Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

[Section]

Ibn Ishaq a dit (1) : Khadija bint Khuwaylid rapporta à Waraqa ibn Nawfal ibn Asad ibn ‘Abd al-‘Uzza ibn Qusayy – lequel était son cousin et un chrétien qui avait étudié les Écritures et acquis un savoir étendu – ce que son serviteur [Maysara] lui avait mentionné des propos du moine, ainsi que les signes qu’il avait pu observer chez lui, lorsqu’il voyait deux anges lui faire de l’ombre. Alors Waraqa déclara : « S’il est vrai, Khadija, que ces faits se vérifient, alors Muhammad est bel et bien le Prophète de cette communauté. Je sais qu’il doit se manifester chez nous un Prophète que l’on attend, et il se peut que ce soit en ce temps-ci. » Ou des paroles de sens approchant. Dès lors, Waraqa attendait impatiemment que l’événement se produise en disant : « Jusqu’à quand cela tardera-t-il ? » Il composa à ce sujet les vers suivants :

« Je me suis obstiné et, dans mes souvenirs, je me suis montré opiniâtre,
en proie à un tourment qui souvent éveille mes sanglots.
Et des propos de Khadija après d’autres propos :
mon attente, ô Khadija, s’est bien trop prolongée.
Dans le ventre des deux vallées de la Mecque, je place mon espoir
en ton récit, afin d’en voir un jour surgir l’accomplissement.
Relatant ce que tu nous as transmis d’un prêtre parmi les moines,
je crains qu’il ne se trompe.
Que Muhammad régnera sur son peuple
et vaincra quiconque osera le contester.
Qu’une lumière s’élèvera dans les contrées
et affermira l’humanité pour qu’elle ne sombre pas.
Quiconque le combattra subira la défaite,
et quiconque fera la paix avec lui connaîtra la victoire.
Ah, si seulement, lorsque cela adviendra,
je suis présent, le premier à lui ouvrir mon cœur !
À entrer dans ce que Quraysh a en horreur,
même si La Mecque élève contre lui un immense tumulte.
J’espère que, malgré ce que tous abhorrent,
je m’élèverai jusqu’au Maître du Trône s’ils descendent bas.
Si vous survivez et que je survis, viendront des événements
qui feront crier de détresse les mécréants.
Et si je meurs, tout homme, de par le décret du destin,
connaîtra tôt ou tard sa propre fin funeste. »

