Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Ibn Hishâm dit (1) : « Quelqu’un vint alors trouver les Quraysh et leur annonça : “Al-Barrâd a tué ‘Urwa alors qu’il se trouvait durant le mois sacré à ‘Ukâdh.” Les Quraysh se mirent donc en route, tandis que Hawâzin n’avait pas encore connaissance de l’événement. Lorsqu’ils l’apprirent, ils se lancèrent à leur poursuite et les rattrapèrent avant leur entrée dans le Ḥaram. Ils combattirent jusqu’à la tombée de la nuit ; les Quraysh entrèrent alors dans le Ḥaram et Hawâzin cessa les hostilités. Puis, ils s’affrontèrent à nouveau les jours suivants, chaque camp se soutenant mutuellement. Chaque groupe de Quraysh et de Kinâna avait alors son propre chef, et chaque groupe de Qays le leur. »

Il dit : « Le Messager de Dieu (ﷺ) participa ensuite à certains de ces jours de bataille. Ses oncles l’emmenèrent avec eux. » Le Prophète (ﷺ) déclara : « J’aidais mes oncles en leur rendant les flèches que leurs ennemis leur décochaient. » (5)

Ibn Hishâm ajoute (6) : « L’histoire des guerres du Fijâr est plus longue que ce que j’en ai rapporté. Ce qui m’a empêché d’en fournir le détail complet, c’est le fait que cela aurait interrompu le récit de la Sirah du Messager de Dieu (ﷺ). »

As-Suhaylî explique (7) : « Le terme “Fijâr” se lit en cassant la lettre fâ’, selon la forme du mot “qitâl”. Il y eut quatre “Fijâr” chez les Arabes, comme l’a mentionné al-Mas‘ûdî (8). Le dernier fut celui d’al-Barrâd. Les combats eurent lieu en quatre jours : le jour de Shamṭah (9) et le jour d’al-‘Abla, tous deux près de ‘Ukâdh ; le jour d’Ash-Sharb (10) – qui fut le plus important – auquel assista le Messager de Dieu (ﷺ). Ce jour-là, le chef des Quraysh et des Banû Kinâna, Ḥarb ibn Umayya, ainsi que son frère Sufyân, s’entravèrent les pieds pour éviter de fuir (11). Les Qays furent alors défaits, à l’exception des Banû Naṣr (12), qui résistèrent jusqu’au jour d’al-Ḥurayra, près de Nakhla (13). »

Ensuite, ils se donnèrent rendez-vous pour l’année suivante à ‘Ukâdh. À l’échéance, lorsque tous furent présents, ‘Utba ibn Rabî‘a enfourcha son chameau et s’écria :

