Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

«C’est mon droit ou, sinon, je prendrai assurément mon sabre, puis je me tiendrai dans la Mosquée du Messager de Dieu (ﷺ), et j’en appellerai alors à l’Alliance d’al-Fudoul.»

Il fut rapporté qu’Abd Allah ibn al-Zubayr – qui se trouvait auprès d’al-Walîd lorsque l’imam al-Husayn prononça ces paroles – déclara : «Par Dieu, s’il en appelle à cette alliance, je prendrai à mon tour mon sabre et je me tiendrai à ses côtés, afin qu’il recouvre son droit ou que nous mourions tous deux.»

On rapporta également que la même information parvint à al-Miswar ibn Makhrama ibn Nawfal al-Zuhri, qui affirma la même chose, puis à Abd al-Rahman ibn Uthman ibn Ubayd Allah (1) al-Taymî, qui répéta également ces propos. Quand al-Walîd ibn Utba apprit cela, il rendit justice à al-Husayn quant à son droit, jusqu’à ce que celui-ci fût satisfait.

Section : Du mariage du Prophète (– qu'Allah leur fasse miséricorde –) avec Khadîja bint Khuwaylid ibn Asad ibn Abd al-Uzzâ ibn Qusayy.

Ibn Ishâq dit (2) : «Khadîja bint Khuwaylid était une femme noble et fortunée, investissant son capital dans le commerce en engageant des hommes sur la base d’une association aux profits (3). Lorsqu’elle apprit ce qui se disait au sujet du Messager de Dieu (ﷺ) – sa véracité, l’ampleur de sa fiabilité et la noblesse de son caractère –, elle lui dépêcha un messager pour lui proposer de partir commercer en Syrie avec ses marchandises, en lui offrant une rémunération supérieure à celle des autres marchands, accompagné d’un serviteur nommé May­sara. Le Messager de Dieu (ﷺ) accepta cette offre et partit avec ces biens ; Maysara l’accompagnait jusqu’à leur arrivée en Syrie.

Là-bas, le Messager de Dieu (ﷺ) s’arrêta à l’ombre d’un arbre, tout près de l’ermitage d’un moine. Le moine observa alors Maysara et lui demanda : “Qui est cet homme qui s’est installé sous l’arbre ?” Maysara répondit : “C’est un homme de Quraysh, du pays sacré (La Mecque).” Le moine lui dit alors : “Jamais personne ne s’est allongé sous cet arbre excepté un Prophète.”

Ensuite, le Messager de Dieu (ﷺ) vendit les marchandises qu’il avait apportées et acheta ce qu’il désirait, puis il revint à la Mecque en compagnie de Maysara. D’après leurs dires, lorsque le soleil était au zénith et la chaleur intense, Maysara voyait deux anges protéger le Prophète (ﷺ) du soleil alors qu’il avançait sur son chameau. Lorsqu’il revint à la Mecque avec les biens de Khadîja, elle vendit ce qu’il avait rapporté, qui doublait (ou presque) la valeur de départ. Maysara lui raconta ce que le moine avait dit, ainsi que ce qu’il avait observé de la part des deux anges qui l’ombrageaient. Khadîja, femme à l’esprit aiguisé, noble et réfléchie – en plus de l’honneur dont Dieu l’avait comblée (4) –, lorsqu’elle entendit ce récit de la bouche de Maysara, envoya un message au Messager de Dieu (ﷺ) et, selon ce que l’on rapporte, lui dit : “Ô fils de mon oncle, je me suis prise d’affection pour toi à cause de notre lien de parenté, de ta place éminente au sein de ton peuple, de ta fiabilité, de ta noble conduite et de ta sincérité...”»

