Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Et Warqa a également dit, d’après la transmission de Younous ibn Boukayr, rapportée par Ibn Ishaq, au sujet de Warqa (1) : (Dans la métrique at-Tawil)

« Te lèves-tu à l’aube ou partiras-tu ce soir,
Tandis qu’au fond de ta poitrine couve un chagrin ardent ?
À la pensée de quitter des gens dont je hais la séparation,
Comme si, après deux jours, déjà tu t’en éloignais.

Et de véridiques récits m’ont rapporté la nouvelle de Muhammad,
Que relaie un conseiller sincère en son absence.

C’est lui (2) que tu as envoyé, ô la meilleure des femmes libres,
Vers la dépression et les deux plateaux, là où s’étendent les terrains rocailleux.

(3) À la foire de Busra, avec les caravanes en partance,
Qui ploient sous des charges lourdes et massives.

(4) Il nous informe, grâce à sa science, de toute chose bénéfique :
Car la vérité a des portes et à chaque porte ses clés.

(5) Il affirme que le fils de ‘Abd Allah, Ahmad, est un Messager,
Destiné à tous ceux qu’entourent ces hauteurs escarpées.

Et je présume qu’il sera bientôt envoyé en toute sincérité,
Comme Hud et Salih, ces deux serviteurs (de Dieu) avant lui,

Ainsi que Moïse et Abraham, jusqu’à ce que son éclat s’impose,
Et que sa renommée, proclamée, resplendisse.

Ce sont alors les deux clans de Lu’ayy et de Ghalib (6)
Dont la jeunesse et les anciens, illustres et grands, le suivront.

Si je demeure en vie assez longtemps pour être témoin de son époque,
Je me réjouirai alors d’une affection rayonnante.

Faute de quoi, Khadija, sache-le,
Je m’en irai voyager loin dans l’immense étendue de la terre.

Et l’Omayyade (7) ajoute : »

