Par ta vie ! Le jour où je prendrai un ignorant pour associé au Seigneur des mondes,
et que j’abandonnerai le Messager de Dieu alors que la tribu des Aws se tient à ses côtés—
ces compagnons qui le soutiennent si vaillamment—, je ressemblerai à celui qui laisse
la terre plate et le sol commode pour s’aventurer sur un terrain escarpé, cherchant à
emprunter des sentiers cahoteux au milieu des difficultés.
Alors j’ai cru en Dieu, dont je suis le serviteur, et je me suis opposé à quiconque
persévère à vouloir la ruine. J’ai tourné mon visage vers La Mecque, résolu à prêter
allégeance au Prophète, le plus noble des créatures bénies. (1)
Un Prophète nous est venu après Jésus, porteur d’une parole de vérité, offrant un
jugement déterminant, comme il se doit. Il est le gardien du Coran, le premier à
intercéder et le premier envoyé auquel les anges répondent. Il a restauré les liens de
l’Islam après leur rupture et les a raffermis jusqu’à établir les rites. Ô toi, le meilleur
de toutes les créatures, je m’adresse à toi : tu occupes une place centrale au sein des
trois grandes lignées et tu détiens la gloire. Tu es l’élu issu de Quraysh quand elle
s’élève au sommet de ses montures efflanquées, et les générations bénies se perpétuent
avec toi.(2)
Si les deux clans — celui de Kaʿb et celui de Mālik — retracent leur ascendance, on
te trouvera pur de tout mélange, tandis que les autres lignées recèlent bien des défauts.(3)
Al-Khara’itî (4) a dit : « Abd Allâh ibn Muhammad al-Balawî, en Égypte, nous a
rapporté : ʿUmâra ibn Zayd nous a rapporté : Isḥâq ibn Bishr et Salama ibn al-Faḍl,
d’après Muhammad ibn Isḥâq, m’ont transmis le récit d’un ancien des Anṣâr, appelé
ʿAbd Allâh ibn Maḥmûd, descendant de Muḥammad ibn Maslama. » Il raconta :
« J’ai appris qu’un groupe d’hommes issus de la tribu de Khaṯʿam disait : “Ce qui
nous amena à embrasser l’islam, c’est que nous étions un peuple qui adorait les idoles.
Alors que nous nous trouvions un jour auprès de l’une de nos idoles, arrivèrent
plusieurs individus venus plaider leur cause auprès d’elle, espérant obtenir un secours
de cette statue pour une affaire qui les opposait. Soudain, nous entendîmes une voix
qui s’adressait à eux : ”(5)
[Dans le mètre rajaz] :
Ô vous qui êtes tous pourvus de corps,
des vieillards aux tout jeunes garçons,
quelle folie de confier vos jugements
à des idoles de pierre !
Seriez-vous endormis, plongés dans l’erreur ?
Ne voyez-vous donc pas ce qui est devant moi ? ” (6)