Le Messager de Dieu (ﷺ) l’envoya puiser de l’eau pour eux, mais ils voulurent l’en empêcher et ils coupèrent le seau ; il descendit donc vers eux. C’est une histoire longue et très contestable. Dieu est plus savant.
Al-Khara’îtî (1) a dit : « Abu l-Harith Muhammad ibn Mus‘ab ad-Dimachqî et d’autres m’ont rapporté : Sulaymân ibn Bint Shurahbîl ad-Dimachqî (2) nous raconta : ‘Abd al-Quddûs ibn al-Hajjâj (3) nous raconta : Mujâlid (4) ibn Sa‘îd, d’après ash-Sha‘bî, d’après un homme (5) qui raconta : “J’étais un jour dans l’assemblée de ‘Umar ibn al-Khattâb, en présence de plusieurs Compagnons du Prophète (ﷺ), et ils se remémoraient les mérites du Coran. Certains dirent : ‘Les derniers versets de la sourate an-Nahl.’ D’autres : ‘La sourate Yâ Sîn.’ Ali dit alors : ‘Et qu’en est-il de la valeur du verset du Siège (Âyat al-Kursî) ? Il contient soixante-dix mots et, dans chaque mot, soixante-dix bénédictions.’”
L’orateur poursuivit : “Parmi eux se trouvait ‘Amr ibn Ma‘dî Karib, qui ne trouva rien à répondre. Puis il déclara : ‘Et vous, qu’en est-il de Bismillâh ar-Rahmân ar-Rahîm ?’ Alors ‘Umar dit : ‘Raconte-nous, ô Abû Thawr.’
Il reprit : ‘Un jour, à l’époque de l’ignorance (jâhilîya), j’étais saisi d’une grande faim. J’emmenai donc mon cheval dans la steppe sans rien y trouver d’autre que des œufs d’autruche. Tandis que je cheminais, je tombai sur un vieil Arabe dans sa tente, près de qui se tenait une jeune fille radieuse telle un soleil levant, et quelques petites brebis. Je lui dis : “Rends-toi, que ta mère te perde !” Il leva alors la tête vers moi et me dit : “Ô jeune homme, si tu cherches l’hospitalité, mets pied à terre ; et si tu as besoin d’aide, nous t’en donnerons.” Je lui répondis : “Non, rends-toi !” Alors il déclama :
[Sur le mètre at-tawîl]
‘Nous t’avons offert l’hébergement par pure générosité,
Mais tu n’as pas daigné faire attention, cédant ainsi à l’ignorance telle le font les bringueurs.
Et voilà que tu viens avec une calomnie et un faux prétexte,
Et ce que tu désires atteindre par la force des armes n’est séparé de toi que par le tranchant des cous.’
Puis il bondit sur moi en disant : “Bismillâh ar-Rahmân ar-Rahîm”, et il me sembla alors que j’étais dominé sous sa poigne. Puis il dit : “Dois-je te tuer ou bien…”’