Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Un serpent s’était enroulé autour de la Maison (la Kaʿba), sa tête rejoignant sa queue. Les gens en éprouvèrent une grande frayeur et craignirent, à cause de leurs actes, de tomber en perdition. La Kaʿba représentait pour eux un refuge et une protection contre les gens, ainsi qu’une source de fierté. Lorsqu’ils furent désemparés et que la situation leur parut confuse, al-Mughīra ibn ʿAbd Allāh ibn ʿUmar (1) de la tribu de Makhzūm se leva parmi eux et leur rappela les conseils qu’il leur avait donnés : ne pas se quereller ni se jalouser au sujet de sa reconstruction, la diviser en quatre parties et ne pas y employer de biens illicites.

Il raconta que, lorsqu’ils prirent cette décision, le serpent disparut dans le ciel et s’éloigna d’eux. Ils considérèrent cet événement comme un signe de Dieu – Exalté soit-Il –. Il dit aussi : « Certains affirment qu’un oiseau l’aurait alors saisi et l’aurait jeté vers Ajyād (2). »

Muhammad ibn Isḥāq ibn Yasār (3) rapporte : « Lorsque le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) atteignit l’âge de trente-cinq ans, Quraych se réunirent pour rebâtir la Kaʿba. Ils avaient l’intention de la couvrir d’un toit, mais ils redoutaient toutefois de la démolir, car elle n’était édifiée que de pierres entassées (4), à hauteur d’homme. Ils voulaient donc la surélever et la recouvrir. La raison en était qu’un groupe avait volé le trésor de la Kaʿba, lequel se trouvait au fond d’un puits creusé dans l’enceinte de l’édifice (5). Celui chez qui l’on découvrit le trésor se nommait Duweyk, un affranchi des Banū Mulayḥ ibn ʿAmr, issus de Khuzāʿa ; Quraych lui coupèrent la main, tout en prétendant que les véritables voleurs avaient déposé le trésor chez lui (6). »

Par ailleurs, une épave avait été rejetée par la mer jusqu’à Jeddah ; il s’agissait d’un navire appartenant à un marchand byzantin, qui s’était fracassé. On en récupéra le bois, destiné à recouvrir la Kaʿba. Al-Umawī déclara : « Ce navire appartenait à César, roi des Romains. Il transportait pour lui du marbre, du bois et du fer servant à la construction. César l’avait envoyé, sous la responsabilité de Bāqūm le Romain, à l’église que les Perses avaient incendiée en Abyssinie. Lorsque le navire atteignit le port de Jeddah, Dieu envoya un vent qui le détruisit. »

Ibn Isḥāq (7) poursuit : « Il y avait alors à la Mecque un charpentier copte, si bien qu’ils se sentirent capables d’entreprendre certains travaux nécessaires à la réparation de la Kaʿba. » Un serpent sortait chaque jour du puits de la Kaʿba, puits dans lequel on jetait ce qui lui était offert. Le reptile se réchauffait (8) sur le mur de la Kaʿba ; il inspirait la crainte, car personne n’osait s’approcher de lui sans le voir se contracter, siffler (9) et ouvrir grand sa gueule.

