Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

« (Plante-les) pour elle. Quand tu auras terminé, viens me voir afin que je les mette moi-même de ma main. »

Il dit : « Je creusai donc les trous (pour les plants), et mes compagnons m’aidèrent. Puis, lorsque j’eus fini, j’allai le trouver et l’en informai. Alors le Messager de Dieu (ﷺ) sortit avec moi jusqu’à ces plants, et nous lui présentions chaque rejeton de palmier, qu’il mettait lui-même de sa main. Quand nous eûmes terminé – et par Celui qui tient l’âme de Salmân dans Sa main, pas un seul de ces rejets ne périt –, je m’acquittai ainsi du verger, mais il me restait encore la somme d’argent à payer. On apporta au Prophète (ﷺ) un morceau d’or gros comme un œuf de poule, issu de l’un des gisements, et il dit : « Qu’est devenu le Perse affranchi sous contrat ? » On me manda auprès de lui. Il dit : « Prends ceci et verse-le de ce que tu dois, ô Salmân. » Je dis : « Mais comment cela pourrait-il suffire à payer ce que je dois, ô Messager de Dieu ? » Il dit : « Prends-le, car Dieu s’acquittera de ta dette par son intermédiaire. » Je le pris donc et, par Celui qui tient l’âme de Salmân dans Sa main, j’en pesai pour eux quarante onces. Je les leur remis en entier [tirées de ce seul fragment] (1) et Salmân fut affranchi. Je participai alors, en homme libre, à la bataille du Fossé (al-Khandaq) aux côtés du Messager de Dieu (ﷺ), et aucune expédition ne me fit ensuite défaut avec lui.

Ibn Isḥāq (2) a rapporté : Yazīd ibn Abī Ḥabīb m’a transmis, d’après un homme de (la tribu) ‘Abd al-Qays, d’après Salmân, que celui-ci a dit : « Lorsque j’ai dit : “Comment cette petite somme peut-elle couvrir ce que je dois, ô Messager de Dieu ?”, le Messager de Dieu (ﷺ) la prit, la retourna sur sa langue, puis dit : “Prends-la et paie-les avec.” Je la pris et leur versai la totalité de ce que je leur devais, quarante onces. »

Et Muḥammad ibn Isḥāq (4) a dit : « ‘Āṣim ibn ‘Umar ibn Qatāda m’a rapporté ce qu’un homme, dont je ne remets pas en cause la fiabilité, m’a lui-même rapporté de ‘Umar ibn ‘Abd al-‘Azīz ibn Marwān. Celui-ci déclara qu’on lui avait transmis que Salmân avait dit au Messager de Dieu (ﷺ), lorsqu’il l’informa de son histoire : “Celui qui vivait à ‘Ammūriya m’a dit : ‘Rends-toi à tel endroit du Shām ; là se trouve un homme entre deux bosquets : chaque année, il sort de l’un des bois et traverse jusqu’à l’autre. Les personnes malades se présentent à lui, et il ne prie pour aucun d’entre eux sans qu’il ne soit guéri. Interroge-le au sujet de la religion que tu recherches, car il te renseignera à ce sujet.’” »

Salmân dit : « Je partis donc jusqu’à parvenir à l’endroit qu’il m’avait décrit. Je trouvai les gens rassemblés là avec leurs malades, et cet homme sortit justement cette nuit-là pour traverser d’un bosquet à l’autre. Les hommes l’entourèrent avec leurs malades ; pour chaque malade, il priait et le malade guérissait. Ils furent plus prompts que moi et je ne pus me frayer un passage jusqu’à lui avant qu’il ne soit entré dans le bosquet qu’il visait, à l’exception de son épaule. » Salmân poursuivit : « Je l’agrippai alors et il me demanda : “Qui est-ce ?” puis il se tourna vers moi. Je lui dis : “Dieu te fasse miséricorde ! Parle-moi de la hanifiyya, la religion d’Ibrâhîm.” Il me répondit : “Tu interroges sur une chose que les gens ne demandent plus de nos jours. Voici qu’approche l’époque d’un Prophète qui sera envoyé avec cette religion, issu des gens du Sanctuaire (La Mecque). Va à lui, il te guidera vers ce chemin.” Puis il y entra. »

Alors le Messager de Dieu (ﷺ) dit à Salmân : « Si tu m’as dit la vérité, ô Salmân, tu as bel et bien rencontré ‘Îsâ (Jésus), fils de Maryam. » Voilà comment on le trouve dans cette chaîne de transmission, où se signale un narrateur non identifié, le cheikh de ‘Āṣim ibn ‘Umar ibn Qatāda. On a dit qu’il pourrait s’agir de al-Ḥasan ibn ‘Amāra, mais le récit demeure interrompu, voire mu‘ḍal, entre ‘Umar ibn ‘Abd al-‘Azīz et Salmân (qu’Allâh l’agrée).