(1) Dans la transmission d'Abd Allah, confirmée par des manuscrits et la Sīra d'Ibn Hishām ainsi que celle d'al-Rawḍ, cet Abd al-Rahmān est le neveu de Ṭalḥa ibn Abd Allah, comme indiqué dans al-Iṣābah. (2) Dans la Sīra d'Ibn Isḥāq (p. 59) avec des formulations analogues ; voir aussi la Sīra d'Ibn Hishām (1/187, 188) et al-Rawḍ (1/212). (3) Dans Zād fī al-Sīra : « par quelque chose qui les rend pour eux », et al-muḍārabah désigne la pratique de confier un capital à autrui pour qu’il commerce avec, le profit étant partagé entre les deux parties, ou qu’une part fixe de bénéfices lui revenant. C’est un dérivé de la racine « ḍ-r-b » liée à frapper la terre et parcourir pour le commerce. Voir al-Lisān (Ḍ-R-B). (4) De même dans la transmission, dans les manuscrits, ainsi que dans la Sīra d'Ibn Isḥāq, d'Ibn Hishām et al-Rawḍ : karāmatuhu (sa générosité). (5) Dans la Sīra d'Ibn Isḥāq : « à cause de ta parenté, ton honneur parmi ton peuple et ton influence sur eux ». Al-siṭṭa (l’influence) vient de « wasaṭa » qui signifie « intervenir dans le calcul » : si quelqu’un séjourne chez un hôte, il est honoré. Le wāsiṭ est celui qui est le plus proche en lignage et le plus noble en rang. Voir al-Lisān (W-S-Ṭ). Al-Suhailī explique : « Untel est l’aūsaṭ de la tribu » : c’est-à-dire le plus connu et le plus digne d’elle selon la version correcte.
من حَقِّي أو لآخذنَّ سيفي، ثم لأقومنَّ في مسجدِ رسولِ الله ﷺ ثم لأدعوَنَّ بحِلْفِ الفُضول. قال: فقال عبد الله بن الزُّبير -وهو عند الوليد حين قال له الحسين ما قال-: وأنا أحلف بالله، لئن دعا به لآخذنَّ سيفي ثم لأقومنَّ معه حتى يُنصَف من حقِّه أو نموتَ جميعًا. قال: وبلغتِ المِسْوَرَ بن مَخْرَمَة بنِ نوفل الزُّهْري، فقال له مثل ذلك، وبلغتْ عبدَ الرحمن بن عثمان بن عبيد الله (١) التَّيْمي فقال مثل ذلك. فلما بلغ ذلك الوليدَ بنَ عُتْبة أنصف الحسين من حقِّه حتى رَضِيَ. فصل: في تزويجهِ (رحمهم الله) خديجةَ بنت خويلد بن أسد بن عبد العُزَّى بن قُصَيّ قال ابن إسحاق (٢) : وكانت خَديجةُ بنتُ خُوَيلد امرأةً تاجرة ذاتَ شرفٍ ومال، تستأجرُ الرجالَ على مالها مضاربةٌ (٣) ، فلما بلغها عن رسولِ الله ﷺ ما بلغها من صدق حديثه، وعِظم أمانته، وكَرَم أخلاقه، بعثتْ إليه فعرضَتْ عليه أن يخرُج لها في مالٍ تاجرًا إلى الشام، وتعطيَهُ أفضلَ ما تُعطي غيرَهُ من التجار، مع غلامٍ لها يقال له: مَيْسَرة، فقبِلَهُ رسولُ الله ﷺ منها، وخرج في مالها ذلك، وخرج معها غلامُها ميسرة حتى نزل الشام، فنزل رسولُ الله ﷺ في ظِلِّ شجرةٍ قريبًا من صَوْمعةِ راهبٍ من الرُّهْبان، فاطَّلعَ الراهبُ إلى مَيْسَرة، فقال: من هذا الرجلُ الذي نزل تحت الشجرة؟ فقال ميسرة: هذا رجلٌ من قريش، من أهل الحَرَم. فقال له الراهب: ما نزل تحت هذه الشجرة قطُّ إلا نبيّ. ثم باعَ رسولُ الله ﷺ سِلْعَته -يعني تجارته- التي خرج بها، واشترى ما أراد أن يشتريَ. ثم أقبل قافلًا إلى مكة ومعه ميسرة، فكان مَيْسَرةُ -فيما يزعمون- إذا كانت الهاجرةُ واشتدَّ الحرّ، يرى ملَكَيْن يُظلَّانِهِ من الشمس وهو يسير على بعيره؛ فلما قدم مكة على خَدِيجة بمالها باعتْ ما جاء به، فأضعف أو قريبًا، وحدَّثها ميسرةُ عن قول الراهب، وعمَّا كان يرى من إظلال الملَكَيْن اباه. وكانت خديجةُ امرأةً حازمةً شريفةً لَبيبة، مع ما أراد اللهُ بها من كرامتها (٤) . فلما أخبرها ميسرةُ ما أخبرها، بعثَتْ إلى رسولِ الله ﷺ فقالت له -فيما يزعمون- يا بنَ عم، إني قد رغبثُ فيك لقرابتك وسِطَتِكَ (٥) في قومك، وأمانتك، وحُسْن خلقك، وصِدْق
(١) في ح: عبد الله، والمثبت من ط وسيرة ابن هشام والروض، وعبد الرحمن هذا، هو ابن أخي طلحة بن عبد الله كما في الإصابة. (٢) في سيرة ابن إسحاق (ص ٥٩) بألفاظ مقاربة، وانظره أيضًا في سيرة ابن هشام (١/ ١٨٧، ١٨٨) والروض (١/ ٢١٢). (٣) زاد في السيرة: بشيء تجعله لهم، والمضاربة أن تعطي مالًا لغيرك يتجر فيه على أن يكون الربح بينكما، أو يكون له سهم معلوم من الربح. وهي مفاعلة من الضرب في الأرض والسير فيها للتجارة. اللسان (ضرب). (٤) كذا في ح، ط وفي سيرة ابن إسحاق وابن هشام والروض: كرامته. (٥) في سيرة ابن إسحاق: لقرابتك وشرفك في قومك وسطتك فيهم. والسِّطة: من وسط في حَسَبه: إذا حلّ في أكرمه، فهو وسيط: إذا كان أوسطهم نسبًا وأرفعهم مجدًا. اللسان (وسط) وفسر السهيلي بقوله: فلان أوسط القبيلة: أعرفها وأولاها بالصحيح.

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