Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Je me suis retroussé le bas de mon vêtement (izâr) pour émigrer vers toi, traversant le désert après avoir franchi les étendues arides,
(1)
afin de côtoyer le meilleur des hommes, lui-même et ses ascendants : le Messager du Souverain des hommes, au-dessus des cieux.
(2)
Alors, le Prophète (ﷺ) dit : « Bienvenue à toi, ô ‘Amr b. Murra. »

Je lui répondis : « Ô Messager de Dieu, envoie-moi auprès de mon peuple. Peut-être Dieu leur fera-t-Il grâce par mon intermédiaire, de la même façon qu’Il m’a accordé Sa grâce par toi. » Il m’y dépêcha.

Il dit : « Fais preuve de douceur, use d’une parole correcte, ne sois ni rude, ni orgueilleux, ni envieux. »

On rapporte alors que je me rendis auprès de mon peuple et les appelai à ce à quoi m’avait appelé l’Envoyé de Dieu (ﷺ), et ils embrassèrent tous l’islam, à l’exception d’un seul homme. Je vins ensuite avec eux trouver l’Envoyé de Dieu (ﷺ) ; il les accueillit avec bienveillance, les salua et rédigea à leur intention une lettre dont voici la teneur :

« Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.
Ceci est un écrit de Dieu, sur la langue de Son Messager (ﷺ), en un document sincère et une vérité énoncée clairement, remis par ‘Amr b. Murra al-Juhani à Juhayna b. Zayd :

En vérité, vous possédez les vallées de la terre comme ses plaines, les pentes des oueds et leurs sommets ; vous y cultiverez ce qui y pousse, et en boirez l’eau pure, à condition que vous reconnaissiez le khums (le cinquième) et que vous accomplissiez les cinq prières. En ce qui concerne la tî‘a et la surayma [deux brebis], si elles se réunissent, elles forment deux [têtes], et si elles se séparent, alors c’est une brebis par brebis. Il n’y a pas de zakât imposée aux propriétaires de la mûthira, et la “warda al-labaqa” ne compte pas. Et ont témoigné, devant notre Prophète (ﷺ), tous les musulmans présents, par la plume de Qays b. Shammâs. »