(1) Entre crochets, extrait de la Sīra d'Ibn Hishām et al-Rawḍ. (2) Sīra d'Ibn Isḥāq (p. 71), Sīra d'Ibn Hishām (1/221) et al-Rawḍ (1/252). (3) Omission dans la lecture du mot « عن سلمان أنه », qui est présent dans al-Ṭaus et dans les Sīras d'Ibn Isḥāq, d'Ibn Hishām et d'al-Rawḍ. (4) Sīra d'Ibn Isḥāq (pp. 70-71), Sīra d'Ibn Hishām (1/221-222) et al-Rawḍ (1/252-253). (5) Dans la lecture ḥ, ṭ: « يخرج » (il fait sortir), attesté dans les Sīras d'Ibn Isḥāq, d'Ibn Hishām et d'al-Rawḍ.
لها، فإذا فرغْتَ فأتِني أكُنْ أنا أضَعُها بيدي ". قال: ففقَّرْتُ، وأعانني أصحابي، حتى إذا فرغتُ جئتهُ فأخبرته، فخرج رسولُ الله ﷺ معي إليها. فجعلنا نقرِّبُ إليه الوَدِيَّ ويضَعُه رسولُ الله ﷺ بيده، حتى إذا فرَغْنا -فوالذي نفسُ سلْمان بيده ما ماتت ودية واحدة- فأدَّيت النخل وبقي عليَّ المال. فأُتي النبيُّ ﷺ بمثل بَيْضة الدجاجة من ذهب، من بعض المعادن، فقال: " ما فعل الفارسيُّ المكاتَب "؟ قال: فدُعيت له، قال: " خذْ هذه فأدِّها ممَّا عليك يا سلْمان " قال: قلت: وأين تقعُ هذه مما عليَّ يا رسول؟ قال: " خُذْها فإنَّ الله سيؤدِّي بها عنك " قال: فأخذتُها فوزنتُ لهم منها -والذي نفسُ سلمانَ بيده- أربعين أُوقيَّة، فأوفيتهم حقَّهم [منها] (١) وعَتَقَ سلْمان. فشهدتُ مع رسول الله ﷺ الخندق حُرًّا، ثم لم يفُتْني معه مشهد. قال ابن إسحاق (٢) : وحدّثني يزيد بن أبي حبيب، عن رجلٍ من عبد القيس، عن سلمان أنه (٣) قال: لما قلت: وأين تقع هذه من الذي عليَّ يا رسول الله؟ أخذها رسول الله ﷺ : فقلَّبها على لسانه، ثم قال: "خُذْها فأوفِهم منها " فأخذتُها فأوفيتهم منها حقَّهم كلَّه، أربعين أوقية. وقال محمد بن إسحاق (٤) : حدّثني عاصم بن عمر بن قتادة، حدّثني مَنْ لا أتَّهم، عن عمر بن عبد العزيز بن مروان قال: حُدِّثت عن سلمان أنه قال لرسول الله ﷺ حين أخبره خَبَره: أن صاحب عَمُّورية قال له: ائتِ كذا وكذا من أرض الشام، فإنَّ بها رجلًا بين غَيْضتَيْن يخرج كلَّ سنةٍ من هذه الغيضة مستجيزًا يعترضه ذوو الأسقام فلا يدعو لأحدٍ منهم إلا شُفي فاسألْهُ عن هذا الدِّين الذي تبتغي فهو يُخبرك عنه. قال سلمان: فخرجتُ حتى جئتُ حيثُ وصف لي، فوجدتُ الناس قد اجتمعوا بمرضاهم هناك، حتى خرج (٥) لهم تلك الليلةَ مستجيزًا من إحدى الغيضتَيْن إلى الأخرى، فغشيه الناسُ بمَرْضاهم، لا يدعو لمريضٍ إلا شُفي، وغلبوني عليه، فلم أخلُصْ إليه حتى دخل الغيضةَ التي يريدُ أن يدخل إلا مَنْكِبَه؛ قال: فتناولتُه فقال: من هذا؟ والتفت إليّ قال: قلت: يرحمك الله، أخبرني عن الحنيفيَّة دين إبراهيم. قال: إنك لتسألُ عن شيء ما يسأل عنه الناسُ اليوم، قد أظلَّك زمانُ نبيٍّ يُبعثُ بهذا الدين من أهل الحَرم، فأْتِهِ فهو يَحْمِلُكَ عليه. ثم دخل فقال رسول الله ﷺ لسلمان: "لئنْ كنتَ صدقتني يا سلمان لقد لَقِيتَ عيسى بن مَرْيَم". هكذا وقع في هذه الرواية، وفيها رجلٌ مُبْهَم، وهو شيخ عاصم بن عمر بن قتادة؛ وقد قيل إنه الحسن بن عمارة، ثم هو منقطع، بل مُعْضلٌ بين عمر بن عبد العزيز وسلْمان (رضي الله عنه) .
(١) ما بين معقوفين من سيرة ابن هشام والروض. (٢) سيرة ابن إسحاق (ص ٧١) وسيرة ابن هشام (١/ ٢٢١) والروض (١/ ٢٥٢). (٣) سقط من ح قوله: عن سلمان أنه، وهو في ط وسيرة ابن إسحاق وابن هشام والروض. (٤) سيرة ابن إسحاق (ص ٧٠، ٧١) وسيرة ابن هشام (١/ ٢٢١، ٢٢٢) والروض (١/ ٢٥٢، ٢٥٣). (٥) في ح، ط: يخرج، والمثبت من سيرة ابن إسحاق وابن هشام والروض.

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