Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Sauf qu’il en fut comme il le pensait. Un jour, alors qu’Omar ibn al-Khaṭṭāb était assis, un homme de belle apparence passa devant lui. Omar dit : « Mon jugement s’est trompé, ou bien cet homme est demeuré dans sa religion d’avant l’islam, ou bien il était leur devin. Amenez-moi cet homme ! » (1)

On le lui présenta, et Omar lui répéta ses soupçons. L’homme répondit : « Je n’ai jamais vu une telle manière d’accueillir un homme musulman. » (2) Omar insista : « Je t’en conjure, informe-moi. » L’homme admit : « J’étais effectivement leur devin au temps de l’ignorance précédant l’islam. » (3)

Omar demanda : « Quel est le fait le plus étonnant que ta jinniyah t’ait rapporté ? » L’homme dit : « Un jour, alors que je me trouvais au marché, elle vint à moi, et je la reconnus à son air affolé. Elle me déclama :

“Ne vois-tu pas les djinns et leur déconfiture (4),
… Leur désespoir après leur défaite (5),
Et le fait qu’ils se ruent sur les chamelles et leurs bâts (6) ?”

(1) Ainsi dans la version Ḥ, et dans l’édition Ṭ : il fut demandé par ce biais, et dans "Fath al-Bārī" : il fut prié pour lui, et l’homme en question est Suwād ibn Qārib, comme cela sera précisé, et comme indiqué dans "Fath al-Bārī". (2) Dans la narration de al-Bukhārī : un homme musulman fut reçu, et Ibn Ḥajar précise dans son commentaire : dans la narration d’al-Nasafī et Abū Ḍhir, un homme musulman. Je l’ai vu écrit avec un ʾalif tʾa (فتح تاء) (iṣtila) comme forme active exprimant un agent dont le sujet est omis, son sens implicite étant : quelqu’un. Al-Kurmānī l’a vocalisé avec un ḍamma sur le tʾa (اُستُقبل), et a analysé « رجلاً مسلماً » comme complément d’objet direct du verbe « رأيت ». Ainsi, le pronom dans « به » renvoie au discours, comme le suggère le contexte. (3) Ibn Ḥajar dit dans "al-Fath" (7/179‑180) : « Le devin (al-kāhin) est celui qui s’intéresse à l’annonce des choses occultes… Suwād fut délicat dans sa réponse lorsque ʿUmar lui demanda sur son statut de devin, car c’était lié au polythéisme. Quand il fut acculé, il informa de la dernière chose qui lui était arrivée, impliquant l’annonce de la prophétie de Muḥammad ﷺ, ce qui fut la cause de son islam. » Et (10/216‑217) : « La divination (al-kahāna) : prétention à la connaissance de l’invisible, telle que l’annonce de ce qui se produira sur terre, avec une cause apparente. Son fondement repose sur l’écoute furtive des djinns au discours des anges, qu’ils transmettent au devin à travers une chaîne. Cette pratique était répandue en période préislamique (Jāhiliyya), spécialement chez les Arabes en l’absence de la prophétie parmi eux, et existait sous plusieurs formes : Premièrement, des transmissions des djinns, qui montaient vers le ciel en montant les uns sur les autres jusqu’à ce que certains entendent la parole et la transmettent à celui qui est en dessous, jusqu’à ce qu’elle atteigne l’oreille du devin qui l’amplifie. Avec l’arrivée de l’Islam et la révélation du Coran, le ciel fut protégé contre les diables, des étoiles filantes furent envoyées contre eux, et ce qui reste d’écoute furtive est capté par le ciel supérieur et transmis en dessous avant d’être touché par l’étoile filante, ce que confirme le verset : « Sauf celui qui arrache furtivement [une parole] ; une étoile suivie d’un trait le poursuit » (Coran 37:10). L’effet de la divination avant l’Islam était très fréquent, comme rapporté dans les récits de Shaq et Sutayḥ et autres. Après l’Islam, cela est devenu très rare, presque disparu, louange à Dieu. Deuxièmement, ce que le djinn informe à son fidèle de choses inconnues aux autres, choses que l’homme ne peut généralement pas connaître hormis par proximité. Troisièmement, des conjectures, suppositions et pressentiments, que Dieu peut parfois renforcer chez certaines personnes malgré de nombreux mensonges. Quatrièmement, ce qui se fonde sur l’expérience et l’habitude, où l’on interprète un événement à la lumière de faits antérieurs, ce