Hirâ’ y occupait leur place(1) et ils vivaient dans une entraide mutuelle. C’est ainsi que les Quraysh appelèrent ce pacte « le Pacte des Vertueux (Hilf al-Fudûl) ».
Ils dirent : « Vraiment, ces hommes ont pris une décision déterminante. » Puis ils se rendirent chez al-‘Âs ibn Wâ’il, lui arrachèrent la marchandise du Zubaydite et la lui remirent.
Al-Zubayr ibn ‘Abd al-Muttalib a dit à ce propos :
[Du mètre al-wâfir]
« J’ai juré que nous conclurions un pacte à leur encontre
Même si nous sommes tous habitants de la même demeure,
Et nous l’appellerons (2) “al-Fudûl” quand nous lierons ce pacte,
Qui donnera prestige à l’étranger parmi les voisins (3),
Et quiconque entoure la Maison saura
Que nous refusons l’injustice et préservons de toute indignité. »
Al-Zubayr a également dit :
[Du mètre al-kâmil]
« Les Fudûl se sont unis et ont prêté serment
Qu’aucun oppresseur ne demeurerait dans la vallée de La Mecque,
C’est un engagement sur lequel ils se sont accordés et se sont solidement engagés :
Ainsi, le voisin et le nécessiteux y sont en sécurité (4). »
Qâsim ibn Thâbit rapporte dans son ouvrage Gharîb al-Hadîth qu’un homme de la tribu de Khath‘am vint à La Mecque pour le Pèlerinage ou pour la ‘Umra, accompagné de sa fille prénommée al-Qatûl, l’une des plus resplendissantes femmes au monde. Nubayh ibn al-Hajjâj la lui arracha de force (5) et la cacha.
Le Khath‘amite s’écria : « Qui peut me protéger de cet homme ? »
On lui répondit : « Réclame l’aide du Pacte des Vertueux. »
Il se posta donc près de la Ka‘ba et lança : « Ô vous du Pacte des Vertueux ! » Aussitôt, ils accoururent de toutes parts (6), l’épée au clair, en disant : « Ton secours est là ; que se passe-t-il ? »
Il répondit : « Nubayh m’a fait injustice en prenant ma fille de force. » Ils partirent alors avec lui jusqu’à la porte de la demeure de Nubayh, qui sortit à leur rencontre. Ils lui dirent : « Libère la jeune fille, malheureux ! Tu sais qui nous sommes et à quoi nous nous sommes engagés. »
Il répondit : « Je vais obéir, mais laissez-moi en profiter cette nuit. »
Ils répliquèrent : « Non, par Dieu, pas même pour la traite d’une chamelle(7). »
Il la leur remit alors, en disant :
[Du mètre al-khafîf]
« Mes compagnons sont partis, et je n’ai pas pu saluer Qatûl,
Je n’ai pas pu leur dire un véritable adieu.
Quand les Fudûl ont jugé bon de la protéger,
J’ai pu me montrer, sans craindre les Fudûl (8). »