ يا غدَّار! قال عمر: ثم ماذا صنعت؟ قلتُ: فلم أزلْ أضربُه بسيفي (٥) حتَّى قطَّعْتُه إرْبًا إرْبًا. قال: فوجَمَ لذلك ثم أنشأ يقول: [من الكامل] بالغدرِ نلْتَ أخا الإسلام عن كَثَبٍ … ما إنْ سمعتُ كَذَا (٦) في سالِفِ العَرَب والعُجْمُ تأنفُ مما جئتَه كَرَمًا … تَبًّا لما جئتَه في السِّيد الأرِب (٧) إني لأعجبُ أنَّى نِلْتَ قِتْلَتَهُ … أم كيفَ جازاكَ عند الذَّنبِ لم تَتُبِ؟ قَرْمٌ عفا عنك مرَّاتٍ وقد عَلِقت … بالجسمِ منكَ يداهُ مَوْضِعَ العَطَبِ لو كنتُ آخُذُ في الإسلام ما فعلوا … في الجاهليَّةِ أهلُ الشِّرْكِ والصُلُب (٨) إذًا لنالتْكَ من عَدْلي مُشَطَّبةٌ (٩) … تدعو (١٠) لذائِقها بالويْلِ والحَرَب (١١) قال: ثم ما كانَ من حالِ الجارية؟ قلت: ثم إني أتيتُ الجارية، فلمَّا رأتْني فالت: ما فعل الشيخ؟ قلتُ: قتلَهُ الحَبَشِيُّ. فقالت: كذبتَ، بل قتلتَهُ أنتَ بغَدْرِك. ثم أنشأت تقول: [من الخفيف]
(١) في الهواتف: فانشق. (٢) في ح: السهيل. وفي الهامش: السليل. وفوقها خ إشارة إلى رواية أخرى، والمثبت من ط والهواتف والضبط منه. (٣) وكان أبوها ساقط من ط. (٤) في ح، ط: بفرسي، والمثبت من الهواتف. (٥) في الهواتف: بسيفه. وهو أشبه بالصواب. (٦) في هامش أصل الهواتف: بذا. وفوقها خ إشارة إلى رواية في نسخة أخرى. ورواية ابن حذلم في شعر عمرو: بذا أيضًا. (٧) "الأرِب": الحاذق الكامل، والماهر البصير. التاج والمعجم الوسيط (أرب). (٨) كذا على لغة من قال: "أكلوني البراغيث" الكتاب (٢/ ٤٠) ط هارون (١/ ٢٣٦ ط بولاق). (٩) سيف مشطب كمعظم: فيه شطب؛ أي طرائق في متنه. التاج (شطب). (١٠) في ح: تدعا، وفي الهواتف: يدعى. (١١) "الحَرَب": نهب مال الإنسان وتركه لا شيء له، والهلاك. التاج والمعجم الوسيط (حرب).

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