(1) Dans la Sîra (1/186). (2) Dans la Sîra : idem. (3) « Mutsānidūn » : c’est-à-dire qu’ils ne s’étaient pas réunis sous une seule bannière, chaque tribu ayant sa propre bannière, et ils n’étaient pas sous l’autorité d’un seul émir. Al-Lisān (sandar). (4) Ainsi dans Ḥ, W, Ṭ et la Sîra : ba‘ḍ (certains). (5) Dans an-Nihāya (5/10, nbl) : on dit « nabbaltu al-rajul » (avec shadda) si on lui remet la lance pour qu’il jette. (6) Dans la Sîra (1/187) et dans Ṭ avec ajout : « ṭawīl huwa » (il est grand) n’est pas dans Ḥ ni dans la Sîra. (7) Dans ar-Rawḍ (1/209 et 211) divergence dans la formulation. (8) Voir Mūrūj adh-Dhahab (2/277). (9) « Shamṭa » : rapporté par al-Azharī avec ḍād couverte, comme dans Mu‘jam al-Buldān (Shamṭa, 3/363). (10) « Ash-Shurb » : lieu proche de La Mecque, lieu de la grande bataille des Fijār. Mu‘jam al-Buldān (Shurb, 3/332). (11) Dans ar-Rawḍ : il est précisé que c’étaient Ḥarb ibn Umayya, Sufyān et Abū Sufyān, fils d’Umayya eux-mêmes, qui ne voulaient pas fuir, ils furent donc appelés al-‘Anābis. Ainsi dans Mu‘jam al-Buldān (Shurb). (12) Erreur de transcription dans Ṭ et ar-Rawḍ avec ḍād couverte, alors qu’il s’agit de Banū Naṣr ibn Mu‘āwiya ibn Bakr ibn Ḥawāzin, issus de Qays. (13) « Al-Ḥarīra » semble être un diminutif de Ḥarra, lieu entre al-Abwāʾ et La Mecque, près de Nakhlah. Yāqūt l’a dit dans Mu‘jam al-Buldān (Ḥarīra, 2/250).
قال ابن هشام (١) : فأتى آتٍ قريشًا فقال: إنَّ البرَّاضَ قد قتل عُرْوَةَ، وهو (٢) في الشهر الحرام بعُكاظ، فارتحلوا وهَوَازنُ لا تشعر بهم، ثم بلغهم الخبر، فاتبعوهم فأدركوهم قبلَ أنْ يدخُلوا الحَرَم، فاقتتلوا حتى جاء الليل، فدخلوا الحرم، فأمسكت هَوَازنُ عنهم، ثم التقَوْا بعد هذا اليوم أيامًا، والقومُ متساندون (٣) على كلِّ قَبيلٍ من قريش وكِنانة رئيسٌ منهم، وعلى كلِّ قبيلٍ من قيس رئيسٌ منهم. قال: وشهد رسولُ الله ﷺ بعدُ (٤) أيامَهم. أخرجه أعمامُه معهم. وقال رسولُ الله ﷺ : "كنتُ أُنَبِّل على أعمامي" أيْ أرُدُّ عليهم نَبْلَ عدوِّهم إذا رمَوْهم بها (٥) . قال ابنُ هشام (٦) : وحديثُ الفِجار أطولُ ممَّا ذكرت، وإنما منعني من استقصائه قَطْعُه حديثَ سيرةِ رسولِ الله ﷺ . وقال السُّهيلي (٧) : والفِجار، بكسر الفاء على وزن قِتال. وكانت الفِجَارات في العرب أربعة ذكرهنَّ المسعودي (٨) . وآخرهن، فِجَار البَرَّاض هذا. وكان القتال فيه في أربعة أيام، يوم شَمْطَةَ (٩) ، ويوم العبلاء، وهما عند عُكاظ، ويوم الشَّربْ (١٠) -وهو أعظمُها يومًا- وهو الذي حضَرَهُ رسولُ الله ﷺ وفيه قيَّدَ رئيسُ قريشٍ وبني كنانة -وهو حَرْبُ بن أمية- وأخوهُ سفيان أنفسَهما لئلا يَفِرَّا (١١) . وانهزمتْ يومئذٍ قيس إلا بني نصر (١٢) فإنهم ثبتوا. ويوم الحُرَيْرَة عند نخلة (١٣) . ثم تواعدوا من العام المقبل إلى عكاظ، فلما توافَوُا الموعد ركب عُتْبَةُ بنُ ربيعة جملَه ونادى:
(١) في السيرة (١/ ١٨٦). (٢) في السيرة: وهم. (٣) "متساندون": أي لم يجتمعوا على راية واحدة، كل بني أب على راية، ولم يكونوا تحت راية أمير واحد. اللسان (سند). (٤) كذا في ح وفي ط والسيرة: بعض. (٥) وفي النهاية (٥/ ١٠، نبل): يقال: نبَّلْتُ الرجل، بالتشديد، إذا ناولته النبل ليرمي. (٦) في السيرة (١/ ١٨٧) وفي ط بزيادة: "طويل هو" ليست في ح ولا في السيرة. (٧) في الروض (١/ ٢٠٩ و ٢١١) على خلاف في اللفظ. (٨) انظر مروج الذهب (٢/ ٢٧٧). (٩) "شَمْطة": رواه الأزهري بالظاءالمعجمة، كما في معجم البلدان (شمطة، ٣/ ٣٦٣). (١٠) "الشرب": موضع قرب مكة، وبه كانت وقعة الفجار العظمى. معجم البلدان (شرب، ٣/ ٣٣٢). (١١) في الروض: وفيه قيد حرب بن أمية وسفيان وأبو سفيان أبناء أمية أنفسهم كي لا يفروا، فسُمُّوا العنابس. وكذا في معجم البلدان (شرب). (١٢) وقع في ط والروض بالضاد المعجمة، وهو تصحيف، وهم بنو نصر بن معاوية بن بكر بن هوازن، من قيس. (١٣) "الحريرة" كأنه تصغير حرة، موضع بين الأبواء ومكة، قرب نخلة. قاله ياقوت في معجم البلدان (حريرة، ٢/ ٢٥٠).

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