Ne touche pas à la chamelle de l’homme (l’être humain) : ne lui fais aucun mal, et prends pour toi, parmi mes taureaux, celui que tu voudras. J’ai, en vérité, perçu de toi ce à quoi je ne m’attendais pas : n’as-tu donc pas respecté mon lien de parenté ni préservé mes droits ?
(1)
Tu t’en prends à lui avec une lance empoisonnée… Malheur à ton acte, ô Abā al-Ghaffār !
(2)
Si je ne retenais ma pudeur et ne considérais ta famille qui m’est voisine, tu saurais bien ce que j’ai révélé de mes affaires.
Le jeune homme répondit tandis qu’il déclamait (sur le mètre al-kāmil) :
(3)
« Souhaiterais-tu t’élever et rabaisser notre renom sans raison valable, ô Abā l-ʿAyzār ?
Dans le passé, aucun d’entre eux n’était réellement chef ; en vérité, ce sont les meilleurs qui descendent de lignées nobles.
(4)
Va droit à ton but, ô Maʿakbar, car celui qui offrait sa protection fut Muhalhil fils d’Ithār. »
Alors qu’ils se disputaient, trois taureaux sauvages apparurent. Le vieillard s’adressa alors au jeune homme : « Lève-toi donc, fils de ma sœur, et prends celui que tu voudras en guise de compensation pour la chamelle de mon voisin humain ». Le jeune homme se leva, prit l’un des taureaux et se retira. Puis le vieillard se tourna vers moi et ajouta : « Ô toi ! Si tu descends un jour dans une vallée et en redoutes l’effroi, dis : “Je me réfugie auprès de Dieu, le Seigneur de Muhammad, contre la terreur de cette vallée.” Ne cherche plus refuge auprès d’aucun djinn, car leur pouvoir est désormais nul. »
Je lui demandai : « Qui est donc Muhammad ? » Il répondit : « C’est un Prophète arabe, ni oriental ni occidental, envoyé un lundi. » Je lui dis : « Où demeure-t-il ? » Il me répondit : « À Yathrib, la cité aux palmiers. » Lorsque l’aube se leva, je chevauchai aussitôt ma monture et poursuivis ma route jusqu’à ce que j’atteigne Médine. Là, le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) me vit et me raconta aussitôt mon histoire, sans que j’aie à lui en souffler mot ; puis il m’appela à l’Islam et je me convertis.
Saʿīd ibn Jubayr raconta : « Nous pensions qu’il s’agissait de cet homme au sujet duquel Dieu révéla : “Et il y avait parmi les humains des hommes qui cherchaient refuge auprès d’hommes d’entre les djinns, mais ils ne firent qu’ajouter à leur égarement.” [Coran 72 : 6]. »
Al-Khara’itī (5) rapporta, par la chaîne allant d’Ibrāhīm ibn Ismāʿīl ibn Abī Ḥabībah (6), de Dāwūd ibn al-Ḥuṣayn (7), de ʿIkrima, d’Ibn ʿAbbās, de ʿAlī, qu’il déclara : « Si tu te trouves dans une vallée et crains la présence d’une bête sauvage, dis : “Je me réfugie auprès de Dāniyāl et de la fosse, contre le mal du lion.” »
Al-Balawī (8) transmit, d’après ʿUmārah ibn Zayd, d’après Ibrāhīm ibn Saʿd, d’après Muḥammad ibn Isḥāq, lequel dit : « Yahyā ibn ʿAbd Allāh ibn al-Ḥārith m’a rapporté, de la part de son père, et de la part d’Ibn ʿAbbās, l’histoire du combat mené par ʿAlī contre des djinns au puits appelé Dhāt al-ʿIlm, près d’al-Juḥfah. »