Il rapporte : « Lorsque la Kaʿba fut construite, le Messager d’Allah (ﷺ) alla transporter (1) des pierres. L’oncle paternel du Prophète (ﷺ), al-ʿAbbâs, lui proposa alors : “Pose ton pagne (izâr) sur ton épaule afin de te protéger des pierres.” Il fit ce qu’il suggérait, puis s’affaissa au sol et ses yeux se tournèrent vers le ciel. Il se releva ensuite et s’exclama : “Mon pagne ! Mon pagne !” et il se ressaisit aussitôt en resserrant son pagne sur lui. »
Ce récit est rapporté par al-Bukhârî et Muslim dans leurs deux recueils authentiques (as-Sahîhayn), d’après la version de ʿAbd ar-Razzâq (2). Ils l’ont également rapporté d’après Rawḥ ibn ʿUbâda, lui-même le tenant de Zakariyâ ibn Isḥâq, d’après ʿAmr ibn Dînâr, d’après Jâbir, avec un texte similaire (3).
Al-Bayhaqî (4) a déclaré : « Abû ʿAbdillâh al-Ḥâfiẓ et Abû Saʿîd ibn Abî ʿAmr nous ont informés, disant : “Abû al-ʿAbbâs Muḥammad ibn Yaʿqûb nous a raconté, il nous vient lui-même de Muḥammad ibn Isḥâq aṣ-Ṣâghânî, qui l’a reçu de Muḥammad ibn Bukayr al-Ḥaḍramî, lui-même de ʿAbd ar-Raḥmân ibn ʿAbd Allâh ad-Dashtakî, lui-même de ʿAmr ibn Abî Qays, de Simâk, de ʿIkrima, lequel me rapporta que Ibn ʿAbbâs — d’après son père — raconta qu’il acheminait lui aussi des pierres pour la reconstruction de la Maison Sacrée lorsque les Quraysh bâtirent la Kaʿba.” »
Il dit encore : « Les Quraysh avaient réparti les tâches entre deux hommes à la fois, les uns transportant les pierres et les femmes transportant le mortier (5). J’étais avec mon neveu et nous portions les pierres sur nos cous, nos pagnes serrés sous les pierres ; mais lorsque d’autres personnes nous approchaient, nous attachions nos pagnes (6). Un moment, alors que je marchais et que Muḥammad (ﷺ) était devant moi, il tomba brusquement, face contre terre. Je me mis à courir, laissant tomber ma pierre, et je le vis regarder le ciel. Je lui dis : “Que t’arrive-t-il ?” Il se releva, remit son pagne et dit : “J’ai reçu l’interdiction de marcher dénudé.” »
Il ajouta : « Je cachais ce fait aux gens (7), de peur qu’ils ne disent que c’était un signe de folie. »
Al-Bayhaqî (8) rapporte également, d’après la chaîne de transmission de Yûnus ibn Bukayr, empruntée à Muḥammad ibn Isḥâq (9), lequel a dit : « Muḥammad ibn ʿAbd Allâh ibn Qays ibn Makhrama m’a transmis un récit, émanant de al-Ḥasan ibn Muḥammad ibn ʿAlî ibn Abî Ṭâlib, d’après son père, d’après son grand-père ʿAlî ibn Abî Ṭâlib, qui relate : “J’ai entendu le Messager d’Allah (ﷺ) dire : ‘Jamais je n’ai envisagé une seule des choses auxquelles s’adonnaient les gens de l’ère préislamique, notamment avec les femmes, excepté…’”.” »