Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Suis donc la religion de celui qui a établi la fondation – et dont le mérite l’emportait sur celui des gens. Il construisit à La Mecque un édifice solidement établi, où, dans l’obscurité, brillaient des lampes. Il en fit un lieu de recours pour l’ensemble des tribus, vers lequel se hâtent les caravanes de chamelles au trot rapide, élancées comme des flèches dans leurs trajets nocturnes, avec des aromates suspendus à leurs chevilles.

Et, parmi ses poèmes tels que les rapporte Abou al-Qassim as-Souhaylî dans son « Rawdh » (3) – sur le mètre al-basit –, on trouve ces vers :

« Certes, j’ai conseillé des peuples et je leur ai dit :
Je suis l’avertisseur ; que nul ne vous trompe.
N’adorez aucun dieu en dehors de votre Créateur ;
Et si on vous y convie, répondez : “Une limite se dresse entre nous.”
Gloire à Celui qui possède le Trône ; une gloire qui lui revient
Depuis longtemps ; avant nous, al-Jûdî et al-Jumud l’ont déjà glorifié.
Tout ce qui se tient sous le ciel est soumis à Sa puissance ;
Nul ne pourrait faire front à Sa souveraineté.
Rien de ce que nous voyons ne conserve son éclat ;
Dieu seul demeure, tandis que s’en vont la fortune et les enfants.
Les trésors de Hurmuz ne l’ont pas sauvé un seul jour ;
La tribu de ‘Ad avait convoité l’immortalité, mais ne subsista point.
Pas même Salomon, alors que les vents le portaient
Et que djinns et hommes allaient et venaient sous son ordre.
Où sont les rois, dont la puissance majestueuse
Attirait vers eux, de toute direction, des délégations ?
Il est là un bassin auquel nul ne manque de venir ;
Ils l’ont visité, et vous y viendrez aussi un jour sans doute. »

Puis l’on dit : « C’est ainsi qu’Abou al-Faraj en attribua la composition à Waraqah. »

Et l’on mentionne : « Parmi ces vers, certains sont également attribués à Oumayya ibn Abi as-Salt. »

J’ai ajouté : « Nous avons transmis qu’il arrivait parfois à l’émir des Croyants, ‘Omar ibn al-Khattâb – que Dieu l’agrée – de se référer à certains de ces vers. Dieu le sait mieux. »