= (Ḥ, Ṭ) : Kharūjan. Le premier est un khaʾ majzama, attesté par la Sīra et al-Rawḍ. J’ai dit : Peut-être signifie-t-il « étroiteté », dérivant de al-ḥaraj, qui veut dire étroitesse. Ainsi, sa parole : mutalifa khurūjan, serait une métaphore pour désigner la tombe. (1) Sīra d’Ibn Isḥāq (pp. 94-95), citée également par al-Suhaylī dans al-Rawḍ (1/220). (2) Ainsi dans Ḥ et Ṭ : atāk, tandis que dans al-Rawḍ et al-Iktifā : fatāk. (3) Dans la Sīra d’Ibn Isḥāq : « berges et les deux Najd ». Al-Ṣaḥāṣiḥ est le pluriel de ṣaḥṣaḥ : terre aride, lisse, parsemée de petits cailloux. Cf. al-Lisān (ṣaḥḥaḥ). (4) Dans Ḥ : wa-r-rukāb. Qaʿṣ : ainsi dans al-Uṣūl, la Sīra et al-Rawḍ, sans que le sens me semble établi avec ce terme exact. J’ai pensé qu’il s’agirait peut-être de « naʿṣ » commençant par une nūn, dérivé de al-naʿṣ, désignant le balancement. Al-Dawāliḥ : pluriel de dāliḥ, désignant le chamelon (mâle et femelle indifféremment) lorsqu’il ploie sous le poids du fardeau, empruntant un pas lourd. Cf. al-Lisān (naʿṣ, dalḥ). (5) Dans Ḥ : fawātiḥ. (6) Ainsi dans Ḥ, Ṭ : wa-aẓunn aṣ-ṣawāb fīhi: Ḥayyāʾ Lūʾī ibn Ghālib. Ibn Ḥazm dit dans Jumharat al-Ansāb, p. 12 : « Naquirent Lūʾī ibn Ghālib : Kaʿb ibn Lūʾī, dont les vers et le nombre sont connus, ainsi que ʿĀmir ibn Lūʾī ; ces deux étant clairement issus de Lūʾī. » Et dans Nasab Quraysh par al-Muṣʿab (p. 13) : « Lūʾī ibn Ghālib engendra Kaʿb et ʿĀmir, lesquels sont al-Baṭāḥ. » Cela est confirmé par le récit d’Ibn Isḥāq dans la Sīra et al-Suhaylī dans al-Rawḍ : Ḥayyāʾ Lūʾī jamaʿa. (7) Ces vers ont été mentionnés en marge (Ḥ).
وقال ورقة أيضًا فيما رواه يونس بن بُكير عن ابن إسحاق عنه (١) : [من الطويل] أتُبْكِرُ أمْ أنتَ العشيّةَ رائحُ … وفي الصدر من إضْمارك الحُزْن قادحُ لفُرقةِ قومٍ لا أُحبُّ فِرَاقَهم … كأنَّكَ عنهم بعدَ يومَيْن نازِحُ وأخبارِ صِدْقٍ خَبَّرَتْ عن محمدٍ … يُخَبِّرُها عنهُ إذا غابَ ناصِحُ فذاك (٢) الذي وجَّهْتِ يا خيرَ حُرَّة … بغورٍ وبالنَّجْدَيْن حيثُ الصَحاصح (٣) إلى سوقِ بُصرى في الرِّكابِ التي غَدتْ … وهنّ من الأحمال قُعصٌ دوالِحُ (٤) فَيُخبرنا عن كُلِّ خيرٍ بعِلْمِهِ … وللحقِّ أبوابٌ لهنّ مفاتِحُ (٥) بأنَّ ابنَ عبدِ الله أحمدَ مُرْسَلٌ … إلى كُلِّ من ضُمَّتْ عليه الأباطِحُ وظنِّي به أنْ سوف يُبعث صَادِقًا … كما أُرسل العَبْدانِ هودٌ وصالحُ وموسَى وإبراهيمُ حتى يُرى له … بَهاءٌ ومنشورٌ من الذِّكر واضحُ ويتبَعُه حيا لؤيٍ وغالبٍ (٦) … شبابُهمُ والأشيَبُون الجحاجِحُ فإنْ أبقَ حتى يُدرِكَ الناسُ دَهْرَهُ … فإنِّي به مستبِشرُ الودِّ فارحُ وإلا فإني يا خَدِيجةُ فاعلمي … عن ارضِكِ في الأرضِ العَرِيضة سائحُ وزاد الأموي (٧) :
= (ح، ط): خروجا. أوله خاء معجمة، والمثبت من السيرة والروض. قلت: لعل معناه: ضيِّقة، من الحرج وهو الضيق. فيكون قوله: متلفة حروجًا. كناية عن القبر. (١) سيرة ابن إسحاق (ص ٩٤، ٩٥) وأوردها السهيلي في الروض (١/ ٢٢٠). (٢) كذا في ح وفي ط: أتاك، وفي الروض والاكتفا: فتاك. (٣) في سيرة ابن إسحاق: "بغوري والنجدين". والصحاصح: جمع صحصح: الأرض الجرداء المستوية ذات حصى صغار. اللسان (صحح). (٤) في ح: والركاب. قعص: كذا في الأصول والسيرة والروض، ولم يتجه لي معناه بهذا اللفظ. قلت لعله "نعص" بنون في أوله، من النَّعَص، وهو التمايل. والدوالح: جمع دالح، وهو البعير [الذكر والأنثى سواء] إذا دلح، وهو تثاقله في مشيه من ثقل الحمل. اللسان (نعص، دلح). (٥) في ح: فواتح. (٦) كذا في ح، ط: وأظن الصواب فيه: حيا لؤي بن غالب. قال ابن حزم في جمهرة الأنساب ص ١٢: فولد لؤي بن غالب: كعب بن لؤي، وفيه البيت والعدد، وعامر بن لؤي، وهذان الصريحان من ولد لؤي. وفي نسب قريش للمصعب (ص ١٣): فولد لؤي بن غالب كعبًا وعامرًا، وهما البطاح. ويؤيد هذا ما جاء في رواية ابن إسحاق في السيرة والسهيلي في الروض: حيا لؤي جماعة. (٧) ذكرت هذه الأبيات في هامش (ح).

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