Ibn Jarîr (1), Ibn al-Jawzî et d’autres ont évoqué ce sujet. Ibn Jarîr (2) a dit : « Après la Plume (al-qalam) vient le nuage subtil, puis après celui-ci, le Trône (al-ʿarsh). » Ils se sont appuyés sur le hadith rapporté par l’Imam (3) Ahmad, ainsi que par Abou Dâoûd et at-Tirmidhî (4), d’après ʿUbâda ibn aṣ-Ṣâmit (qu’Allah l’agrée), qui rapporte : « Le Messager d’Allah (que la prière et la paix soient sur lui) a dit : “La première chose qu’Allah a créée fut la Plume. Puis Il lui a dit : ‘Écris !’ Et elle a alors consigné, à ce moment précis, tout ce qui adviendra jusqu’au Jour de la Résurrection.” » C’est la formulation d’Ahmad. At-Tirmidhî a commenté : « C’est un hadith bon, authentique et rare (gharîb) » (5).
Or, la majorité des savants, dont l’avis est rapporté par le hâfiẓ Abou al-ʿAlâ’ al-Hamadhânî et d’autres, soutient que le Trône a été créé avant cela. C’est également ce qu’Ibn Jarîr (6) a rapporté d’après la chaîne de transmission reliant aḍ-Ḍaḥḥâk à Ibn ʿAbbâs, et c’est confirmé par le hadith rapporté par Mouslim dans son Ṣaḥîḥ. Mouslim relate en effet, d’après Abou Ṭâhir Aḥmad ibn ʿAmr ibn as-Sarraḥ, qui a dit : « Ibn Wahb nous a transmis, disant qu’Abou Hânî’ al-Khawlânî le tenait d’Abou ʿAbd ar-Raḥmân al-Ḥubulî (7), qui le tenait de ʿAbd Allâh ibn ʿAmr ibn al-ʿÂṣ : “J’ai entendu le Messager d’Allah (que la prière et la paix soient sur lui) dire : ‘Allah a écrit les destinées des créatures cinquante mille ans avant qu’Il ne crée les cieux et la terre, et Son Trône était alors sur l’eau.’” (8) » Ils ont expliqué que ce « décret » correspond à l’inscription au moyen de la Plume de toutes les mesures (maqdâr) relatives à la création.
Ce hadith montre que cela (l’ordre d’écrire) est intervenu après la création du Trône. Ainsi, il est établi que le Trône est antérieur à la Plume qui a servi à écrire les décrets, conformément à l’avis de la majorité. Le hadith de la Plume s’interprète donc comme voulant dire que celle-ci est le premier être créé de ce monde-ci. Cette interprétation est corroborée par un hadith rapporté par al-Bukhârî (9), selon ʿImrân ibn Ḥuṣayn qui dit : « Les habitants du Yémen dirent au Messager d’Allah (que la prière et la paix soient sur lui) : “Nous sommes venus à toi…” »