(1) Ainsi dans Ḥ, Ṭ, et ce qui est correct : sāqī avec un yāʾ comme cela sera expliqué plus loin (p. 180). (2) Dans al-Nihāya et al-Lisān : il y a "ajwib al-qūr baʿd al-dakkāk", et plus loin (p. 180) "il y a adab al-ghawr"… Dans Ṭabaqāt Ibn Saʿd : "al-daʿth baʿd al-dakkāk", et dans al-Wafāʾ et Majmaʿ al-Zawāʾid : "al-daʿth baʿd al-dakkāk". Quant à al-qūr, c’est le pluriel de qāra qui signifie la montagne, ou selon certains le plus petit d’entre elles, comme al-ʾukma. Quant à al-ghawr, c’est toute dépression du sol ; al-dakkādik est le pluriel de dakkadak, ce qui désigne le sable tassé au sol sans s’élever beaucoup. (al-Nihāya 2/128) (dakkadak), (4/120) (qūr) et al-Lisān pour al-ghawr. (3) « al-ḥabāʾik » : les chemins, singulier ḥabīka, désignant les cieux à cause des voies des astres qui s’y trouvent. (al-Nihāya 1/332) (ḥabak). Les vers se trouvent dans Ṭabaqāt Ibn Saʿd (1/333). (4) Dans al-Wafāʾ (1/83) : le livre Amān min Allāh. (5) Dans al-Wafāʾ (1/83), al-Jamʿ et Ḥayāt al-Ṣaḥāba : tarʿūn, ce qui semble être la correction appropriée. (6) Dans Ṭ : al-talīʿa, dans al-Majmaʿ « wal-siʿa », et dans Ḥayāt al-Ṣaḥāba : al-ghunayma. Ce qui est attesté dans Ḥ et al-Nihāya (3/27) (ṣaram). La tāʾ double surmontée d’un fatḥa est notée d’après la plume. La correction vient d’al-Nihāya et al-Lisān (tiʿ), où elle apparaît sous la forme al-tayʿa, au kasra : nom désignant la plus petite quantité imposable de la zakāt sur les animaux, comme la phrase "al-jumla allatī lil-sāʿāt ʿalayha sabīl" vient du verbe tāʿa yatiʿu lorsqu’on s’en rapproche, comme le khums sur les chameaux et le quārūn (trente) sur les moutons. (7) « al-ṣuʿrīma » : diminutif de al-ṣirma, troupeau de chameaux et de moutons. Il est dit que c’est entre vingt et trente ou quarante, comme si, lorsqu’il atteint cette taille, il devient autonome et le propriétaire le sépare de la majeure partie de ses troupeaux. Dans le hadith, l’intention est celle de cent vingt et une brebis à deux cents ; s’il y a réunion, il y aura deux moutons, même s’ils appartiennent à deux hommes et sont séparés, chacun aura un mouton. (al-Nihāya 3/27) (ṣaram), et ce qui est entre crochets dudit passage. (8) Dans Ḥ, Ṭ : al-mīra. Ce qui est attesté dans Majmaʿ al-Zawāʾid, mentionné dans al-Nihāya (1/229) (thawr) : "il y a le hadith 'on a écrit aux gens de Jirsh concernant la ḥimā qui leur était attribuée pour les chevaux, les bêtes de charge et al-mathīra'". Al-mathīra désigne la vache des champs car elle "laboure" (tathīr) la terre. (9) Ainsi dans Ṭ, et dans Ḥ : "laysa lil-warda al-labaqa", et je n’ai pas trouvé son sens ni la correction adéquate. Dans al-Dalāʾil (1/123) : =
وشمَّرتُ عن ساق (١) الإزارِ مُهاجرًا … إليكَ أجوبُ القَفْر بعد الدَّكَادِكِ (٢) لأصحبَ خيرَ الناسِ نفسًا ووالدًا … رسولَ مَليكِ الناس فوقَ الحبائكِ (٣) فقال النبيُّ ﷺ : "مرحبًا بك يا عمرو بن مُرَّة" . فقلت: يا رسول الله ابعثْني إلى قومي، لعل الله يمنُّ عليهم بي كما مَنَّ عليَّ بك. فبعثَني إليهم. وقال: "عليك بالرِّفْق، والقول السديد، ولا تكنْ فظًّا، ولا متكبِّرًا ولا حسودًا" . فذكر أنه أتى قومه، فدعاهم إلى ما دعاه إليه رسولُ الله ﷺ فأسلموا كلُّهم، إلا رجلاً واحدًا منهم، وأنه وفد بهم إلى رسولِ الله ﷺ ؛ فرحَّب بهم وحيَّاهم، وكتب لهم كتابًا هذه نسخته: "بسم الله الرحمن الرحيم. هذا كتابٌ من الله (٤) على لسان رسول الله ﷺ ، بكتابٍ صادق، وحقٍّ ناطق مع عمرو بن مُرَّة الجُهَني، لجُهينة بن زيد: إنَّ لكم بطونَ الأرض وسهولَها، وتلاعَ الأودية وظهورها، تزرعون (٥) نباته، وتشربون صافيه، على أن تُقِرُّوا بالخُمُس، وتصلُّوا صلاة الخَمْس، وفي التيْعَة (٦) والصُّرَيمة [شاتانِ] إنِ اجتمعتا، وإنْ تفرَّقتا [فـ] شاة شاة (٧) ، ليس على أهل المُثيرة (٨) صدقة، ليس الوردة اللبقة (٩) . وشهد على نبيِّنا ﷺ مَنْ حضر من المسلمين بكتاب قيس بن شمَّاس" .
(١) كذا في ح، ط، والصواب: ساقي. بالياء كما سيأتي (ص ١٨٠). (٢) في النهاية واللسان: إليك أجُوب القُورَ بعد الدكاك، وفيما سيأتي (ص ١٨٠) إليه أدب الغور … " وفي طبقات ابن سعد: "الدعث بعد الدكاك" وفي الوفا ومجمع الزوائد. الدعث بعد الدكاك. والقور: جمع قارة وهي الجبل، وقيل هو الصغير منه كالأكمة. وأما الغور: فكل منخفض من الأرض؛ والدكادك: جمع دكداك، وهو ما تلبد من الرمل بالأرض ولم يرتفع كثيرًا. النهاية (٢/ ١٢٨) (دكدك) و (٤/ ١٢٠) (قور) واللسان (غور). (٣) "الحبائك": الطُّرُق، واحدتها حَبيكة، يعني بها السموات، لأن فيها طرق النجوم. النهاية (١/ ٣٣٢) (حبك). والأبيات في طبقات ابن سعد (١/ ٣٣٣). (٤) في الوفا (١/ ٨٣): كتاب أمان من الله. (٥) في الوفا (١/ ٨٣) والجمع وحياة الصحابة. ترعون. وهو أشبه بالصواب. (٦) في ط: التليعة، وفي المجمع "والسعة" وفي حياة الصحابة: الغُنيمة، والمثبت من ح والنهاية (٣/ ٢٧) (صرم) وفيه ضُبطت التاء المثناة من فوق بالفتح ضبط قلم. والتصحيح من النهاية واللسان (تيع)، وفيهما: التيعة، بالكسر: اسم لأدنى ما تجب فيه الزكاة من الحيوان، وكأن الجُملة التي للسعاة عليها سبيل، من تاع يتيع إذا ذهب إليه، كالخمس من الإبل والأربعين من الغنم. (٧) "الصُّريمة": تصغير الصِّرْمة، وهي القطيع من الإبل والغنم، قيل: هي من العشرين إلى الثلاثين والأربعين، كأنها إذا بلغت هذا القدر تستقلُّ بنفسها فيقطعها صاحبها عن معظم إبله وغنمه. والمراد بها في الحديث من مئة وإحدى وعشرين شاة إلى المئتين، إذا اجتمعت ففيها شاتان، وإن كانت لرجلين وفرِّق بينهما، فعلى كل واحد منهما شاة. النهاية (٣/ ٢٧) (صرم)، وما بين معقوفين منه. (٨) في ح، ط: الميرة. والمثبت من مجمع الزوائد، جاء في النهاية (١/ ٢٢٩) (ثور): ومنه الحديث "أنه كتب لأهل جُرش بالحِمى الذي حماه لهم للفرس والراحلة والمثيرة" أراد بالمثيرة بقر الحَرْث لأنها تثير الأرض. (٩) كذا في ط، وفي ح: ليس للوردة اللبقةِ، ولم أهتد إلى معناه أو وجه الصواب فيه. وفي الدلائل (١/ ١٢٣): =

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