Ne t’imagine pas que, le soir où la caravane est partie… vous soyez devenus à mes yeux si peu de chose que ce sentiment cesse jamais (1). Il mentionna aussi d’autres vers que ceux-là.
On dit que ce pacte fut appelé « Pacte des Vertueux » (حِلْفُ الفُضول) parce qu’il s’apparentait à un pacte que la tribu de Jurhum conclut pour secourir l’opprimé contre son oppresseur. À l’origine de ce pacte se trouvaient trois grands notables, chacun portant le nom de Fadl, à savoir : al-Fadl ibn Fadālah, al-Fadl ibn Wadā‘ah et al-Fadl ibn al-Hārith (2). C’est l’opinion d’Ibn Qutayba. D’autres ont affirmé qu’il s’agissait de al-Fadl ibn Sharā‘ah, al-Fadl ibn Bidā‘ah et al-Fadl ibn Quḍā‘ah (3). Al-Suhaylī l’a également rapporté.
Muḥammad ibn Isḥāq ibn Yasār (4) relate que plusieurs clans de Quraych se regroupèrent pour conclure un pacte. Ils se réunirent (5) chez ‘Abd Allāh ibn Jud‘ān en raison de son rang et de son âge avancé. Le pacte fut établi en sa demeure par Banū Hāshim, Banū al-Muṭṭalib (6), la branche Asad ibn (7) ‘Abd al-‘Uzzā, le clan Zuhrah ibn Kilāb et Taym ibn Murrah. Ils s’engagèrent et convinrent que jamais ils ne laisseraient un habitant de La Mecque, ou quiconque venant d’ailleurs (8) et entrant dans la cité, être victime d’une injustice (9) sans prendre fait et cause pour lui. Ils lutteraient contre l’oppresseur jusqu’à ce que Dieu rétablît l’opprimé dans son droit. C’est ainsi que Quraych nomma ce pacte « Pacte des Vertueux » (Ḥilf al-Fuḍūl).
Muḥammad ibn Isḥāq (10) rapporte que Muḥammad ibn Zayd ibn al-Muhājir ibn Qunfudh al-Taymī lui a dit avoir entendu Ṭalḥah ibn ‘Abd Allāh ibn ‘Awf al-Zuhrī raconter que le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction soient sur lui) a déclaré : « J’ai certes assisté, dans la demeure de ‘Abd Allāh ibn Jud‘ān, à un pacte que je ne renierais pour rien au monde, pas même pour des chamelles rousses. Et si l’on m’y conviait sous l’Islam, j’y répondrais. »
Ibn Isḥāq poursuit : Yazīd ibn ‘Abd Allāh ibn Usāmah ibn al-Hād al-Laythī m’a informé que Muḥammad ibn Ibrāhīm ibn al-Ḥārith al-Taymī (11) lui faisait savoir qu’il y eut un litige entre al-Ḥusayn ibn ‘Alī ibn Abī Ṭālib et al-Walīd ibn ‘Utbah ibn Abī Sufyān — ce dernier étant alors gouverneur de Médine, nommé par son oncle Mu‘āwiyah ibn Abī Sufyān — au sujet d’un bien qu’ils possédaient à Dhī al-Marwah (12). Al-Walīd, usant de son autorité, prit le dessus contre al-Ḥusayn dans cette affaire. C’est alors qu’al-Ḥusayn lui déclara : « Je jure par Dieu que tu vas m’accorder justice… »