Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Ibn Ishaq (1) a dit : « À l’époque du Prophète ﷺ, la Kaʿba mesurait dix-huit coudées de hauteur. On la recouvrait de qibaṭî (2), puis plus tard de burud (pièces d’étoffes). Le premier à l’avoir recouverte de dîbâj (brocart) fut al-Ḥajjâj ibn Yûsuf (3). »

Je (l’auteur) dis : Ils en avaient retiré la partie appelée al-Ḥijr, qui mesure six ou sept coudées du côté du Shâm ; leurs finances étant insuffisantes, ils n’avaient pu la rebâtir sur les fondations d’Ibrâhîm. Ils attribuèrent alors à la Kaʿba une unique porte à l’est et la surélevèrent, afin que tout le monde ne puisse y pénétrer, et que seuls ceux qu’ils jugeaient dignes puissent entrer, tandis qu’ils en interdisaient l’accès aux autres.

Il est établi dans les deux Ṣaḥîḥ (4), d’après ʿÂʾisha (qu’Allâh l’agrée), que le Messager d’Allâh ﷺ lui dit : « Ne vois-tu pas que ton peuple a manqué de ressources ? Sans la récente conversion de ton peuple, j’aurais démoli la Kaʿba, je lui aurais donné une porte à l’est et une autre à l’ouest, et j’y aurais inclus al-Ḥijr. »

C’est pourquoi, quand Ibn al-Zubayr en eut la possibilité, il la reconstruisit selon l’indication du Messager d’Allâh ﷺ, et l’édifice parvint à un état de beauté, d’harmonie et de dignité incomparable, parfaitement érigé sur les fondations du Prophète Ibrâhîm. Il y plaça deux portes, au niveau du sol, l’une à l’est et l’autre à l’ouest, si bien que les gens entraient par l’une et sortaient par l’autre. Mais lorsque al-Ḥajjâj tua Ibn al-Zubayr, il informa ʿAbd al-Malik ibn Marwân — calife à ce moment-là — de ce qu’avait fait Ibn al-Zubayr, et ils crurent qu’il l’avait entrepris de son propre chef. ʿAbd al-Malik ordonna alors de la rétablir dans son état précédent. Ils s’attaquèrent donc au mur septentrional, le démolirent (5) et en retirèrent al-Ḥijr. Ils disposèrent ses pierres dans l’enceinte de la Kaʿba, le seuil de sa porte redevint surélevé (6), et ils murèrent la porte occidentale, maintenant l’est comme elle était. Plus tard, au temps du calife al-Mahdî — ou de son fils al-Manṣûr —, on consulta Mâlik au sujet de la possibilité de la rétablir dans l’état où l’avait mise Ibn al-Zubayr. Mâlik (qu’Allâh lui fasse miséricorde) répondit : « Je crains que les rois ne s’en servent de jeu et ne la modifient au gré de leurs humeurs. » On la laissa donc telle qu’elle est restée jusqu’à nos jours.

Quant à la Mosquée sacrée : le premier à avoir fait reculer les maisons qui entouraient la Kaʿba fut ʿUmar ibn al-Khaṭṭâb (qu’Allâh l’agrée). Il en fit l’acquisition auprès de leurs propriétaires, puis les démolit. Plus tard, ʿUthmân en acheta d’autres et agrandit l’enceinte. Et quand Ibn al-Zubayr parvint au pouvoir, il consolida l’édifice

