Suis donc la religion de celui qui a établi la fondation – et dont le mérite l’emportait sur celui des gens. Il construisit à La Mecque un édifice solidement établi, où, dans l’obscurité, brillaient des lampes. Il en fit un lieu de recours pour l’ensemble des tribus, vers lequel se hâtent les caravanes de chamelles au trot rapide, élancées comme des flèches dans leurs trajets nocturnes, avec des aromates suspendus à leurs chevilles.
Et, parmi ses poèmes tels que les rapporte Abou al-Qassim as-Souhaylî dans son « Rawdh » (3) – sur le mètre al-basit –, on trouve ces vers :
« Certes, j’ai conseillé des peuples et je leur ai dit :
Je suis l’avertisseur ; que nul ne vous trompe.
N’adorez aucun dieu en dehors de votre Créateur ;
Et si on vous y convie, répondez : “Une limite se dresse entre nous.”
Gloire à Celui qui possède le Trône ; une gloire qui lui revient
Depuis longtemps ; avant nous, al-Jûdî et al-Jumud l’ont déjà glorifié.
Tout ce qui se tient sous le ciel est soumis à Sa puissance ;
Nul ne pourrait faire front à Sa souveraineté.
Rien de ce que nous voyons ne conserve son éclat ;
Dieu seul demeure, tandis que s’en vont la fortune et les enfants.
Les trésors de Hurmuz ne l’ont pas sauvé un seul jour ;
La tribu de ‘Ad avait convoité l’immortalité, mais ne subsista point.
Pas même Salomon, alors que les vents le portaient
Et que djinns et hommes allaient et venaient sous son ordre.
Où sont les rois, dont la puissance majestueuse
Attirait vers eux, de toute direction, des délégations ?
Il est là un bassin auquel nul ne manque de venir ;
Ils l’ont visité, et vous y viendrez aussi un jour sans doute. »
Puis l’on dit : « C’est ainsi qu’Abou al-Faraj en attribua la composition à Waraqah. »
Et l’on mentionne : « Parmi ces vers, certains sont également attribués à Oumayya ibn Abi as-Salt. »
J’ai ajouté : « Nous avons transmis qu’il arrivait parfois à l’émir des Croyants, ‘Omar ibn al-Khattâb – que Dieu l’agrée – de se référer à certains de ces vers. Dieu le sait mieux. »