dernier type se rapproche de la sorcellerie, certains utilisant des exorcismes, des coups, ou l’astrologie, tous cela étant réprouvé religieusement. La condamnation de la divination est mentionnée dans un hadith rapporté par les auteurs des Sunan et authentifié par al-Ḥākim, d’après Abū Hurayra (qu’Allah soit satisfait de lui) : « Quiconque consulte un devin ou un voyant et croit en ce qu’il dit a mécru en ce qui a été révélé à Muḥammad. » Ibn Ḥajar donna plusieurs exemples pour ce hadith et en fit amplement l’exégèse. (4) « إبلاسها » : sa confusion et son étonnement. (al-Nihāya 1/152, sous le lemme بلس). (5) « اليأس » : contraire de l’espoir ; « al-inkisāb » : renversement. Ibn Fāris dit que cela signifie qu’elle désespéra d’écouter furtivement après y avoir été habituée, et se détourna de cette pratique, ayant perdu espoir d’entendre. (Fath al-Bārī 7/180). (6) « القلاص » : pluriel de quluṣ, lui-même pluriel de qaluṣ, désignant les jeunes chamelles, « al-aḥlās » pluriel de ḥils, ce qui est mis…
إلا كان كما يظُنّ. بينما عمر بن الخطاب جالسٌ إذْ مرَّ به رجلٌ جميل، فقال [عمر:] لقد أخطأ ظني، أو: إنَّ هذا على دينهِ في الجاهلية، أو لقد كان كاهِنَهُم، عليَّ الرَّجُل. فدعا به (١) فقال له ذلك، فقال: ما رأيت كاليوم استَقْبَل به رجلًا مسلمًا (٢) . قال: فإني أعزمُ عليك إلا ما أخبرتني. قال: كنتُ كاهِنَهُم في الجاهلية (٣) . قال: فما أعجبُ ما جاءَتْكَ به جِنِّيَّتُك؟ قال: بينما أنا يومًا في السُّوق، جاءَتْني أعرفُ فيها الفَزَع، فقالت: [من الرجز] ألَمْ ترَ الجِنَّ وإبلاسها (٤) … ويأسَها من بعدِ إنكاسِها (٥) ؟ ولحُوقها بالقِلاصِ وأحْلاسِها (٦)
(١) كذا في ح، وفي ط: فدعي به، وفي فتح الباري: فدُعي له، والرجل هو سواد بن قارب كما سيأتي وكما في فتح الباري. (٢) رواية البخاري: استُقبل به رجل مسلم، وقال ابن حجر في شرحه: في رواية النسفي وأبي ذر رجلًا مسلمًا. ورأيته مجودًا بفتح تاء (استقبل) على البناء للفاعل وهو محذوف تقديره: أحد، وضبطه الكرماني استُقبل بضم التاء، وأعرب رجلًا مسلمًا على أنه مفعول رأيت، وعلى هذا فالضمير في قوله: به، يعود على الكلام، ويدل عليه السياق. (٣) قال ابن حجر في الفتح (٧/ ١٧٩، ١٨٠): الكاهن الذي يتعاطى الخبر من الأمور المغيبة … ولقد تلطف سواد في الجواب إذ كان سؤال عمر عن حاله في كهانته إذ كان من أمر الشرك، فلما ألزمه أخبره بآخر شيء وقع له لما تضمن من الإعلام بنبوة محمد ﷺ وكان سببًا لإسلامه. وقال في (١٠/ ٢١٦، ٢١٧): والكهانة: ادعاء علم الغيب كالإخبار بما سيقع في الأرض مع الاستناد إلى سبب، والأصل فيه استراق الجني السمع من كلام الملائكة، فيلقيه في أذن الكاهن … وكانت الكهانة في الجاهلية فاشية خصوصًا في العرب لانقطاع النبوة فيهم وهي على أصناف: منها ما يتلقونه من الجن، فإن الجن كانوا يصعدون إلى جهة السماء فيركب بعضهم بعضًا إلى أن يدنو الأعلى بحيث يسمع الكلام فيلقيه إلى الذي يليه، إلى أن يتلقاه من يلقيه في أذن الكاهن فيزيد فيه فلما جاء الإسلام ونزل القرآن حرست السماء من الشياطين، وأرسلت عليهم الشهب، فبقى من استراقهم ما يتخطَّفه الأعلى فيلقيه إلى الأسفل قبل أن يصيبه الشهاب، وإلى ذلك الإشارة بقوله تعالى: ﴿إِلَّا مَنْ خَطِفَ الْخَطْفَةَ فَأَتْبَعَهُ شِهَابٌ ثَاقِبٌ﴾. وكانت إصابة الكهان قبل الإسلام كثيرة جدًا كما جاء في أخبار شق وسطيح ونحوهما، وأما في الإسلام فقد ندر ذلك جدًا حتى كاد يضمحل وللّه الحمد؛ ثانيها: ما يخبر الجني به من يواليه بما غاب عن غيره مما لا يطلع عليه الإنسان غالبًا، أو يطلع عليه من قرب لا من بعد؛ ثالثها: ما يستند إلى ظن وتخمين وحدس، وهذا قد يجعل اللّه فيه لبعض الناس قوة مع كثرة الكذب فيه؛ رابعها: ما يستند إلى التجربة والعادة، فيستدل على الحادث بما وقع قبل ذلك، ومن هذا القسم الأخير ما يضاهي السحر، وقد يعتضد بعضهم في ذلك بالزجر والطرق والنجوم، وكل ذلك مذموم شرعًا. وورد في ذم الكهانة ما أخرجه أصحاب السنن وصححه الحاكم من حديث أبي هريرة رفعه: "من أتى كاهنًا أو عرّافًا فصدقه بما يقول فقد كفر بما أنزل على محمد". ثم ساق ابن حجر شواهد لهذا الحديث وأفاض. (٤) "إبلاسها": تحيُّرها ودَهَشها. النهاية (١/ ١٥٢/ بلس). (٥) "اليأس": ضد الرجاء، والإنكاس: الانقلاب، قال ابن فارس: معناه أنها يئست من استراق السمع بعد أن كانت قد ألفته، فانقلبت عن الاستراق قد يئست من السمع (فتح الباري ٧/ ١٨٠). (٦) "القِلاص": جمع قُلُص، وهو جمع قَلُوص، وهي الفتية من النياق، والأحلاس جمع حِلْس، وهو ما يوضع =

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