Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Puis, lorsque ses derniers instants approchèrent chez nous, et qu’il sut qu’il allait mourir, il déclara : « Ô communauté juive, qu’est-ce qui, selon vous, m’a fait quitter la terre du vin et du pain levé pour cette terre de misère et de famine ? » Nous répondîmes : « C’est toi qui le sais le mieux. » Il reprit : « Je ne suis venu dans cette cité que dans l’attente de la venue imminente d’un Prophète ; cette ville sera sa terre d’émigration. J’espérais qu’il serait envoyé et que je le suivrais. Son temps est maintenant arrivé, ne tardez donc pas à le reconnaître, ô communauté juive. En vérité, il est envoyé pour faire couler le sang et pour capturer les femmes et les enfants de ceux qui s’opposent à lui ; que cela ne vous en dissuade pas. »

Lorsque le Messager de Dieu (ﷺ) fut effectivement envoyé et qu’il assiégea Banû Qurayẓa, ces jeunes hommes s’écrièrent : « Ô Banû Qurayẓa, par Dieu, c’est le Prophète dont vous a parlé Ibn al-Hayyabân ! » On leur répondit : « Ce n’est pas lui. » Les jeunes rétorquèrent : « Pourtant, par Dieu, c’est bien lui, en tous points conforme à sa description. » Ils descendirent alors, embrassèrent l’islam et préservèrent ainsi leur vie, leurs biens et leur famille. Ibn Isḥâq dit : « Voilà ce qui nous est parvenu de la part des rabbins juifs. »

J’ai déjà rapporté l’histoire de la venue de Tubba‘ al-Yamânî (Abû Karib Tubb’ân As‘ad) à Médine et du siège qu’il lui imposa. Deux rabbins juifs sortirent alors à sa rencontre et lui dirent : « Tu ne pourras pas t’emparer de cette ville : c’est la terre d’émigration d’un Prophète destiné à apparaître à la fin des temps. » Cela le détourna de son projet.

Abû Nu‘aym rapporte dans son ouvrage Dalâ’il, par le biais de la chaîne de transmission partant de al-Walîd ibn Muslim, qui tient de Muḥammad ibn Ḥamza ibn Yûsuf ibn ‘Abd Allâh ibn Salâm, lui-même le tenant de son père, celui-ci de son grand-père : ‘Abd Allâh ibn Salâm aurait déclaré : « Lorsque Dieu voulut guider Zayd ibn Sa‘nah, ce dernier dit : “Il ne subsistait aucun signe annonciateur de la prophétie que je n’eusse déjà reconnu sur le visage de Muḥammad (ﷺ) lorsque je l’ai vu, à l’exception de deux que je n’avais pas encore éprouvés : que sa douceur domine sa colère et que, plus on se montre ignorant envers lui, plus sa patience grandit.” » Zayd ajouta : « Je cherchais donc un prétexte pour le côtoyer de près, afin de vérifier sa mansuétude et son emportement. » Il raconte alors qu’il prêta une somme d’argent au Prophète (ﷺ) pour l’achat d’une récolte. Lorsque l’échéance arriva, Zayd vint trouver le Prophète, le saisit par le col de sa chemise et de son manteau alors même qu’il se trouvait à un enterrement avec ses compagnons. Le dévisageant avec dureté, il lui dit : « Ô Muḥammad, ne vas-tu pas me régler ma dette ? Par Dieu, je vois bien que vous, les Banû ‘Abd al-Muṭṭalib, vous êtes lents à payer… » ‘Umar le regarda alors, et ses yeux se mirent à tourner dans ses orbites comme un astre

