De l’éclat qui dissipe l’obscurité de la nuit, il est apparu aux yeux de l’observateur depuis Tihâma.
C’est un Prophète, le maître de l’humanité, venu après la mécréance pour apporter l’Islam. Le Miséricordieux l’a honoré comme Imâm et Messager à la parole sincère. Le plus juste de ceux qui gouvernent parmi les juges, il ordonne la prière et le jeûne, ainsi que la bienfaisance et le maintien des liens de parenté. Il détourne les gens des péchés, de l’impureté, de l’adoration des idoles et de l’illicite. Il descend de Hâshim, au plus haut rang, et il s’est manifesté publiquement dans la Ville sacrée.
Il dit : « Lorsque nous avons entendu ces propos, nous nous sommes dispersés loin de lui, puis nous nous sommes rendus auprès du Prophète (que la paix et le salut soient sur lui) et nous avons embrassé l’Islam. »
Al-Kharâ’itî a rapporté : « ‘Abdullâh al-Balawî nous a raconté, ‘Umâra nous a transmis, puis ‘Abdullâh ibn al-‘Alâ’ et ensuite Muhammad ibn ‘Akbar, d’après Sa‘îd ibn Jubayr, qu’un homme de Banû Tamîm nommé Râfi‘ ibn ‘Umayr était le plus habile pour s’orienter sur la route, le plus prompt à voyager de nuit, et le plus audacieux face au danger. Pour cette raison, les Arabes le surnommaient “Du‘mûs al-‘Arab”, en raison de sa perspicacité à guider et de son hardiesse à voyager. »
Au sujet de ses débuts dans l’Islam, il raconta : « Un jour, je traversais la région sablonneuse d‘Âlij en pleine nuit. Le sommeil m’envahissant, je descendis de ma monture et la fis s’agenouiller, puis je posai la tête sur son bras pour m’assoupir. Avant de dormir, je dis : “Je cherche refuge auprès du maître de cette vallée contre les djinns, afin qu’ils ne me nuisent ou ne m’agressent pas.” Dans mon rêve, je vis alors un jeune homme qui guettait ma chamelle, tenant une lance prête à la lui planter dans la gorge. Je me réveillai en sursaut ! Regardant à droite puis à gauche, je ne vis rien et conclus que ce n’était qu’un rêve.
Je me rendormis et fis le même songe ; je me réveillai, fis le tour de ma chamelle sans rien apercevoir, bien qu’elle tremblât de peur. Je m’assoupis une troisième fois et revis la même scène. À mon réveil, je constatai que ma monture s’agitait ; me retournant, j’aperçus le jeune homme de ma vision, armé d’une lance. Un vieil homme le retenait alors par la main et l’empêchait de frapper, en lui disant :
“Ô Mâlik, fils de Muhallil ibn Dithâr… Doucement, que mon pagne et mon vêtement te servent de rançon !” »