Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Et l’imam Al-Hafiz Abû Bakr al-Kharâ’itî (1) a dit : « ‘Abd Allâh ibn Muhammad al-Balawî, en Égypte, nous a rapporté : ‘Umâra ibn Zayd nous a rapporté ; ‘Isâ ibn Yazîd nous a rapporté, de Sâlih ibn Kaysân, d’une personne qui le lui a transmis, de Mirdâs ibn Qays al-Dawsî (2), qui dit :

“Je me trouvais auprès du Prophète (ﷺ) alors qu’on mentionnait devant lui la kahanah (la divination) et l’interprétation qu’on en faisait (3) au moment où il sortait. Je lui dis : ‘Ô Messager de Dieu, il y avait chez nous, à ce sujet, une chose dont je souhaite t’informer : une de nos servantes, appelée al-Khalasah, dont nous ne savions que du bien, est venue à nous pour dire : ‘Ô gens de Daws ! Quelle étrangeté m’est arrivée ! Avez-vous autrefois remarqué chez moi quoi que ce soit de répréhensible ?’ Nous lui demandâmes : ‘Qu’y a-t-il donc ?’ Elle répondit : ‘J’étais avec mes brebis lorsque les ténèbres m’ont enveloppée et j’ai ressenti comme la présence d’un homme avec une femme. J’ai craint d’en être tombée enceinte. Quand arriva le terme de mon accouchement, je mis au monde un garçon “aghdhaf” (4), ayant des oreilles semblables à celles d’un chien. Il resta parmi nous jusqu’à ce qu’un jour, alors qu’il jouait avec d’autres enfants, il bondit d’un coup, ôta son pagne et cria de toutes ses forces en disant : “Malheur à lui ! Malheur à lui ! Ô lamentation pour lui ! Ô lamentation pour lui ! Malheur à Ghanm ! Malheur à Fahm, à cause de celui qui attise le feu.”’

Ensuite il récita en rajaz (poésie rimée) :

“Par Dieu, les chevaux sont derrière le col escarpé ;
Au milieu d’eux se trouvent de beaux jeunes gens, nobles et valeureux.”

Il (Mirdâs) continue : ‘Alors nous enfourchâmes nos montures et prîmes nos armes (5), puis nous dîmes : ‘Malheur à toi ! Qu’as-tu aperçu ?’ Il nous répondit : ‘Y a-t-il parmi vous une jeune fille réglée ?’ Nous dîmes : ‘Comment la trouverions-nous ?’ L’un des anciens de chez nous déclara : ‘Par Dieu, elle est chez moi, elle est de mère vertueuse.’ Nous dîmes : ‘Alors fais-la venir vite.’ On amena la jeune fille. Il gravit la montagne puis lui dit : ‘Ote ton vêtement et va à leur rencontre.’ Quant aux membres de la tribu, il leur dit : ‘Suivez ses traces.’ Il s’adressa aussi à l’un d’entre nous, appelé Aḥmar ibn Ḥâbis, et lui dit : ‘Ô Aḥmar ibn Ḥâbis, charge-toi du premier cavalier !’ Aḥmar s’élança et transperça le premier cavalier, le renversant à terre, si bien qu’ils prirent la fuite et nous pûmes nous emparer de leurs biens.

Il poursuit : ‘Nous leur construisîmes alors un bâtiment que nous appelâmes “Dhû al-Khalasah”, car jamais il ne nous annonçait une chose sans qu’elle ne se produise exactement. Puis, lorsque arriva le moment de ta mission prophétique, ô Messager de Dieu, un jour cet être nous dit : “Ô gens de Daws, les Banû al-Hârith ibn Ka‘b sont arrivés, alors prenez vos montures !” Nous partîmes donc, et il nous dit : “Rassemblez les chevaux en masse (6), et (7) emplissez-les de terreur (8).”’”

