Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Le Coran m’a été offert par Ḥayyān ibn Māzin, puis il composa ces vers :

(1) Il dit (mètre al-ṭawīl) :
« Vers toi, ô Messager de Dieu, ma monture s’est élancée,
traversant les plaines depuis ʿUmān jusqu’à al-ʿArj,
(2) Pour que tu intercèdes en ma faveur, ô meilleur de ceux qui ont foulé la terre,
afin que mon Seigneur me pardonne et que je revienne victorieux.
(3) Je suis retourné vers des gens dont, pour Dieu, j’ai délaissé la religion :
leur opinion n’est pas la mienne, pas plus que leur chemin n’est le mien.
(4) J’étais un homme passionné de vin et de débauche,
durant ma jeunesse, jusqu’à ce que mon corps se lasse.
(5) Alors Il (Dieu) remplaça mon goût pour le vin par la crainte et la révérence,
et mon penchant pour la débauche par la chasteté, préservant ainsi ma pudeur.
(6) Dès lors, mon souci et mon intention se vouèrent au combat sacré ;
c’est pour Dieu que je jeûne et c’est pour Dieu que j’accomplis mon pèlerinage.

Il dit : « Lorsque je suis revenu auprès des miens, ils m’ont réprimandé et injurié. » (7) Puis ils ordonnèrent à l’un de leurs poètes de me composer un poème satirique. Je répliquai : « Si je lui réponds, ce sera comme m’insulter moi-même. » Je m’éloignai donc d’eux, mais ils m’offrirent ensuite un grand rapprochement, car j’étais chargé de leurs affaires. Ils dirent : « O fils de notre oncle, nous t’avons adressé un reproche et cela nous a déplu ; si tu ne veux pas y renoncer, reviens et occupe-toi de nos affaires, tout en suivant la religion que tu souhaites. » Je retournai donc auprès d’eux et dis (mètre al-basīṭ) :

(8) « Votre haine à notre égard a pour nous un goût amer,
tandis que la haine que nous vous portons, ô mon peuple, est comme du lait.
(9) Le temps ne remarque pas que l’on étale vos défauts,
mais dès que ce sont les nôtres qui sont évoqués, vous voilà tous attentifs.
(10) Notre poète est réduit au silence vis-à-vis de vous, tandis que le vôtre,
même en temps de disette, sait nous injurier avec une langue acerbe.
(11) Sachez bien ce que nos cœurs recèlent à votre encontre, et tâchez de le comprendre ;
dans vos cœurs à vous, il y a la haine et la rancune. »

Māzin conclut : « Dieu les a ensuite tous guidés à l’islam. »

