Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Mohammad ibn Ishaq a rapporté (1) : « Quelqu’un en qui je n’avais aucun soupçon m’a transmis, de la part de ‘Abd Allâh ibn Ka‘b, l’affranchi de ‘Uthmân ibn ‘Affân, qu’il avait entendu raconter ceci : un jour, ‘Umar ibn al-Khattâb (qu’Allah l’agrée) était assis au milieu des gens dans la mosquée du Messager d’Allah (ﷺ). Soudain, un bédouin entra dans la mosquée et se dirigea vers ‘Umar. En l’apercevant, ‘Umar déclara : “Cet homme est encore englué dans son polythéisme, il ne l’a pas quitté, ou bien il était devin (kâhin) au temps de l’ignorance (jâhilîya).” Le bédouin salua ‘Umar et s’assit.

‘Umar lui demanda : “Es-tu musulman ?” Il répondit : “Oui, ô Commandeur des croyants.” ‘Umar poursuivit : “Était-ce toi le devin à l’époque de l’ignorance ?” Alors l’homme s’exclama : “Gloire à Allah, ô Commandeur des croyants ! Tu as porté un jugement sur moi et tu m’as accueilli d’une manière que je ne t’ai jamais vu employer envers aucun de tes administrés depuis que tu as reçu ta charge.” ‘Umar répondit : “Ô Allah, pardonne-moi ! Nous étions en effet, à l’époque de l’ignorance, bien plus égarés que cela encore : nous adorions les idoles et nous étions attachés à des statues, jusqu’à ce que Dieu nous comble de Sa grâce par l’envoi de Son Messager et par l’islam.”

Le bédouin confirma : “Oui, par Allah, ô Commandeur des croyants, j’étais bel et bien devin dans la jâhilîya.” ‘Umar reprit : “Fais-moi donc part de ce que ton ‘compagnon’ (le djinn) t’avait annoncé.” Il répondit : “Un mois avant l’avènement de l’islam, ou peu s’en fallait, il est venu me voir et m’a dit : ‘Ne vois-tu donc pas les djinns, abattus, désespérés de leur culte, qui fuient au loin (5) vers les chamelles et leurs bâtures (5) ?’”

Ibn Ishaq (6) explique : “Ce texte est en style rimé (saj‘), ce n’est pas de la poésie.” [‘Abd Allâh ibn Ka‘b] poursuit : “‘Umar raconta alors aux gens : ‘Je me trouvais auprès d’une idole de la jâhilîya, en compagnie d’un groupe de Quraysh. Un homme parmi les Arabes venait de sacrifier un veau pour cette idole. Tandis que nous attendions qu’il nous en fasse une part, j’entendis sortir des entrailles du veau un son plus puissant que tout ce que j’avais pu entendre jusque-là. C’était un mois ou peu s’en fallait avant l’islam, et la voix disait : “Ô Dharih, voilà une affaire qui réussit : un homme appelle (7). Il proclame : ‘Lâ ilâha illâ Allâh’.”’” Ibn Hishâm raconte : “On rapporte également qu’il dit : ‘Un homme crie (7), de sa langue éloquente (8) : ‘Lâ ilâha illâ Allâh.’”

Il poursuivit : “Et l’un de ceux qui s’y connaissent en poésie m’a récité ces vers, qui appartiennent à la mètre as-sarî‘.” »