(1) Sīra d’Ibn Hichām (1/198). (2) « Al-Qubāṭī » : pluriel de qubṭiyya, ce sont des vêtements en lin blanc très fins fabriqués en Égypte, dérivés du terme qubṭ (copte), qui est attribué au Coptique de manière non conforme à la mesure. Al-Lisān (Qubṭ). (3) Al-Suhaylī rapporte, au sujet d’Al-Zubayr b. Bakār dans al-Rawḍ (1/224), qu’Ibn al-Zubayr l’a revêtue d’une soie fine (dibāj) avant al-Ḥajjāj. (4) Fath al-Bārī (126) : Le chapitre « Celui qui abandonne une partie du choix » (1583, 1584, 1585, 1586), le chapitre sur la mé mérite de La Mecque et sa construction dans la section pèlerinage, et (3368) chapitre des prophètes (10), (4484) interprétation du verset « Et quand Abraham élevait les fondements » ; ainsi que (7243) le chapitre sur le souhait (tamannī) concernant ce qui est permis en alterner. Et Ṣaḥīḥ Muslim (1333) (398-404) : chapitre sur la démolition et la reconstruction de la Kaʿba. (5) C’est ainsi dans la version manuscrite et imprimée, mais l’expression ne correspond pas à son sens littéral. Je dis : peut-être signifient-ils qu’ils l’ont réduite en morceaux comme des cailloux, ou la forme correcte devrait être : « faḥṣaḥūh » ; du verbe ḥaṣḥaṣa signifiant fouiller (la terre, etc.) en remuant à droite et à gauche. Ou « faḥaṣūh » dérivé du verbe faḥṣ, qui signifie examiner, rechercher ; comme la pluie qui retourne et éparpille la terre. Al-Lisān (Ḥimṣ, faḥṣ, ḥaṣī). (6) C’est ainsi dans la version manuscrite et dans l’édition imprimée : « bābāhā ».
قال ابن إسحاق (١) : وكانتِ الكعبة على عهد النبي ﷺ ثماني عشرة ذراعًا، وكانت تُكْسى القَبَاطيّ (٢) ، ثم كُسيت بعدُ البُرود. وأول مَنْ كساها الديباج الحجَّاج بن يوسف (٣) . قلت: وقد كانوا أخرجوا منها الحِجْر -وهو ستة أذرع أو سبعة أذرع من ناحية الشام- قصَّرت بهم النفقة، أي: لم يتمكَّنُوا أن يبنوه علىِ قواعد إبراهيم، وجعلوا للكعبة بابًا واحدًا من ناحية الشرق، وجعلوه مرتفعًا لئلا يدخل إليها كل أحد فَيُدخلوا من شاؤوا ويمنعوا من شاؤوا. وقد ثبت في "الصحيحيْن" (٤) عن عائشة (عليه السلام) ، أنَّ رسول الله ﷺ قال لها: "ألم تريْ أنَّ قومَكِ قصَّرَتْ بهم النَّفَقَة، ولولا حِدْثانُ قومِكِ بكُفْر لنقضْتُ الكعبةَ، وجعلتُ لها بابًا شرقيًا وبابا غربيًّا، وأدخلتُ فيها الحِجْر" . ولهذا لما تمكَّن ابنُ الزُّبير بناها على ما أشار إليه رسولُ الله ﷺ ، وجاءتْ في غاية البهاء والحُسْن والسناء كاملة على قواعد الخليل، لها بابان ملصقان بالأرض شرقيًا وغربيًا، يدخلُ الناس من هذا ويخرجونَ من الآخر. فلما قَتَل الحجَّاجُ ابنَ الزبير كتب إلى عبد الملك بن مروان -وهو الخليفة يومئذ- فيما صنعه ابنُ الزبير، واعتقدوا أنَّهُ فعل ذلك من تلقاء نفسه. فأمر بإعادتها إلى ما كانت عليه، فعمدوا إلى الحائط الشامي، فحصوه (٥) وأخرجوا منه الحِجْر، ورصُّوا حجارته في أرض الكعبة، فارتفع بابُها (٦) ، وسدُّوا الغربي، واستمرَّ الشرقيُّ على ما كان عليه، فلما كان في زمن المهدي -أو ابنه المنصور- استشار مالكًا في إعادتها على ما كان صنعه ابنُ الزبير، فقال مالكٌ (رحمه الله) : إني أكره أن يتَّخذها الملوك مَلْعَبة، فتركها على ما هي عليه. فهي إلى الآن كذلك. وأما المسجد الحرام: فأول من أخَّرَ بُنيانَ البيوتِ من حول الكعبة عمرُ بن الخطاب (رضي الله عنه) ، اشتراها من أهلها وهدمها، فلما كان عثمان اشترى دُورًا وزادها فيه؛ فلما ولي ابنُ الزبير أحكم
(١) سيرة ابن هشام (١/ ١٩٨). (٢) "القباطي": جمع قُبْطِيَّة، وهي ثياب كتان بيض رقاق تعمل بمصر، وهي منسوبة إلى القِبْط على غير قياس. اللسان (قبط). (٣) ذكر السهيلي عن الزبير بن بكار في الروض (١/ ٢٢٤) أن ابن الزبير كساها الديباج قبل الحجاج. (٤) فتح الباري (١٢٦) العلم باب من ترك بعض الاختيار (١٥٨٣، ١٥٨٤، ١٥٨٥، ١٥٨٦) الحج باب فضل مكة وبنيانها و (٣٣٦٨) الأنبياء باب (١٠) و (٤٤٨٤) التفسير باب قوله تعالى: "وإذ يرفع إبراهيم القواعد" و (٧٢٤٣) التمني باب ما يجوز من اللوّ. وصحيح مسلم (١٣٣٣) (٣٩٨ - ٤٠٤) الحج باب نقض الكعبة وبنائها. (٥) كذا في ح، ط ولم يتجه لي معناه بهذا اللفظ. قلت: لعل معناه جعلوه مفتتًا كالحصى، أو أن الصواب فيه: فحصْحَصُوه. من حَصْحَصَ التراب وغيره. إذا حرَّكته وفحصته يمينًا وشمالًا. أو فحَصُوه من الفحص وهو البحث، وفحص المطر التراب قلبه ونحّى بعضه عن بعض. اللسان (حمص، فحص، حصي). (٦) كذا في ح وفي ط: باباها.

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