Mohammad Ibn ‘Amr, selon sa chaîne de transmission, rapporte que Zayd a dit : « Par Celui qui l’a honoré et a fait descendre sur lui le Livre, jamais il n’a touché une idole [jamais], jusqu’à ce que Dieu – Exalté soit-Il – l’honore de ce dont Il l’a honoré et fasse descendre sur lui (1). »
Il a déjà été fait mention de sa parole, – qu'Allah leur fasse miséricorde –, adressée à Baḥīrā lorsque celui-ci l’interrogea par al-Lāt et al-‘Uzzā : « Ne m’interroge pas par ces deux-là, car, par Dieu, je n’ai jamais rien haï autant que ces deux divinités » (2).
Quant au ḥadīth rapporté par le ḥāfiẓ Abou Bakr al-Bayhaqī (3) : « Abou Sa‘d al-Mālīnī nous a informés, Abou Aḥmad Ibn ‘Adiyy le ḥāfiẓ nous a informés, Ibrāhīm Ibn Asbāṭ nous a rapporté, ‘Uthmān Ibn Abī Shayba nous a rapporté, Jarīr a rapporté de Sufyān al-Thawrī, de ‘Abd Allāh Ibn Moḥammad Ibn ‘Aqīl (4), de Jābir Ibn ‘Abd Allāh (– qu'Allah soit satisfait de lui –) qui a dit : “Le Prophète (ﷺ) assistait aux assemblées des polythéistes. Puis il entendit deux anges derrière lui ; l’un d’eux dit à son compagnon : ‘Allons nous tenir derrière le Messager de Dieu (ﷺ).’ L’autre rétorqua : ‘Comment nous tiendrions-nous ainsi, alors qu’il était récemment encore en train de toucher les idoles ?’ Jābir ajoute : Dès lors, il ne prit plus part aux assemblées des polythéistes.” »
C’est un ḥadīth dont plusieurs grands imams ont contesté la validité auprès de ‘Uthmān Ibn Abī Shayba, au point que l’imam Aḥmad a déclaré à ce sujet : « Son frère ne prononçait rien de semblable (5). » Al-Bayhaqī a rapporté, d’après certains (6), que son sens serait qu’il était présent avec ceux qui touchaient les idoles, et cela avant que la Révélation ne lui parvienne ; Dieu est plus savant.
Il a déjà été mentionné dans le ḥadīth de Zayd Ibn Ḥāritha qu’il s’abstenait de participer aux assemblées des polythéistes, jusqu’à ce que Dieu l’honore par son Message (7). De plus, il est établi que, la nuit d‘Arafah, il ne séjournait pas à Muzdalifah, mais se tenait plutôt avec les gens à ‘Arafāt, comme le rapporte Younus Ibn Boukayr d’après Moḥammad Ibn Isḥāq : « ‘Abd Allāh Ibn Abī Bakr m’a rapporté d’Othmān Ibn Abī Soulaymān, de Nāfi‘ Ibn Joubayr Ibn Moṭ‘im, de son père Joubayr, qui a dit : ‘J’ai vu le Messager de Dieu (ﷺ) alors qu’il suivait encore la religion de son peuple, se tenant à ‘Arafāt sur sa chamelle au milieu des siens, puis repartant avec eux ; c’était un bienfait que Dieu (– Exalté soit-Il –) lui avait accordé.’ » Al-Bayhaqī a commenté (8) que l’expression « alors qu’il était sur la religion de son peuple » signifiait qu’il maintenait ce qui restait de l’héritage d’Ibrāhīm et d’Ismā‘īl (– qu'Allah lui fasse miséricorde –).