= Al-Mujammaʿ al-Zawāʾid d'al-Ṭabarānī (8/248-250), et al-Suyūṭī dans al-Khaṣāʾiṣ (1/102), et al-Baghdādī dans le commentaire des vers du « Mughni al-Labīb » (6/271-275). Ibn Ḥajar dit dans al-Fatḥ (7/179) : « Ces chaînes de transmission se renforcent mutuellement. » (1) Sīra d'Ibn Hichām (1/209) et al-Rawḍ (1/242), ainsi que ce qui suit entre crochets. (2) Dans la Sīra et al-Rawḍ : « dākhilan » (entrant). (3) « Khalta fī » : une forme d'élision de la phrase suivant « khalta » ou « ẓanantu », comme dans le proverbe « man yasmaʿ yakhall » ; il n’est pas permis de supprimer un seul des deux objets tout en laissant l’autre car leur statut grammatical est celui de sujet et prédicat. Si toute la phrase est omise, cela est possible car ils deviennent des compléments objets, lesquels peuvent être élidés à condition qu’un indice précise le sens voulu. Dans « man yasmaʿ yakhall », l’indice au complément est « yasmaʿ » ; dans « khalta fīy » aussi, l’indice est « fīy », comme si l’on disait « khalta fīy al-sharr » (j’ai cru en moi le mal ou quelque chose de ce genre). Al-Rawḍ (1/242). (4) Signifie la durée d'environ un mois ou quelque chose de semblable. Gharīb al-Ḥadīth d'al-Khaṭṭābī (2/521). (5) Dans la manuscrit : « wa tukhraquhā », version imprimée. (6) Dans la Sīra et al-Rawḍ : « Qāla Ibn Hichām ». (7) Dans la manuscrit : « faṣīḥ », version imprimée ainsi que dans la Sīra et al-Rawḍ. (8) Dans la manuscrit : « naṣīḥ », version imprimée ainsi que dans la Sīra et al-Rawḍ.
وقال محمد بن إسحاق (١) : حدَّثني من لا أتَّهم عن عبد الله بن كعب مولى عثمان بن عفان، أنه حُدِّث أنَّ عمر بن الخطاب (رضي الله عنه) ، بينما هو جالس في الناس في مسجد رسول الله ﷺ إذْ أقبل رجلٌ من العرب داخل (٢) المسجد يريد عمر بن الخطاب، فلما نظر إليه عمر قال: إنَّ الرجل لعلى شِرْكه، ما فارقَهُ بعد، أو لقد كان كاهنًا في الجاهلية. فسلَّم عليه الرجل ثم جلس، فقال له عمر: هل أسلمت؟ قال: نعم يا أمير المؤمنين. قال: فهل كنتَ كاهنًا في الجاهلية؟ فقال الرجل: سبحان الله يا أمير المؤمنين! لقد خِلْتَ فيّ (٣) ، واستقبلْتَني بأمرٍ ما أراك قلتَهُ لأحدٍ من رعيتك منذ وَليت ما وليت. فقال عمر: اللهم غَفْرًا، قد كنَّا في الجاهلية على شرٍّ من هذا، نعبُد الأصنام، ونعتنق الأوْثان، حتى أكرمنا الله برسولهِ وبالإسلام. قال: نعم والله يا أمير المؤمنين، لقد كنتُ كاهنًا في الجاهلية. قال: فأخبِرْني ما جاء به صاحِبُك. قال: جاءني قبل الإسلام بشهر أو شَيْعِه (٤) فقال: ألم تَرَ إلى الجِنِّ وإبْلاسها، وإياسِها من دينها، ولحوقها (٥) بالقِلاص وأحْلاسِها. قال ابن إسحاق (٦) : هذا الكلام سجع، وليس بشعر. [قال عبد الله بن كعب] : فقال عمر عند ذلك يحدِّث الناس: والله إني لعند وَثَنٍ من أوثان الجاهلية في نفَرٍ من قريش، قد ذَبَحَ له رجلٌ من العرب عِجْلًا، فنحن ننتظر أن يقسمَ لنا منه، إذ سمعتُ من جَوْف العجل صوتًا ما سمعتُ صوتًا قطُ أشدَّ منه، وذلك قبل الإسلام بشهرٍ أو شَيْعِه يقول: يا ذَرِيح، أمْرٌ نَجيح، رجلٌ يصيع (٧) ، يقول: لا إله إلا الله. قال ابن هشام: ويقال رجل يصيح (٧) ، بلسان فصيح (٨) ، يقول: لا إله إلا الله. قال: وأنشدني بعضُ أهل العلم بالشعر: [من السريع]
= مجمع الزوائد عن الطبراني (٨/ ٢٤٨ - ٢٥٠) والسيوطي في الخصائص (١/ ١٠٢) والبغدادي في شرح أبيات مغني اللبيب (٦/ ٢٧١ - ٢٧٥) وقال ابن حجر في الفتح (٧/ ١٧٩): وهذه الطرق يقوى بعضها ببعض. (١) سيرة ابن هشام (١/ ٢٠٩) والروض (١/ ٢٤٢) وما يأتي بين معقوفين منهما. (٢) في السيرة والروض: داخلًا. (٣) "خلتَ في": من باب حذف الجملة الواقعة بعد خلت وظننت، كقولهم في المثل: من يسمع يَخَل، ولا يجوز حذف أحد المفعولين مع بقاء الآخر، لأن حكمهما حكم الابتداء والخبر، فإذا حذفت الجملة كلها جاز لأن حكمهما حكم المفعول، والمفعول قد يجوز حذفه، ولكن لا بد من قرينة تدل على المراد، ففي قولهم: من يسمع يخل. دليل يدل على المفعول، وهو يسمع، وفي خلت فيّ دليل أيضًا، وهو قوله: فيّ، كأنه قال: خلت فيَّ الشر أو نحو هذا. الروض (١/ ٢٤٢). (٤) أي قَدْرَ شهر أو نحوه. غريب الحديث للخطابي (٢/ ٥٢١). (٥) في ح: وتخرقها، والمثبت من ط. (٦) في السيرة والروض: قال ابن هشام. (٧) في ح: فصيح، والمثبت من ط والسيرة والروض. (٨) في ح: نصيح والمثبت من ط والسيرة والروض.

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