(1) Dans la version Ṭ, al-Mughīrah ibn ʿAbd Allāh ibn ʿAmr ibn Mukhzūm, attesté dans ʿUyūn al-Athar (1/52), Jumhūrat al-Nasab d'Ibn al-Kalbi (1/264), al-Muḥabbir (p. 84, 132, 139) et Jumhūrat al-Ansāb d'Ibn Ḥazm (p. 144). (2) Ajyād : apparemment le pluriel de Jayyid, signifiant « cou » ; emplacement à La Mecque, près de Ṣafā. Voir Maʿjam al-Buldān (1/105). (3) Sīrah d'Ibn Isḥāq (p. 83-84), où le récit est détaillé ; il semble que l’auteur l’a repris de la Sīrah d'Ibn Hishām (1/192-193). (4) « al-Raḍm » : rochers entassés les uns sur les autres. Voir al-Nihāyah (2/231) (radm). (5) Dans la version Ṭ, le verbe « yakūn » est omis, alors qu'il est maintenu dans la version Ḥ et dans la Sīrah d'Ibn Hishām. (6) Dans la version Ḥ : « al-ladhī » (« celui qui »). (7) Sīrah d'Ibn Isḥāq (p. 83-84) et Sīrah d'Ibn Hishām (1/193). (8) Dans la version Ḥ : « fatatasharraf », dans Ṭ : « fatasharraf », dans la Sīrah d'Ibn Isḥāq : « fatashruq » ; la lecture confirmée est issue de la Sīrah d'Ibn Hishām et al-Rawḍ. « at-tasharraq » désigne le lever du soleil lorsqu’il est saisi par la fraîcheur de l’aube. Voir al-Lisān (ch. « sharq ») et al-Ḥayawān d'al-Jāḥiẓ (4/39, 6/55). (9) « Iḥzalţat » : a monté en hauteur et s’est rassemblée. Expression « kashshat al-ʿafā » ou « kashīsh » : le bruit de la peau du serpent lorsqu’elle se frotte contre elle-même. Voir al-Lisān (ḥazl, kashsh).
حيَّةً قد أحاطتْ بالبيت، رأسُها عند ذنبها، فأشفقوا منها شفقةً شديدة، وخَشُوا أن يكونوا قد وقعوا مما عمِلُوا في هَلَكة. وكانت الكعبة حرزَهم ومنعتَهم من الناس، وشرفًا لهم. فلما سُقط في أيديهم، والتبس عليهم أمْرُهم قام فيهم المغيرةُ بن عبد الله بن عمر (١) بن مَخْزوم، فذكر ما كان من نُصْحه لهم وأمْرِه إياهم أنْ لا يتشاجروا ولا يتحاسدوا في بنائها، وأنْ يقتسموها أربعًا، واْنْ لا يُدخلوا في بنائها مالًا حرامًا. وذكر أنهم لما عزموا على ذلك ذهبتِ الحيَّةُ في السماء وتغيَّبَتْ عنهم، ورأوا أنَّ ذلك من الله – Exalté soit-Il – . قال: ويقول بعض الناس: إنه اختطفها طائر وألقاها نحو أجْياد (٢) . وقال محمد بن إسحاق بن يسار (٣) : فلما بلغ رسولُ الله ﷺ خمسًا وثلاثين سنةً، اجتمعتْ قريش لبناء الكعبة، وكانو يهمُّون بذلك ليسقفوها، ويهابون هَدْمها، وإنما كانتْ رَضْمًا (٤) فوق القامة، فأرادوا رفعها وتسقيفها، وذلك أنَّ نفرًا سرقوا كنز الكعبة، وإنما كان يكون (٥) في بئرٍ في جَوْف الكعبة؛ وكان الذي وجد عنده الكنز دُويك، مولى لبني مُلَيح بن عمرو من خُزَاعة، فقطعتْ قريش يده، وتزعم قريش أنَّ الذين (٦) سرقوه وضعوه عند دويك. وكان البحر قد رمى بسفينةٍ إلى جُدَّة، لرجلٍ من تجار الروم، فتحطمت، فأخذوا خشَبَها فأعدُّوه لتسقيفها. قال الأموي: كانت هذه السفينةُ لقيصر ملك الرُّوم، تحمل له آلاتِ البناء من الرُّخام والخشَب والحديد، سرَّحها قيصر مع بَاقُوم الرُّومي إلى الكنيسةِ التي أحرقها الفُرْس للحبشة، فلما بلغتْ مرساها من جُدَّة بعث الله عليها ريحًا فحطَّمَتْها. قال ابن إسحاق (٧) : وكان بمكة رجلٌ قِبْطِيٌّ نجَّار، فتهيَّأ لهم في أنفسهم بعضُ ما يُصلحها. وكانت حيَّةٌ تخرج من بئر الكعبة التي كان يُطرح فيها ما يُهدى إليها كلَّ يوم، فتتشرَّقُ (٨) على جدار الكعبة، وكانت مما يهابون، وذلك أنه كان لا يدنو منها أحد إلا احْزألَّتْ وكشَّتْ (٩) وفتحتْ فاها، فكانوا
(١) في ح، ط: المغيرة بن عبد الله بن عمرو بن مخزوم، والمثبت من عيون الأثر (١/ ٥٢) وجمهرة النسب لابن الكلبي (١/ ٢٦٤) والمحبر (ص ٨٤، ١٣٢، ١٣٩) وجمهرة الأنساب لابن حزم (ص ١٤٤). (٢) أجياد: كأنه جمع جيد وهو العنق، موضع بمكة يلي الصفا. معجم البلدان (١/ ١٠٥). (٣) سيرة ابن إسحاق (ص ٨٣، ٨٤) وفيه الخبر مطول، ويبدو أن المصنف نقله من سيرة ابن هشام (١/ ١٩٢، ١٩٣). (٤) "الرَّضم": صخور بعضها على بعض. النهاية (٢/ ٢٣١) (رضم). (٥) سقطت "يكون" من ط، وهي ثابتة في ح وسيرة ابن هشام. (٦) في ح: الذي. (٧) سيرة ابن إسحاق (ص ٨٣، ٨٤) وسيرة ابن هشام (١/ ١٩٣). (٨) في ح: فتتشرف وفي ط: فتشرف، وفي سيرة ابن إسحاق: فتشرق، والمثبت من سيرة ابن هشام والروض. والتشرّق؛ الظهور للشمس حينما يدركها برد السحر. اللسان (شرق) والحيوان للجاحظ (٤/ ٣٩، ٦/ ٥٥). (٩) "احزألَّت": ارتفعت واجتمعت. كشت الأفعى كشًا وكشيشًا: وهو صوت جلدها إذا حكت بعضها ببعض. اللسان (حزل، كشش).

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