J’ai vécu deux nuits durant lesquelles Dieu – Exalté soit-Il – m’a préservé. Une nuit, j’ai dit à l’un des jeunes gens de La Mecque, alors que nous gardions les moutons de nos familles (1) : « Veille un moment sur mes moutons pendant que j’entre à La Mecque pour veiller et discuter à la manière des jeunes. » Il accepta. À mon arrivée devant la première maison de La Mecque, j’entendis des chants au son de tambourins et de flûtes. Je demandai : « Qu’est-ce que cela ? » On me répondit : « Untel s’est marié à Unetelle. » Je m’assis pour regarder, mais Dieu – Exalté soit-Il – me fit sombrer dans le sommeil. Par Dieu, je ne me réveillai qu’au toucher du soleil. Je retournai alors auprès de mon compagnon, qui me demanda : « Qu’as-tu fait ? » Je répondis : « Je n’ai rien fait », et je lui racontai ce que j’avais vu.
La nuit suivante, je lui répétai : « Garde mes moutons pendant que je vais veiller (2) [à La Mecque]. » Il accepta de nouveau. J’entrai donc en ville et, de la même manière que la première fois, j’entendis des chants et l’on m’expliqua qu’Untel avait épousé Unetelle. Je m’assis pour regarder, et une fois encore Dieu – Exalté soit-Il – frappa mes oreilles de sommeil. Par Dieu, je ne m’éveillai qu’au moment où le soleil me toucha. Je retournai auprès de mon compagnon, qui me demanda : « Qu’as-tu fait ? » Je répondis : « Rien », puis je lui relatai ce qui venait de se passer. Par Dieu, plus jamais je n’ai envisagé de faire quoi que ce soit de semblable, jusqu’à ce que Dieu – Exalté soit-Il – m’honore de Sa prophétie (3).
C’est un hadith très rare. Il est possible qu’il provienne d’Ali lui-même et que la phrase finale « jusqu’à ce que Dieu – Exalté soit-Il – m’honore de Sa prophétie » soit une insertion, Dieu sait mieux (ce qui en est). Quant au cheikh d’Ibn Ishaq mentionné ici, Ibn Hibbān l’a cité dans « ath-Thiqât » (4). Certains ont prétendu qu’il faisait partie des rapporteurs cités par les deux « Sahîh », mais notre maître, dans son « Tahdhîb » (5), dit qu’il n’a rien trouvé qui l’atteste. Dieu sait mieux.
L’imam al-Bayhaqî (6) rapporte : « Abou Abdillah le Hâfizh nous a raconté, Abou al-‘Abbâs Muhammad ibn Ya‘qûb nous a raconté, al-Hassan ibn ‘Alî ibn ‘Affân (7) al-‘Âmirî nous a raconté, Abou Usâmah nous a raconté selon Muhammad ibn ‘Amr, d’après Abou Salamah et Yahyâ ibn ‘Abd ar-Rahmân ibn Hâtib, d’après Usâmah ibn Zayd, d’après Zayd ibn Hârithah, qui a dit : “Il y avait une idole en cuivre, appelée Isâf et Nâ’ilah (8), sur laquelle les polythéistes passaient leurs mains quand ils tournaient autour de la Ka‘ba. Le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) et moi-même fîmes le tawâf, et lorsque je passai devant l’idole, je la touchai. Le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) me dit alors : ‘Ne la touche pas.’” » Zayd poursuivit : « Nous finîmes notre tawâf, et je me dis en moi-même : “Je vais la toucher à nouveau pour voir ce qui va se passer.” Je la touchai donc, et le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) me dit : “Ne t’ai-je pas interdit de le faire ?” »
Al-Bayhaqî ajoute : « Une autre version (9) rapporte à ce sujet… »