(1) « يتوكف الخبر » : il l’attend, le demande et le prévoit. Al-Lisān (Wakafa). (2) Dans H, T : « fīman », et dans la Sīra d’Ibn Isḥāq, Ibn Hishām et al-Rawḍ, c’est confirmé. (3) Ainsi dans H, T, ainsi que dans la Sīra d’Ibn Hishām et al-Rawḍ : « akhbār » avec un « khā » emphatique. (4) Voir le second tome du livre sur l’histoire du Taba‘ d’Abū Karb. (5) Al-Dalāʾil d’Abū Na‘īm (1/91) ainsi que ce qui suit entre crochets ; le rapport dans al-Dalāʾil est étendu. (6) Dans T : « Sa‘ya ». C’est la forme correcte dans H, al-Dalāʾil et al-Rawḍ ; la correction vient d’al-Ikmāl (5/66). Al-Suhaylī dans al-Rawḍ (1/249) dit : « On dit dans son nom Sa‘ya avec un yā’, mais al-Dāraqṭanī ne le mentionne qu’avec un nūn. » Al-Muʾtallif wa-l-Mukhtalif (3/1387). (7) Dans al-Dalāʾil d’Abū Na‘īm : « lorsque restaient deux ou trois jours avant l’expiration du délai. » (8) Muṭṭul : avec un dhamma sur la mīm et la ṭā’. Pluriel de maṭūl par analogie, provenant de maṭl : ajournement et opposition par délai ou dette. Al-Lisān (Maṭl).
ثم حضرَتْه الوفاة عندنا، فلما عرف أنه ميت قال: يا معشر يَهُود، ما ترَوْنه أخرجني من أرض الخمر والخمير إلى أرض البؤس والجوع؟ قال: قلنا: أنت أعلم. قال: فإني إنما قدِمتُ هذه البلدة أتوكف (١) خروجَ نبيٍّ أظلَّ زمانه، هذه البلدة مُهَاجَرُه، فكنتُ أرجو أن يُبعث فأتبعه، وقد أظلَّكم زمانُه، فلا تُسْبَقُنَّ إليه يا معشر يهود، فإنه يُبعث بسفك الدماء، وسَبْي الذَّرَاري ممَّن (٢) خالفه، فلا يَمْنَعنَّكم ذلك منه، فلما بُعث رسولُ الله ﷺ وحاصر بني قُريظة قال هؤلاء الفتية -وكانوا شبابًا أحداثًا-: يا بني قُرَيظة، والله إنه للنَّبيُّ الذي عهِد إليكم فيه ابنُ الهَيَّبان. قالوا: ليس به؛ قالوا: بلى والله إنه لهو بصفته. فنزلوا فأسلموا فأحرزوا دماءَهم وأموالَهم وأهليهم. قال ابن إسحاق: فهذا ما بلغنا عن أحبار (٣) يهود. قلت: وقد قدَّمْنا في قدوم تُبَّع اليماني (٤) ، وهو أبو كَرِب تُبَّان أسعد إلى المدينة، ومُحاصرته إيَّاها، وأنه خرج إليه ذانك الحَبْرَان من اليهود فقالا له: إنه لا سبيل لك عليها، إنها مهاجَرُ نبيٍّ يكونُ في آخرِ الزمان؛ فثَنَاهُ ذلك عنها. وقد روى أبو نُعيم في الدلائل (٥) ، من طريق الوليد بن مسلم، حدثنا محمد بن حمزة بن يوسف بن عبد الله بن سَلام عن أبيه عن جدِّه. قال: قال عبد الله بن سلام: إن الله [ – Exalté soit-Il – ] لما أراد هُدى زيدِ بن سَعْنَة (٦) قال زيد: لم يبق من علاماتِ النبوَّة شيء إلا وقد عرفتُها في وجْه محمدٍ ﷺ حين نظرتُ إليه إلا اثنتين لم أخبُرْهما منه: يسبقُ حِلْمُه جهلَه، ولا يزيدُه شدَّة الجهلِ عليه إلا حِلْمًا. قال: فكنتُ أتلطَّف له لأنْ أُخالطه فأعرفَ حِلمه وجهله. فذكر قصة إسلافِهِ للنبيِّ ﷺ مالًا في ثمرة، قال: فلما حلَّ الأجل (٧) أتيتُه فأخذتُ بمجامع قميصه وردائه -وهو في جنازة مع أصحابه- ونظرتُ إليه بوجه غليظ، وقلت: يا محمد، ألا تقضيني حقي؟ فوالله ما علمتُكم بني عبد المطلب [إلَّا] لمُطُل (٨) ، قال: فنظر إليَّ عمر وعيناه تدورانِ في وجهه كالفلك
(١) "يتوكف الخبر": ينتظره، ويسأل عنه ويتوقعه. اللسان (وكف). (٢) في ح، ط: فيمن، والمثبت من سيرة ابن إسحاق وابن هشام والروض. (٣) كذا في ح، ط، وفي سيرة ابن هشام والروض: أخبار بالخاء المعجمة. (٤) انظر الجزء الثاني من الكتاب في قصة تبع أبي كرب. (٥) الدلائل لأبي نعيم (١/ ٩١) وما يأتي بين معقوفين منه والخبر في الدلائل مطوَّل. (٦) في ط: سَعْية. وهو على الصواب في ح والدلائل والروض؛ والضبط من الإكمال (٥/ ٦٦). قال السهيلي في الروض: (١/ ٢٤٩): ويقال في اسمه سَعْية بالياء، ولم يذكره الدارقطني إلا بالنون. المؤتلف والمختلف (٣/ ١٣٨٧). (٧) في دلائل أبي نعيم: فلما كان قبل محل الأجل بيومين أو ثلاثة. (٨) مُطُل: بضم الميم والطاء: جمع مَطُول قياسًا، وهو من المَطْل: التسويف والمدافعة بالعِدَة والدين. اللسان (مطل).

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