(1) Dans les Dalāʾil d'Abū Naʿīm et d'al-Bayhaqī : et j'ai établi. (2) « al-ʿArj » : un col entre La Mecque et Médine sur la route du pèlerin, mentionné avec la provision d'eau. Muʿjam al-Buldān (4/99). (3) « al-Falj », avec un fatha suivi d'un sukun : la réussite et la victoire. al-Tāj (falj). (4) On dit : ce n'est pas de sa « sharj » : c'est-à-dire de sa couche et de sa forme. al-Nihāya (2/456 sharj). (5) « an-Nahj » : la détérioration, la dégradation. al-Nihāya (5/134 nahj). (6) Ici s'achève le récit dans les Dalāʾil d'Abū Naʿīm, et sa suite dans les Dalāʾil d'al-Bayhaqī de manière semblable. (7) Ce qui est entre crochets n'existe pas dans la version « Ḥ ». (8) Dans la version « Ḥ », les Dalāʾil d'al-Bayhaqī et Majmaʿ al-Zawāʾid : « layyin » avec un ya, tandis que la version « Ṭ » atteste la forme. (9) « al-Mufham » : la déchéance, la pauvreté, celui qui ne peut pas prononcer de poésie. « Afhamahu al-hamm » : l'inquiétude l'empêchait de réciter de la poésie. « wa al-jadb » : le défaut et le blâme. Dans « Ḥ » et « Ṭ » : « ḥadabnā » avec un ḥā' muhmala, ce qui est incorrect ; dans les Dalāʾil d'al-Bayhaqī on trouve « ḥarbānā ». (10) « al-Waghr », avec un fatha puis un sukun, ou avec un déplacement diacritique : la rancune, la haine et l'hostilité. al-Tāj (waghr). Dans « Ḥ » : « rūʿb » (la peur). (11) Dans « Ḥ » : « bi-l-islām ». Ici se termine le passage avancé dans « Ṭ », retardé dans « Ḥ ».
القرآن، ووهب لي حَيَّان بن مازن، وأنشأ (١) يقول: [من الطويل] إليكَ رسولَ اللّهِ خبَّتْ مطيَّتي … تجوبُ الفيافي من عُمَانَ إلى العَرْج (٢) لتشفعَ لي يا خيرَ من وطئ الثرى … فيغفر لي ربي فأرجعُ بالفَلْج (٣) إلى معشرٍ خالفتُ في الله دينهم … فلا رأْيُهُم رأيي ولا شرجُهم شَرْجي (٤) وكنتُ امرأً بالخمر والعُهْر مُولَعًا … شبابيَ حتى آذنَ الجسمُ بالنَّهجِ (٥) فبدَّلني بالخمرِ خَوْفًا وخشيةً … وبالعُهْر إحصانًا فحصَّن لي فرْجي فأصبحت هَمِّي في الجهادِ ونيَّتي … فللهِ ما صَوْمي وللّه ما حجِّي (٦) قال: [فلما أتيت قومي أنَّبُوني وشتموني] (٧) ، وأمروا شاعرًا لهم فهجاني، فقلت: إن رددْتُ عليه فإنما أهجو نفسي؛ فرحلتُ عنهم فأتَتْني منهم زُلْفَةٌ عظيمة، وكنتُ القيِّمَ بأمورهم، فقالوا: يا بن عم، عِبْنا عليك أمرًا وكرهنا ذلك، فإنْ أبيت ذلك فارجعْ وقُمْ بأمورنا، وشأنك وما تدين به. فرجعتُ معهم وقلت: [من البسيط] لَبُغْضُكُمْ عندنا مُرٌّ مذاقتُه … وبُغْضُنا عندكمْ يا قومَنا لَبَنُ (٨) لا يفطنُ الدَّهْرُ إن بُثَّتْ معايبُكم … وكلُّكم حينَ يثنى عَيْبُنَا فَطِنُ شاعرُنا مُفْحَمٌ عنكم وشاعركم … في جَدْبِنا مُبْلِغٌ في شتمِنا لَسِنُ (٩) ما في القلوب عليكم فاعلموا وَغَرّ (١٠) … وفي قلوبِكُمُ البغضاءُ والإحَنُ قال مازن: فهداهم الله بعدُ إلى الإسلام (١١) جميعًا.
(١) في الدلائل لأبي نعيم والبيهقي: وأنشأت. (٢) "العَرْج": عقبة بين مكة والمدينة على جادة الحاج، تذكر مع السقيا. معجم البلدان (٤/ ٩٩). (٣) "الفَلْج"، بفتح فسكون: الفوز والنصر. التاج (فلج). (٤) يقال: ليس هو من شرجه: أي من طبقته وشَكله. النهاية (٢/ ٤٥٦ شرج). (٥) "النَّهْج": البِلى. النهاية (٥/ ١٣٤ نهج). (٦) إلى هنا ينتهي الخبر في دلائل أبي نعيم، وتتمته في دلائل البيهقي بنحوه. (٧) ليس ما بين المعقوفين في ح. (٨) في ح ودلائل البيهقي ومجمع الزوائد: لين بالياء، والمثبت من ط. (٩) "المفحَم": العَييَّ، ومن لا يقدر يقول شعرًا. وأفحمه الهمُّ: منعه قول الشعر. "والجَدْب": العيب والذم. وفي ح، ط: حدبنا. بالحاء المهملة، ولا يصح وفي دلائل البيهقي: حربنا. (١٠) "الوَغْر" بفتح فسكون، ويُحرِّك: الحقد والضغن والعداوة. التاج (وغر). وفي ح: رعب. (١١) في ح: بالإسلام. وإلى هنا تنتهي القطعة المتقدمة في ط المتأخرة في ح.

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