On ne fut pas empêché de cela par la projection d’étoiles, et le devin, homme ou femme, continuait parfois à mentionner certains aspects de Ses affaires, sans que les Arabes y prêtent grande attention, jusqu’à ce que Dieu, exalté soit-Il, l’eût envoyé. Les faits qu’ils énonçaient survinrent et ils les reconnurent. Puis, lorsque l’ordre du Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) fut proche et que l’époque de sa mission arriva, les diables furent empêchés d’entendre. On les écarta des sièges où ils s’installaient pour épier, et ils furent visés par ces projections d’étoiles. Les djinns comprirent alors (2) que cela résultait d’une nouvelle décision émanant de Dieu, glorifié soit-Il.
Il dit : « C’est à ce propos que Dieu a révélé à Son Messager (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) : “Dis : Il m’a été révélé qu’un groupe de djinns écouta et dit : ‘Nous avons certes entendu une Lecture étonnante (1) qui guide vers la droiture ; nous y avons cru et nous n’associerons plus personne à notre Seigneur.’” » [Sourate Les Djinns, 1-2], jusqu’à la fin de la sourate. Nous avons exposé l’interprétation complète de cela dans notre ouvrage de Tafsîr. De même pour Sa parole, exalté soit-Il : « (Et rappelle-toi) le moment où Nous dirigeâmes vers toi un groupe de djinns afin qu’ils écoutent le Coran. Lorsqu’ils s’y rendirent, ils se dirent : “Écoutez en silence !” Puis, lorsque la récitation fut terminée, ils retournèrent vers leur peuple en avertisseurs. Ils dirent : “Ô notre peuple, nous avons entendu un Livre qui a été révélé après Moïse, confirmant ce qui se trouvait déjà avant lui, et qui guide vers la vérité et vers un chemin droit.” » [Sourate Al-Ahqâf, 29-30]. Nous avons également mentionné dans cet ouvrage l’exégèse détaillée de ce passage.
Muhammad ibn Ishaq (3) a dit : « Ya‘qoub ibn ‘Outba ibn al-Moughira ibn al-Akhnas (4) m’a raconté que les premiers parmi les Arabes à avoir pris peur quand on vit ces étoiles lancées furent ce groupe de Thaqîf. Ils vinrent alors trouver un homme parmi eux, appelé ‘Amr ibn Oumayya, de la tribu des Banî ‘Ilâj, qui était le plus avisé des Arabes et le plus étonnant dans sa façon de penser (5). Ils lui dirent : “Ô ‘Amr, n’as-tu pas remarqué ce qui est apparu dans le ciel, ces jets d’étoiles ?” Il répondit : “Oui. Examinez donc : si ce sont les étoiles qui servent de repères et permettent de se diriger sur terre et en mer, celles grâce auxquelles on connaît les changements d’été et d’hiver et que les gens utilisent pour leurs activités, et qu’elles sont désormais lancées, alors par Dieu, c’est la fin du monde et la ruine de cette création. Si ce sont d’autres étoiles, et que ces premières demeurent intactes, il s’agit d’une affaire que Dieu destine à cette création. De quoi s’agit-il donc (6) ?” »
Ibn Ishaq (7) a encore rapporté : « Certains gens de savoir m’ont informé qu’une femme de la tribu des Banû Sahm, appelée Al-Ghaytala, était devineresse à l’époque de la Jâhiliya. Une nuit, son compagnon vint à elle et s’agita sous elle (8), puis il dit : “Adr mâ adr (9), le jour du sacrifice !.” »