Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Lorsque je l’aperçus, je pensai que c’était bien lui. Alors je dis : « Que la paix soit sur toi, ô Messager de Dieu. » Il répondit : « Assez, assez ! Non, comme si cela était déjà fait, et puisses-tu me le confier. »

Je demandai : « Qui est ce vieillard ? » On me répondit : « C’est Abou Nadla, Hachim fils de ʿAbd Manaf. » Je m’éloignai alors en disant : « Par Dieu, voilà la véritable gloire, et non celle du clan de Jafna. » (Il s’agit des rois arabes de Syrie issus de Ghassan que l’on appelait “la famille de Jafna”.) Quant à la fonction évoquée à propos de Hachim, c’est la rifada, c’est-à-dire l’offre de nourriture aux pèlerins durant la saison (1).

Abou Naʿim (2) rapporta : « ʿAbd Allah ibn Muhammad ibn Jaʿfar nous a raconté ; Muhammad ibn Ahmad ibn Abî Yahyâ nous a raconté ; Saʿîd ibn ʿUthmân (3) nous a raconté ; ʿAlî ibn Qutayba al-Khurâsânî nous a raconté ; Khâlid ibn Ilyâs nous a raconté, d’après Abou Bakr ibn ʿAbd Allah ibn Abî al-Jahm, d’après son père, d’après son grand-père, qui dit : “J’ai entendu Abou Tâlib rapporter ce qu’Abd al-Muttalib avait dit : ‘Alors que je dormais dans le Hijr, je fis un rêve qui me terrifia. Je m’en trouvai bouleversé, si bien que j’allai trouver la devineresse (kâhina) des Quraysh. J’étais vêtu d’un mitraf de soie, et ma chevelure tombait sur mes épaules. Lorsqu’elle me vit, elle lut la peur sur mon visage, moi qui étais ce jour-là le chef de mon peuple. Elle me demanda : “Qu’arrive-t-il donc à notre seigneur pour qu’il soit venu le visage si changé ? Serait-il atteint par quelque événement du temps ?” Je répondis : “Oui.” ’”

Il était d’usage que personne ne lui adresse la parole sans d’abord baiser sa main droite, puis poser la main sur le sommet de sa tête avant d’exposer son besoin, mais je ne le fis pas, car j’étais le chef de mon peuple. Je m’assis et je lui dis : “Cette nuit, alors que je dormais dans le Hijr, j’ai vu en songe comme un arbre qui poussait. Sa cime atteignait le ciel, ses branches s’étendaient vers l’Orient et l’Occident, et je n’avais jamais vu de lumière plus éclatante, soixante-dix fois plus vive que celle du soleil (4). Je vis alors Arabes et non-Arabes se prosterner devant lui ; il ne cessait de croître en grandeur, en éclat et en hauteur : tantôt il disparaissait, tantôt il resplendissait. Et je vis un groupe de Quraysh agrippé à ses branches, tandis que d’autres de Quraysh voulaient le couper. Chaque fois qu’ils s’en approchaient, un jeune homme – dont je n’avais jamais vu le visage plus beau ni de parfum plus suave – les repoussait : il leur brisait l’échine et leur arrachait les yeux. Je levai la main pour en cueillir quelque chose, mais ce jeune homme m’en empêcha. Je lui dis : ‘À qui revient donc cette part ?’ Il me répondit : ‘À ceux qui s’y sont déjà attachés avant toi.’ Je me réveillai alors, effrayé et bouleversé.” »

« Je vis le visage de la devineresse changer, puis elle me dit : “Si ton rêve est vrai, il sortira de ta descendance un homme qui régnera sur l’Orient et l’Occident, et les gens lui seront soumis.” » Abd al-Muttalib poursuivit en parlant à Abou Tâlib : « Peut-être es-tu cet enfant tant annoncé. »

Abou Tâlib tenait ce récit après que le Messager de Dieu (que Dieu lui accorde salut et bénédiction) fut né et après avoir reçu la mission prophétique. Puis il dit : « L’arbre, par Dieu, était Abou al-Qâsim al-Amîn (le Prophète). » On demandait alors à Abou Tâlib : « Pourquoi ne crois-tu pas ? » Il répondait : « HonTE et opprobre (6). »