(1) « Al-ʿamalāt al-ṭalāʾiḥ » : les chameaux rapides que le cavalier pousse au maximum et fatigue. « wa takhabb » : dérivé de khabbab, qui signifie la rapidité dans la course. Dans le manuscrit : takhaff. Il est pris dans ce sens. (Lisan al-ʿarab, sous les entrées ṭalaḥ, ʿamal, khabbab). (2) « Ḥarājīj » : pluriel de ḥurjūj et ḥurjīj, désignant la chamelle élancée. Et « al-sarāʾiḥ » : le pluriel de « al-surḥ », qui sont les semelles des chamelles, ou bien, selon d’autres, les lanières des semelles, chaque lanière étant appelée « sariḥa ». Il est aussi dit que ce sont les lanières avec lesquelles on fixait les sandales. (Lisan al-ʿArab, sous les entrées ḥaraj, surḥ). (3) Al-Rawḍ al-ʾAnf (1/217). (4) L’invocation ḥaddad est dite « muḥarrika », c’est-à-dire fausse. Et l’injonction ḥaddad est faussement interdite, il n’est pas licite qu’elle soit accomplie. (At-Tāj, sous l’entrée ḥaddad). Dans Al-Rawḍ on trouve la variante « jadad » avec un jīm ‘écrit avec l’ajamīya’ (lettre étrangère). (5) « Al-Jūdī » : montagne dominant l’île d’Ibn ʿUmar, à l’est du Tigre dans la région de Mossoul. (Muʿjam al-Buldān, 2/179). Quant à al-Jamad, avec deux ḍammas, c’est une montagne des Banū Naṣr au Najd. (Muʿjam al-Buldān, 2/161) ainsi que les vers à ce sujet. Ce vers est attribué à Umayya ibn Abī al-Ṣalt comme il sera indiqué, et il figure dans son Dīwān (p. 376) avec son commentaire. (6) Ainsi dans le manuscrit et dans le Muʿjam al-Buldān, et dans Ṭ et al-Rawḍ : mard.
فمتَّبِعٌ دينَ الذي أسَّسَ البِنَا … وكانَ له فضلٌ على الناسِ راجحُ وأسَّسَ بُنْيانًا بمكَّةَ ثابتًا … تلألأَ فيه بالظلامِ المصابحُ مَثابًا لأفناء القبائلِ كلِّها … تَخُبُّ إليهِ اليَعْمُلاتُ الطلائحُ (١) حَرَاجِيجُ أمثالُ القِدَاحِ من السُّرَى … يُعَلَّقُ في أرساغِهِنَّ السَّرائِحُ (٢) ومن شعره فيما أورده له أبو القاسم السُّهَيْلي في "روضه" (٣) : [من البسيط] لقد نصحتُ لأقوامٍ وقلتُ لهم: … أنا النذيرُ فلا يغررْكُمُ أحَدُ لاتعبُدُنَّ إلَهًا غيرَ خالقِكم … فإنْ دعَوْكم فقولوا بيْننا حَدَدُ (٤) سُبْحان ذي العرشِ سُبْحانًا يدومُ له … وقَبْلَنَا سبَّحَ الجُوديُّ والجُمُدُ (٥) مسخَّرٌ كلُّ ما تحتَ السماءِ له … لا ينبغي أن يناوي ملكَهُ أحَدُ لا شيء مما نَرى تبقى بَشاشَتُه … يَبْقَى الإلَهُ ويُودي المالُ والولَدُ لم تُغنِ عن هُرمْزٍ يومًا خَزائنُهُ … والخُلْدَ قد حاولتْ عادٌ فما خلَدُوا ولا سليمانُ إذْ تجري الرِّياحُ به … والجِنُّ والإنْسُ فيما بينها تردُ (٦) أينَ الملوكُ التي كانتْ لِعِزَّتِها … من كلِّ أوبٍ إليها وافدٌ يَفِدُ حوضٌ هنالك مورودٌ بلا كَذبٍ … لا بدَّ من وِردِه يومًا كما وَرَدُوا ثم قال: هكذا نسبه أبو الفرج إلى وَرَقَة. قال: وفيه أبياتٌ تُنسب إلى أُميَّة بن أبي الصَّلْت. قلت: وقد رَوينا عن أمير المؤمنين عمرَ بنِ الخطاب (رضي الله عنه) أنه كان يستشهد في بعض الأحيان بشيءٍ من هذه الأبيات، فالله أعلم.
(١) "اليعملات الطلائح": النوق السريعة التي جَهَدَها السير وأهزلها. "وتخبُّ": من الخَبَب، وهو السرعة في العدو. وفي ح: تخف. وهو بمعناه. اللسان (طلح، عمل، خبب). (٢) "حراجيج": جمع حُرْجُوج وحُرْجيج، وهي الناقة الطويلة. والسرائح: والسُّرُح: نعال الإبل، وقيل سُيُور نعالها، كل سير منها سريحة، وقيل: السيور التي يُخصف بها. اللسان (حرج، سرح). (٣) الروض الأنف (١/ ٢١٧). (٤) دعوة حَدَد، محركة: أي باطلة. وأمر حَدَد: ممتنع باطل، لا يحل أن يُرتكب. التاج (حدد). ووقع في الروض: جدد، بالجيم المعجمة. (٥) "الجودي": هو جبل مطل على جزيرة ابن عمر في الجانب الشرقي من دجلة من أعمال الموصل. معجم البلدان (٢/ ١٧٩). والجمد: بضمتين، هو جبل لبني نصرٍ بنجد، معجم البلدان (٢/ ١٦١) والأبيات فيه. ونسب هذا البيت لأمية بن أبي الصلت كما سيأتي، وهو في ديوانه (ص ٣٧٦) وتخريجه فيه. (٦) كذا في ح ومعجم البلدان، وفي ط والروض: مرد.

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