Le ẖāfiẓ Abū al-Qāsim Ibn ʿAsākir ad-Dimashqī a composé un fascicule pour réfuter ce hadith, qu’il a intitulé : « Exposé de l’erreur et de la confusion présentes dans le hadith sur l’“atît” ». Il y a déployé tous ses efforts pour mettre en cause Muḥammad ibn Isḥāq ibn Yasār, son rapporteur, et il a rapporté les propos des savants à son sujet.
Cependant, on retrouve bien cette formulation par une autre chaîne de transmission, différente de celle de Muḥammad ibn Isḥāq. En effet, ʿAbd ibn Ḥumayd, Ibn Jarīr dans leurs « Tafsīrs », ainsi qu’Ibn Abī ʿĀṣim et aṭ-Ṭabarānī dans leurs ouvrages intitulés « As-Sunna », al-Bazzār dans son « Musnad » et al-Ḍiyāʾ al-Maqdisī dans ses « Mukhtārāt » l’ont rapportée par la voie d’Abū Isḥāq as-Sabīʿī, d’après ʿAbd Allāh ibn Khalīfa, d’après ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb (qu’Allāh l’agrée). Celui-ci raconta qu’une femme vint trouver le Messager d’Allāh (paix et salut sur lui) et lui dit : « Invoque Allāh pour qu’Il me fasse entrer au Paradis. » Il (paix et salut sur lui) glorifia alors le Seigneur (qu’Il soit exalté) et dit :
« En vérité, Son Kursī embrasse les cieux et la terre, et il a un “atît” semblable au grincement d’une monture toute neuve, tant il est lourd. »
Quant à ʿAbd Allāh ibn Khalīfa, il n’est pas très connu, et il subsiste un doute quant à son audition directe de ʿUmar. Certains rapportent ce hadith comme étant un propos de Compagnon (mawqūf) ou un hadith transmis de manière interrompue (mursal), tandis que d’autres y ajoutent des éléments singuliers. Allāh est plus savant.
Il est cependant établi dans le « Ṣaḥīḥ d’al-Bukhārī » que le Messager d’Allāh (paix et salut sur lui) a dit :
« Quand vous demandez à Allāh le Paradis, demandez-lui le Firdaus, car c’est le plus haut degré du Paradis (et) au-dessus de lui se trouve le Trône du Tout-Miséricordieux. »
On rapporte ce passage avec la forme « wa fawqahu » (au-dessus de lui), en fatẖa pour exprimer un complément de lieu, ou avec une ḍamma. Selon notre shaykh al-ḥāfiẓ al-Mizzī, cette dernière est meilleure, signifiant : « Et le Trône du Tout-Miséricordieux domine les deux (Firdaus et tout le reste). »
Il est parvenu par certains récits que les habitants du Firdaus entendent l’« atît » du Trône – qui est en réalité sa glorification et son exaltation – et cela à cause de leur proximité de celui-ci.