Rapporté par Aḥmad (1) d’après Yaʿqūb, lui-même le tenant de son père, celui-ci d’Ibn Isḥāq (2). Al-Bayhaqī (3) l’a également rapporté, via al-Ḥākim et sa chaîne de transmission, par l’intermédiaire de Yūnus ibn Bukayr. Abū Nuʿaym l’a rapporté dans « al-Dalāʾil » (4) d’après ʿĀṣim ibn ʿUmar ibn Qatāda, d’après Maḥmūd ibn Labīd, d’après Salama (5), qui a dit : « Il n’y avait parmi Banū ʿAbd al-Ashhal qu’un seul Juif appelé Yūshaʿ. Je l’ai entendu dire – alors que j’étais encore un garçon portant un izār – “L’avènement d’un Prophète, envoyé depuis la direction de cette Maison, est imminent.” Puis il pointa la main vers la Maison de Dieu et ajouta : “Que quiconque le verra croie en lui.” Lorsque le Messager de Dieu ﷺ parut, nous nous sommes convertis à l’islam. Il vivait parmi nous, mais lui ne se convertit pas par jalousie et par envie.
Nous avons déjà relaté le ḥadīth d’Abū Saʿīd le tenant de son père, à propos de ce Yūshaʿ, de son annonce de la venue du Messager de Dieu ﷺ, de sa description et de son signalement, ainsi que l’information donnée par al-Zubayr ibn Baṭā à propos de l’apparition de l’étoile lors de la naissance du Messager de Dieu ﷺ (6).
Ibn Isḥāq (7) a dit : « ʿĀṣim ibn ʿUmar ibn Qatāda m’a rapporté, d’après un cheikh issu des Banū Qurayẓa ; ce cheikh m’a demandé : “Sais-tu ce qui a motivé la conversion de Thaʿlaba ibn Saʿya, d’Asīd ibn Saʿya et d’Asad ibn ʿUbayd – tous trois membres des Banū Hadl, frères des Banū Qurayẓa, qui vivaient avec eux durant la période antéislamique, puis qui devinrent leurs chefs sous l’islam ?” Je répondis : “Non.” Le cheikh dit : “Un homme juif venant du pays de Syrie, surnommé Ibn al-Hayyabān, était venu s’installer parmi nous plusieurs années avant l’islam. Par Dieu, nous n’avions jamais vu personne accomplir les cinq prières de manière meilleure que lui. Il demeura chez nous. Quand nous étions frappés de sécheresse, nous lui disions : ‘Ô Ibn al-Hayyabān, sors et invoque la pluie pour nous.’ Il répondait : ‘Non, par Dieu, pas avant que vous n’offriez une aumône avant de sortir.’ Nous lui demandions : ‘Combien ?’ Il disait : ‘Un sâʿ de dattes ou deux mudd de blé.’ Nous l’apportions, puis il nous conduisait à l’extérieur de nos champs (8) pour invoquer la pluie en notre faveur. Par Dieu, il ne quittait pas l’endroit avant que les nuages n’apparaissent et que nous soyons arrosés. Il le fit plus d’une fois, plus de deux fois, voire plus de trois fois.” »