Le récit de ‘Amr ibn Murra al-Juhani
At-Tabarânî rapporte (1) : « Ali ibn Ibrâhîm al-Khuzâ‘î al-Ahwâzî nous a raconté : ‘Abd Allâh ibn Dâwud ibn Dilhâth ibn Ismâ‘îl ibn ‘Abd Allâh ibn Masra‘ (2) ibn Yâsir ibn Suwayd – celui-ci étant un Compagnon du Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) – nous a raconté d’après son père, d’après son grand-père Dilhâth, d’après son propre père Ismâ‘îl, qui tenait ce récit de son père ‘Abd Allâh, lequel le tenait de son père, et ainsi de suite, jusqu’à ce que Yâsir ibn Suwayd l’ait rapporté de ‘Amr ibn Murra al-Juhani :
“Je suis parti faire le pèlerinage (hajj) à l’époque antéislamique (Jâhiliya) avec un groupe de ma tribu. Alors que je me trouvais à La Mecque, je vis en rêve une lumière éclatante qui jaillissait de la Ka‘ba jusqu’à atteindre la montagne de Yathrib et le territoire des Juhayna (3). J’entendis une voix au sein de cette lumière qui disait : ‘Les ténèbres se sont dissipées, la clarté a resplendi, et le Sceau des Prophètes a été envoyé.’ Puis la lumière brilla une seconde fois, si bien que j’aperçus les palais d’Al-Hîra et le palais blanc de Ctésiphon (4). J’entendis encore la voix issue de la lumière : ‘L’Islam est apparu, les idoles sont brisées, et les liens de la parenté sont renoués.’ Je me réveillai, effrayé.
Je dis alors à mes compagnons : ‘Par Dieu, il va se produire parmi ce clan de Quraysh un événement considérable !’ Je leur racontai ce que j’avais vu. Lorsque nous rentrâmes dans notre pays, la nouvelle nous parvint : un homme du nom d’Ahmad venait d’être envoyé (comme Prophète). Alors je me rendis auprès de lui et je l’informai de la vision que j’avais eue. Il me dit :
‘Ô ‘Amr ibn Murra, je suis le Prophète envoyé à l’ensemble des serviteurs. Je les appelle à l’Islam, je leur ordonne de préserver le sang, de renforcer leurs liens de parenté, d’adorer Dieu, de renoncer aux idoles, d’accomplir le pèlerinage à la Maison sacrée et de jeûner le mois de Ramadân parmi les douze mois de l’année. Celui qui répond favorablement à cet appel aura le Paradis, et celui qui s’y refuse aura le Feu. Crois en Dieu, ô ‘Amr ! Dieu te mettra à l’abri de l’horreur de l’Enfer.’
Je répondis : ‘J’atteste qu’il n’est de dieu que Dieu, et que tu es le Messager de Dieu. Je crois en ce que tu apportes de licite et d’illicite, dussent beaucoup de gens en être irrités (6).’ Je lui récitai alors des vers que j’avais composés quand j’avais entendu parler de lui. Nous avions une idole, dont mon père était le gardien. Je me levai, je la brisai, puis je rejoignis le Prophète (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) en disant :
[du mètre at-tawîl]
‘J’atteste que Dieu est Vérité, et que, quant à moi…
…je suis le premier à renoncer aux idoles de pierre.’”