Et c’est pour cette raison que l’imam Aḥmad (1) a dit : « Abū an-Naḍr nous a rapporté ; al-Faraj – c’est-à-dire Ibn Faḍālah – nous a rapporté ; Luqmān ibn ʿĀmir [a dit] : “J’ai entendu Abū Umāma dire : ‘J’ai demandé : Ô Prophète de Dieu, quel fut le début de ton affaire ?’ Il répondit : ‘L’invocation de mon père Abraham, la bonne annonce (Bachâra) de Jésus, et ma mère vit qu’il sortait d’elle une lumière qui illumina les palais du Shām (Grande Syrie).’” »
L’imam Aḥmad est seul à avoir rapporté ce ḥadīth ; aucun des auteurs des six recueils de ḥadīth ne l’a mentionné (2).
Le ḥāfiẓ Abū Bakr ibn Abī ʿĀṣim rapporte dans son ouvrage al-Mawlid, par la chaîne de Baqiyyah, d’après Ṣafwān ibn ʿAmr, d’après Ḥujr, d’après Abū Maryam (3), qu’un bédouin demanda : « Ô Messager de Dieu, quelle fut la première chose dans ta prophétie ? » Il répondit : « Dieu a pris mon pacte comme Il a pris le pacte des prophètes. Et la mère du Messager de Dieu ﷺ a vu en songe qu’un flambeau sortait d’entre ses jambes et éclairait les palais du Shām. »
L’imam Muḥammad ibn Isḥāq ibn Yasār (4) a dit : « Thawr ibn Yazīd m’a rapporté, d’après Khālid ibn Maʿdān, d’après des Compagnons du Messager de Dieu ﷺ, qui dirent : “Ô Messager de Dieu, informe-nous au sujet de toi-même.” Il répondit : “Je suis l’invocation de mon père Abraham et la bonne annonce de Jésus. Et ma mère, lorsqu’elle m’a porté (5), a vu en rêve qu’il sortait d’elle une lumière qui illumina Buṣrā, en terre du Shām.” »
La chaîne de transmission (isnād) de ce récit est également bonne. Il y a là une heureuse annonce pour les habitants de notre région, celle de Buṣrā, indiquant qu’elle fut la première partie des terres du Shām à recevoir la lumière de la prophétie. Louange à Dieu et gratitude envers Lui pour ce bienfait. C’est aussi pour cette raison que Buṣrā fut la première ville conquise en terre de Shām, et cette conquête se réalisa sous le califat d’Abū Bakr aṣ-Ṣiddīq (qu’Allah l’agrée), comme nous l’expliquerons. Le Messager de Dieu ﷺ y vint à deux reprises en compagnie de son oncle Abū Ṭālib, lorsqu’il avait douze ans, lors de l’épisode avec Baḥīrā le moine, que nous avons déjà relaté ; puis il y revint avec Maysara, l’affranchi de Khadīja, pour un commerce.
C’est là aussi qu’on situe l’endroit où la chamelle du Messager de Dieu ﷺ, appelée « la chamelle du Messager de Dieu », s’agenouilla. Son empreinte y serait toujours visible, avant d’avoir été transférée et qu’on n’eût bâti dessus une mosquée encore renommée de nos jours. Buṣrā est également la ville où l’on vit s’illuminer le cou des chameaux sous l’effet de l’incendie apparu en terre du Ḥijāz, en l’an 654 de l’Hégire, conformément à ce que le Messager de Dieu ﷺ a annoncé dans ses propos : « Un feu surgira du Ḥijāz, éclairant les cous des chameaux jusqu’à Buṣrā. » Nous reviendrons sur cet événement en son lieu, si Dieu le veut. C’est en Lui que nous plaçons notre confiance et vers Lui que nous nous en remettons (6).
Dieu – qu’Il soit exalté – dit : « Ceux qui suivent le Messager, le Prophète illettré, qu’ils trouvent mentionné chez eux dans la Torah et l’Évangile, il leur enjoint ce qui est convenable et leur interdit ce qui est blâmable, leur rend licites les bonnes choses et leur interdit les mauvaises, et il leur ôte le fardeau qu’ils portaient… »