Puis on transmit (1) par la voie d’Abd al-Malik ibn Hârûn ibn ʿAntara (2), d’après son père, d’après son grand-père, d’après Saʿîd ibn Jubayr, d’après Ibn ʿAbbâs, qui dit : « Les Juifs de Khaybar combattaient Ghatafân et, chaque fois qu’ils s’affrontaient, les Juifs de Khaybar étaient vaincus. Alors ils invoquèrent Dieu en disant : “Ô Dieu, nous Te demandons, par le mérite de Muhammad, le Prophète illettré (3), que Tu nous as promis de faire surgir pour nous à la fin des temps, de nous accorder la victoire sur eux.” » Et il (Ibn ʿAbbâs) poursuivit : « Lorsqu’ils se retrouvaient sur le champ de bataille, ils prononçaient cette prière et battaient Ghatafân. Mais lorsque Dieu envoya effectivement le Prophète (ﷺ), ils le renièrent. C’est alors que Dieu – Exalté soit-Il – fit descendre : ﴿وَكَانُوا مِنْ قَبْلُ يَسْتَفْتِحُونَ عَلَى الَّذِينَ كَفَرُوا﴾ [al-Baqara : 89] (4). »
De la part dʿAṭiyya, on rapporte également un récit similaire d’après Ibn ʿAbbâs (5). De même, on rapporte de ʿIkrima, de sa propre parole, une version approchante. Ibn Isḥâq (6) déclara : « Ṣâliḥ ibn Ibrâhîm ibn ʿAbd al-Raḥmân ibn ʿAwf m’a raconté, d’après Maḥmûd ibn Labîd (7), d’après Salama ibn Salâma ibn Waqsh (8) – qui prit part à la bataille de Badr –, ce qui suit :
“Nous avions pour voisin, chez les Banû ʿAbd al-Ashhal, un homme juif. Un jour, il sortit de sa maison et s’arrêta devant les Banû ʿAbd al-Ashhal. Ce jour-là, j’étais le plus jeune de tous, étendu sur une fourrure devant la demeure familiale. Il se mit alors à parler de la Résurrection, du retour à la vie après la mort, du Jugement, de la Balance, du Paradis et de l’Enfer, à des gens polythéistes, idolâtres, qui ne concevaient pas qu’il puisse y avoir une Résurrection après la mort. Ils lui dirent : ‘Malheur à toi, un tel ! Crois-tu vraiment que cela se produira ? Que les humains ressusciteront après leur mort pour être conduits dans une demeure où se trouvent le Paradis et l’Enfer, et recevront la rétribution de leurs actes ?’ Il répondit : ‘Oui, par Celui auprès de qui l’on prête serment ! Et je souhaiterais pouvoir échanger la part qui m’incombe de ce Feu contre le plus grand four que vous puissiez chauffer dans votre maison, pour qu’on m’y plonge et qu’on le referme sur moi, et que je sois ainsi épargné de ce Feu, demain.’
Ils insistèrent : ‘Malheur à toi, un tel ! Quel est donc le signe avant-coureur de tout cela ?’ Il répliqua : ‘Un Prophète sera envoyé depuis les parages de ce pays-ci’ – et il désigna de la main la direction de La Mecque et du Yémen. Ils lui demandèrent : ‘Quand cela arrivera-t-il ?’ Il regarda alors dans ma direction, à moi qui étais le plus jeune, et dit : ‘Si ce garçon parvient à vivre tout son âge, il le verra.’ Salama ajouta : ‘Par Dieu, il ne s’est pas écoulé beaucoup de jours et de nuits avant que Dieu n’envoie Son Messager (ﷺ) qui vécut parmi nous. Nous avons cru en lui, tandis que le Juif, par jalousie et outrecuidance, refusa de croire. Nous lui avons dit : “Malheur à toi, un tel ! N’est-ce pas toi qui nous en parlais ?” Il répondit : “Oui, mais ce n’est pas lui.”’”