(1) Sīra d'Ibn Isḥāq (p. 94), Sīra d'Ibn Hishām (1/191) et al-Rawḍ (1/216), et ce qui suit entre crochets en provient. (2) Al-Suhaylī dit dans al-Rawḍ (1/218) : « Makkah au duel est singulier, car elle possède des plaines et des parties élevées… Toutefois, les Arabes ont une coutume dans leurs poèmes de doubler une même localité pour la désigner au pluriel… En réalité, les Arabes visent ainsi les deux côtés d’une ville ou la partie haute et la partie basse de celle-ci. » (3) « Al-Qass » : chef parmi les chefs des chrétiens en religion et en savoir. (Al-Lisān, « quṣṣaṣ ») (4) Tel quel dans la version ḥ, ainsi que dans la Sīra et al-Rawḍ ; dans la version ṭ : « yaqūm ». (5) Al-Suhaylī, dans son commentaire, dit : « Al-Ḍiyāʾ est ce qui se dégage de la lumière… car la prière est le pilier de l’Islam, elle est souvenir et récitation (du Qur’ān), et elle interdit la turpitude et le blâmable ; la patience face aux interdits et la persévérance dans les actes méritoires constituent l’éclat issu de cette lumière qu’est le Qur’ān et le souvenir. » (6) « Al-Fulūj » : réussite et victoire (At-Tāj, « falaj »). (7) Dans les versions ṭ, Sīra et al-Rawḍ : « yabqaw ». (8) « Al-Mutalifah » : l’espace suspendu qui surplombe un ravin, en dessous duquel se trouve une montagne ou autre, ou bien qui se trouve entre deux montagnes. (Al-Lisān, « talaf », « hawā ») et dans…
[فصل] قال ابن إسحاق (١) : وقد كانت خديجةُ بنت خُويلد ذكرت لورقه بن نوفل بن أسد بن عبد العُزَّى بن قُصَيّ -وكان ابنَ عمِّها وكان، نصرانيًا قد تتبَّعِ الكتب وعَلِم من عِلْم الناس- ما ذكر لها غلامُها [ميسرة] من قول الراهب وما كان يرى منه، إذْ كان الملكان يُظِلَّانه، فقال ورقة: لئن كان هذا حقًا يا خديجة، إنَّ محمدًا لنبيُّ هذه الأمة، قد عرفتُ أنه كائنٌ لهذه الأمة نبيٌّ يُنتظرُ، هذا زمانه. أو كما قال: فجعل وَرَقَةُ يستبطئُ الأمر ويقول: حتى متى؟ وقال في ذلك: [من الوافر] لججتُ وكنتُ في الذِّكْرى لَجُوجا … لِهَمٍّ طالما بعثَ النَّشِيجا ووصْفٍ من خديجةَ بعدَ وصْفٍ … فقد طال انتظاري يا خَدِيجا ببطْنِ المكَّتَيْنِ على رَجائي … حديثكِ أنْ أرى منهُ خُروجا (٢) بما خَبَّرتِنا من قولِ قَسٍّ … منَ الرُّهْبَانِ أكْرَهُ أنْ يَعُوجا (٣) بأنَّ محمدًا سيسودُ قومًا … ويخصمُ مَنْ يكونُ له حَجيجا ويَظْهَرُ في البلادِ ضياءُ نورٍ … يُقيم (٤) به البَرِيَّةَ أنْ تَمُوجا (٥) فيلقَى من يحاربُه خَسارًا … ويَلقى من يُسالمُهُ فُلُوجا (٦) فيالَيْتِي إذا ما كانَ ذاكُم … شهِدْتُ وكُنتُ أوَّلَهم وُلُوجا وُلُوجًا في الذي كرهَتْ قُريشٌ … ولو عجَّتْ بمكَّتِها عَجِيجًا أُرجِّي في الذي كَرِهوا جميعًا … إلى ذي العرشِ إن سَفَلُوا عُرُوجا فإنْ تَبْقَوا (٧) وأبقَ تكن أمورٌ … يَضِجُّ الكافرون لها ضَجِيجا وإن أهلِكْ فكلُّ فتى سيلقَى … من الأقدار مَتْلَفةً حَرُوجا (٨)
(١) سيرة ابن إسحاق (ص ٩٤) وسيرة ابن هشام (١/ ١٩١) والروض (١/ ٢١٦) وما يأتي بين معقوفين منها. (٢) قال السهيلي في الروض (١/ ٢١٨): ثنَّى مكة وهي واحدة، لأن لها بطاحًا وظواهر … على أن للعرب مذهبًا في أشعارها في تثنية البقعة الواحدة وجمعها … وإنما يقصد العرب في هذا الإشارة إلى جانبي كل بلدة، أو الإشارة إلى أعلى البلد وأسفلها. (٣) "القَسُّ": رئيس من رؤساء النصارى في الدين والعلم. اللسان (قسس). (٤) كذا في ح والسيرة والروض، وفي ط: يقوم. (٥) قال السهيلي في شرحه: الضياء هو المنتشر عن النور … وذلك أن الصلاة هي عمود الإسلام، وهي ذكر وقرآن، وهي تنهى عن الفحشاء والمنكر، فالصبر عن المنكرات، والصبر على الطاعات، هو الضياء الصادر عن هذا النور الذي هو القرآن والذكر. (٦) "الفلوج": الفوز والظفر. التاج (فلج). (٧) في ط والسيرة والروض: يبقوا. (٨) "المتلفة": المهْواة المشرفة على تلف، دونها جبل أو غيره، أو تكون بين جبلين. اللسان (تلف، هوى) وفي =

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