Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Le Souverain nous a ainsi accordé par cela une grandeur… et c’est auprès de Dieu que l’on recherche la récompense (1).

Nous avons déjà mentionné, dans un chapitre précédent, comment Dieu préservait le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) des souillures de la période préislamique. On rapporte en effet qu’il transportait, avec son oncle al-‘Abbâs, des pierres. Or, lorsqu’il plaça son pagne sous ces pierres pour les porter sur son épaule, il lui fut interdit d’ôter son pagne, si bien qu’il le remit dans sa position première.

[Chapitre]
Ibn Isḥâq (3) a rapporté ce que Quraysh avaient instauré en se qualifiant eux-mêmes de « al-Ḥums », terme signifiant la fermeté et la dureté dans la religion. En effet, ils vénéraient avec excès le Sanctuaire sacré, au point de s’imposer de ne jamais en sortir la nuit de ‘Arafa. Ils déclaraient : « Nous sommes les enfants du Sanctuaire sacré et les résidents de la Maison de Dieu. » Ainsi, ils ne se tenaient pas à ‘Arafât, tout en sachant pourtant qu’il s’agissait d’un rite d’Ibrâhîm le Prophète (que la paix soit sur lui), afin de ne pas enfreindre la règle de l’innovation corrompue qu’ils avaient instituée.

Ils ne conservaient pas le lait en le transformant en caillé (4) ou en beurre, et n’asséchaient (5) aucune graisse lorsqu’ils étaient en état de sacralisation (iḥrâm). Ils n’entraient pas non plus sous une tente en poil et, s’ils devaient se mettre à l’ombre, ce ne pouvait être que sous une tente en cuir. Ils interdisaient aux pèlerins et aux visiteuses ou visiteurs de la ‘umra – tant qu’ils étaient en iḥrâm – de manger autre chose que la nourriture appartenant à Quraysh et ne les autorisaient à effectuer la circumambulation (6) qu’en revêtant les habits de Quraysh. Si quelqu’un ne trouvait pas de vêtement appartenant à l’un des « Ḥums » – c’est-à-dire Quraysh, leurs descendants et ceux de Kinâna ou de Khuza‘a qui s’étaient joints à eux –, il devait alors accomplir la circumambulation nu, même s’il s’agissait d’une femme.

C’est pourquoi, lorsqu’une femme devait malgré tout accomplir ce rite de la sorte, elle posait sa main sur sa partie intime et disait :

« Aujourd’hui, une partie ou la totalité de cela va se dévoiler, et ce qui se dévoile, je ne le rends pas licite » (7).

Si l’un de ceux qui disposaient d’un vêtement des Ḥums consentait à faire le ṭawâf avec son propre habit, il devait, dès qu’il terminait sa circumambulation, le rejeter et ne plus jamais en tirer profit ; nul, pas même lui, ne pouvait plus y toucher. Les Arabes qualifiaient alors ce genre de vêtements de « luqâ » (vêtements abandonnés). Un poète a dit :

« Assez de chagrin ! Je reviens sur lui comme s’il s’agissait d’un vêtement abandonné devant la foule qui tourne autour, devenu sacré. »