(1) Dans Hawatīf al-Jinān (p. 151/4) et rapporté par Ibn ʿAsākir d'après al-Kharāʾiṭī dans la sîra (1/365) ; ce qui suit entre crochets provient de ces deux sources, et leur chaîne de transmission est faible, ce que l’auteur trouve étrange. (2) Dans le manuscrit de Ṣuddūsī (h, ṭ), ainsi que dans les passages authentifiés d’Hawatīf al-Jinān et de l’histoire d’Ibn ʿAsākir, copie (D), et dans al-Iṣāba, la notice biographique de Mardās ibn Qays. (3) Dans le manuscrit (h, ṭ) : sa modification. Certifié dans Hawatīf, l’histoire d’Ibn ʿAsākir, copie (D), et al-Iṣāba, notice sur Mardās ibn Qays. (4) « Al-Aghḍaf » : tout ce qui est plié en deux, brisé ou relâché. Un chien aghḍaf est celui qui a des oreilles pendantes à force de longueur et d’ampleur. Cf. al-Lisān (terme « ghaḍaf »). (5) « Al-Wayl » : la tristesse, la ruine et la douleur. L’appel ici signifie : « Ô ma tristesse, ô ma ruine, ô mon tourment, viens, c’est ton heure, ton moment. » Quant à « al-ʿAwl », il dérive des pleurs, du gémissement et de la demande d’aide, et est utilisé uniquement avec « waylah ». Cf. al-Lisān (« wayl », « ʿawl »). (6) Ainsi dans (h, ṭ) : « changement ». Certifié dans Hawatīf, l’histoire d’Ibn ʿAsākir, copie (D), et al-Iṣāba, notice sur Mardās ibn Qays. Dans al-Lisān (term « adā ») : Les Arabes disent « akhatha hadātuhu » c’est-à-dire « il a pris son instrument », par substitution. Et « akhatha li-dahr adātahu » signifie « il s’est équipé » ; un homme « mu’addin » est celui qui est équipé ou bien équipé ; incertain à propos d’une arme. (7) Dans (h), Hawatīf et Ibn ʿAsākir : « ils ont dit ». Certifié dans (ṭ). (8) Dans (h) : « il monte ». (9) « Kadast al-khayl » : les chevaux se sont entassés dans leur course, certains montaient sur d’autres. Cf. al-Tāj et al-Muḥajjam al-Wasīṭ (au mot « kadas »). (10) Ainsi dans (h, ṭ), Hawatīf ; et je pense que la forme correcte est « wāḥithū », tandis que « al-rums » désigne la poussière de la tombe.
وقال الحافظ أبو بكر الخرائطي (١) : حدّثنا عبد الله بن محمد البلوي بمصر، حدّثنا عُمارة بن زيد، حدّثنا عيسى بن يزيد، عن صالح بن كيسان، عمن حدّثه، عن مِرْداس بن قيس الدَّوْسي (٢) قال: حضرتُ النبيَّ ﷺ وقد ذُكرتْ عنده الكهانةُ، وما كان من تعبيرها (٣) عند مخرجه فقلت: يا رسول اللّه، قد كان عندنا في ذلك شيءٌ، أُخبرك أنَّ جاريةً منّا يقال لها: الخَلَصة، لم نعلم عليها إلا خيرًا، إذْ جاءتنا فقالت: يا معشر دَوْس، العَجَب العَجَب لما أصابني! هل علمتم إلا خيرًا؟ قلنا: وما ذاك؟ قالت: إنِّي لفي غنمي، إذْ غشيتني ظُلْمة، ووجدتُ كحَسِّ الرجل مع المرأة، فقد خَشِيتُ أن أكونَ قد حَبِلْت. حتى إذا دنتْ ولادتها، وضعتْ غلامًا أغضف (٤) ، له أذنان كأُذُني الكلب، فمكث فينا حتى إنَّه ليلعب مع الغلمان إذْ وثب وثبةً، وألقى إزاره، وصاح بأعلى صوته وجعل يقول: يا وَيْلَهُ يا وَيْلَهُ! يا عَوْلهُ يا عَوْلَه (٥) ! يا ويل غَنْم! يا ويل فهم، من قابس النار. [من الرجز] الخَيْلُ واللّهِ وراءَ العَقَبَهْ … فيهنَّ فتيانٌ حِسَانٌ نَجَبَهْ قال: فركبنا وأخذْنا للأداة (٦) ، وقلنا: يا ويلك! ما ترى؟ فقال: هل من جاريةٍ طامث؟ فقلنا: ومن لنا بها؟ فقال شيخٌ منا: هي واللّهِ عندي، عفيفة الأم، فقلنا: فعجِّلْها، فأُتي بالجارية، وطلع الجبل، وقال للجارية: اطرحي ثوبَكِ واخْرُجي في وجوههم. وقال للقوم: اتَّبعوا أثرها. وقال لرجل منا يقال له: أحمر بن حابس، فقال: يا أحمر بن حابس، عليك أوَّلَ فارس. فحمل أحمر، فطعن أولَ فارسٍ فصرعه، وانهزموا فغنمناهم. قال (٧) : فابتنينا عليهم بيتًا وسمَّيناه ذا الخَلَصَة، وكان لا يقول لنا شيئًا إلا كان كما يقول؛ حتى إذا كان مبعثُك يا رسول اللّه قال لنا يومًا: يا معشر دَوْس نزلت (٨) بنو الحارث بن كعب فاركبوا، فركبنا، فقال لنا: اكْدِسُوا الخيلَ كَدْسًا (٩) ، [و] (١٠) احشوا القوم رَمْسًا،
(١) في هواتف الجنان (ص ١٥١/ ٤) وأخرجه ابن عساكر عن الخرائطي في السيرة النبوية (١/ ٣٦٥) وما يأتي بين معقوفين منهما، وإسناده ضعيف، واستغربه المصنف. (٢) في ح، ط السدوسي، والمثبت من الهواتف وتاريخ ابن عساكر نسخة (د) والإصابة ترجمة مرداس بن قيس. (٣) في ح، ط: تغييرها. والمثبت من الهواتف وتاريخ ابن عساكر نسخة (د) والإصابة ترجمة مرداس بن قيس. (٤) "الأغضف": كل متثنٍّ متكسِّر مسترخ، وكلب أغضف: إذا صار مسترخي الأذن لطولها وسعتها. اللسان (غضف). (٥) "الويل": الحزن والهلاك والمشقة، ومعنى النداء فيه: يا حزني ويا هلاكي ويا عذابي احضر، فهذا وقتك وأوانك. وأما العَول: فهو من العويل والبكاء والاستغاثة، ولا يتكلم به إلا مع (ويله). اللسان (ويل، عول). (٦) كذا في ح، ط: وفي الهواتف وابن عساكر: الأداة. وفي اللسان (أدا): العرب تقول: أخذ هداته أي أداته، على البدل. وأخذ للدهر أداته: من العُدَّة. ورجل مؤدٍ: ذو أداة: شاك في السلاح. (٧) في ح والهواتف وابن عساكر: قالوا. والمثبت من ط. (٨) في ح: يركب. (٩) "كدست الخيل": ازدحمت في سيرها فركب بعضها بعضًا. التاج والمحجم الوسيط (كدس). (١٠) كذا في ح، ط والهواتف، وأظن الصواب: واحثوا، والرمس: تراب القبر.

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