(1) Sa chaîne de transmission est faible ; ʿAbbād ibn Kusayyib est mentionné par al-Bukhârî dans son histoire et il dit (6/ notice 1624) : « Son hadith n’est pas authentique ». Voir également al-Mīzān (2/375) (Bachâr). (2) Dans al-Dalāʾil (1/99). (3) Dans un hadith rapporté par Saʿîd ibn Abî ʿOthmân. (4) Riposte : soixante-dix fois faible. (5) La formule entre crochets dans al-Dalāʾil est ainsi : « Et le Prophète ﷺ est sorti en disant : C’était … ». (6) Sa chaîne de transmission est très faible, car Khālid ibn Ilyās est abandonné, et il figure parmi les narrateurs critiqués dans at-Tahdhib (Bachâr).
فلما رأيته ظننتُه ذلك، فقلت: السلامُ عليك يا رسول الله. فقال: مه مه، كلا وكأنْ قد، وليتني إيَّاه. فقلت: من هذا الشيخ؟ فقالوا: هذا أبو نَضْلة، هذا هاشم بن عبد مَنَاف. فولَّيتُ وأنا أقول: هذا والله المجد لا مجد آلِ جفنة. يعني ملوكَ عرب الشام من غسان، كان يقال لهم: آل جفنة، وهذه الوظيفة التي حكاها عن هاشم هي الرِّفادة، يعني إطعام الحجيج زمن الموسم (١) . وقال أبو نعيم (٢) : حدّثنا عبد الله بن محمد بن جعفر، حدّثنا محمد بن أحمد بن أبي يحيى، حدّثنا سعيد بن عثمان (٣) ، حدّثنا علي بن قتيبة الخراساني، حدّثنا خالد بن إلياس، عن أبي بكر بن عبد الله بن أبي الجهم، عن أبيه، عن جده قال: سمعتُ أبا طالبٍ يحدِّث عن عبد المطلب قال: بينا أنا نائم في الحِجْر إذ رأيت رؤيا هالتني، ففزِعْتُ منها فزعًا شديدًا، فأتيتُ كاهنةَ قريش، وعليَّ مطرف خزّ، وجُمَّتي تضربُ مَنْكِبي، فلما نظرتْ إليّ عرفتْ في وجهي التغيير، وأنا يومئذٍ سيِّد قومي، فقالت: ما بال سيدنا قد أتانا متغيِّرَ اللَّون؟ هل رابه من حَدَثان الدهر شيء؟ فقلت لها: بلى! وكان لا يكلِّمها أحدٌ من الناس حتى يُقَبِّل يدَها اليمنى، ثم يضع يده على أُمِّ رأسها ثم يذكر حاجته، ولم أفعل لأني كنت كبير قومي؛ فجلستُ فقلت: إني رأيت الليلةَ وأنا نائم في الحِجْر، كأنَّ شجرةً تنبت، قد نال رأسها السماء، وضربتْ بأغصانها المشرق والمغرب، وما رأيتُ نورًا أزهر منها، أعظم من نور الشمس سبعين ضعفًا (٤) ؛ ورأيتُ العرب والعجم ساجدين لها، وهي تزدادُ كلَّ ساعةٍ عِظَمًا ونورًا وارتفاعًا، ساعة تخفى وساعة تزهر، ورأيتُ رَهْطًا من قريش قد تعلَّقوا بأغصانها، ورأيتُ قومًا من قريش يريدون قطعها، فإذا دَنَوْا منها أخَّرَهم شابٌّ لم أر قطُّ أحسنَ منه وجهًا، ولا أطيبَ منه ريحًا، فيكسِرُ أظهرهم، ويقلع أعينهم؛ فرفعت يدي لأتناول منها نصيبًا، فمنعني الشاب، فقلت: لمن النصيب؟ فقال: النصيب لهؤلاء الذين تعلَّقوا بها وسبقوكَ إليها. فانتبهتُ مذعورًا فزِعًا، فرأيت وجه الكاهنة قد تغيَّر، ثم قالت: لئن صدقَتْ رؤياك ليخرجَنَّ من صُلْبك رجلٌ يَملِكُ المشرق والمغرب، ويَدين له الناس ثم قال - يعني عبد المطلب لأبي طالب -: لعلك تكونُ هذا المولود. قال: فكان أبو طالب يحدِّثُ بهذا الحديث [بعدما وُلد رسولُ الله ﷺ وبعد ما بُعث. ثم قال] (٥) : كانت الشجرةُ والله أعلم أبا القاسم الأمين. فيقال لأبي طالب: ألا تؤمن؟ فيقول: السُبَّة والعار (٦) .
(١) إسناده ضعيف، عباد بن كسيب، ذكره البخاري في تاريخه وقال (٦/ الترجمة ١٦٢٤): "لا يصح حديثه" وينظر الميزان (٢/ ٣٧٥) (بشار). (٢) في الدلائل (١/ ٩٩). (٣) في ح: سعيد بن أبي عثمان. (٤) في ح: سبعين مرة ضعفًا. (٥) لفظ العبارة التي بين المعقوفين في الدلائل هكذا: "والنبي ﷺ قد خرج ويقول: كانت … ". (٦) إسناده ضعيف جدًا، فإن خالد بن إلياس متروك، وهو من رجال التهذيب (بشار).

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