(1) Dans la version H, nous l'avons recherché, et cela est confirmé par la version Ṭ ainsi que par la Sīra. (2) Dans la version Ṭ : « yuḥīṭ » (entoure), et cela est confirmé par la version H. Le passage mentionné se trouve à la page 75 de ce volume. (3) Sīra d'Ibn Isḥāq (pp. 80-82) et Sīra d'Ibn Hichām (vol. 1, pp. 199-203). (4) Al-'Aqṭ, et il est dit avec trilitération de la hamza et quaf sukun : un produit obtenu à partir de lait caillé, cuisiné puis laissé à fermenter. Al-Lisān (al-'Aqṭ). (5) « Sala'a al-samn yaslā'uhu » : le fait de le cuire et de le traiter pour dissoudre son beurre. Al-Lisān (Sala'a). (6) Ainsi dans les versions H et Ṭ ; il se pourrait que la correction soit : « et qu’ils ne tournent pas autour ». (7) Dans la version Ṭ : « Et après ce jour, je ne le permets pas », et cela est confirmé par la version H ainsi que par les Sīra d'Ibn Isḥāq et d'Ibn Hichām.
فَبَوّأَنا المليكُ بذاكَ عِزًّا … وعند اللهِ يُلْتَمَسُ (١) الثوابُ وقد قدَّمنا في فصل ما كان الله يحفظ (٢) به رسول الله ﷺ من أقذار الجاهلية، أنه كان هو والعباس عمُّه ينقلانِ الحجارة، وأنه (رحمهم الله) لما وضع إزارَه تحت الحجارة على كتفه نُهي عن خلْع إزاره، فأعادَه إلى سيرته الأولى. [فصل] وذكر ابن إسحاق (٣) ما كانت قريش ابتدعوه في تسميتهم الحُمْس، وهو الشِّدَّة في الدِّين والصلابة. وذلك لأنهم عظَّموا الحَرَم تعظيمًا زائدًا، بحيث التزموا بسببه أنْ لا يخرجوا منه ليلةَ عَرَفة، وكانوا يقولون: نحن أبناءُ الحَرَم وقُطَّان بيتِ الله. فكانوا لا يقِفُون بعَرَفات، مع عِلْمهم أنها من مشاعِرِ إبراهيم الخليل (عليه السلام) ، حتى لا يخرجوا عن نظامِ ما كانوا قرَّرُوه من البِدْعَةِ الفاسدة. وكانوا لا يدَّخِرُونَ من اللَّبَنِ أَقِطا (٤) ولا سمْنًا ولا يَسْلَؤُون (٥) شَحْمًا وهم حُرُم. ولا يدخلونَ بيتًا من شعر، ولا يستظِلُّون إن استظلُّوا إلا ببيتٍ من أدم. وكانوا يمنعون الحَجيج والعُمَّار -ما داموا مُحْرِمين- أنْ يأكلوا إلا من طعام قريش، ولا يطوفوا (٦) إلا في ثياب قريش، فإنْ لم يجدْ أحدٌ منهم ثوبَ أحدٍ من الحُمْس -وهم قريش وما وَلَدُوا، ومَنْ دخل معهم من كِنانة وخُزَاعة- طاف عُرْيانًا، ولو كانتِ امرأة، ولهذا كانتِ المرأةُ إذا اتفق طوافُها لذلك وضعتْ يدها على فَرْجها وتقول: [من الرجز] اليومَ يَبْدُو بعضُه أو كلُّه … وما بَدَا منه فلا أُحِلُّه (٧) فإنْ تكرَّم أحدٌ ممن يجد ثوبَ أحمسي، فطاف في ثياب نفسه فعليه إذا فرغ من الطواف أن يُلْقِيَها فلا ينتفع بها بعد ذلك، وليس له ولا لغيره أنْ يَمَسَّها. وكانت العربُ تسمِّي تلك الثياب اللُّقَى، قال بعضُ الشعراء: [من الطويل] كفى حَزَنًا كَرِّي عليهِ كأنَّه … لُقًى بين أيدي الطائفين حَرِيمُ
(١) في ح نلتمس، والمثبت من ط والسيرة. (٢) في ط: يحوط، والمثبت من ح. والفصل المذكور يقع في (ص ٧٥) من هذا الجزء. (٣) سيرة ابن إسحاق (ص ٨٠ - ٨٢) وسيرة ابن هشام (١/ ١٩٩ - ٢٠٣). (٤) الأقط، ويقال بتثليث الهمزة وسكون القاف: شيء يُتخذ من اللبن المخيض، يُطبخ ثم يترك حتى يمصُل. اللسان (أقط). (٥) "سلأ السمن يَسْلَؤه": طبخه وعالجه فأذاب زُبْدَه. اللسان (سلأ). (٦) كذا في ح، ط ولعل الصواب: وألا يطوفوا. (٧) في ط: وبعد هذا اليوم لا أُحِلُّه، والمثبت من ح وسيرة ابن إسحاق وسيرة ابن هشام.

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies