Les meilleurs habitants de la terre sont au nombre de trois : Baḥīrā, Riʾāb ibn al-Barāʾ al–Shannī, et le troisième, l’« attendu ». Or, ce troisième attendu était le Messager de Dieu (ﷺ). Ibn Qutayba (1) rapporte : « On disait qu’auprès de la tombe de Riʾāb al-Shannī et de celle de son fils après lui, on voyait toujours une légère bruine (ṭašš), c’est-à-dire une pluie fine (2). »
Chapitre : Au sujet de son origine (– qu'Allah leur fasse miséricorde –), de son éducation, de la façon dont Dieu pourvoyait à ses besoins et le protégeait, et comment, orphelin, il trouva refuge auprès de Dieu, et, dans le dénuement, Il l’enrichit.
Muhammad ibn Isḥāq (3) a dit : « Le Messager de Dieu (ﷺ) grandit sous la protection de Dieu, qui le gardait et l’écartait des impuretés de l’époque préislamique, en prévision de la dignité et de la mission qu’Il voulait lui confier. Parvenu à l’âge d’homme, il était celui de son peuple qui détenait la plus haute noblesse d’âme, la plus belle moralité, la lignée la plus honorable, le plus grand sens du voisinage, la plus grande mansuétude, la parole la plus sincère et la meilleure fiabilité. Il était aussi celui qui se tenait le plus éloigné de toute obscénité ou de tout comportement indigne, par pureté et noblesse de caractère. Ainsi, son peuple ne l’appelait plus que “al-Amīn” (le digne de confiance), tant Dieu avait réuni en lui de qualités vertueuses.
Il est rapporté, d’après ce que l’on m’a dit, que le Messager de Dieu (ﷺ) raconta la manière dont Dieu le préserva dans son enfance et durant l’époque préislamique. Il dit : “Je me souviens de moi, lorsque j’étais avec des garçons de Qurayš, transportant des pierres pour l’un des jeux d’enfants. Nous étions tous dévêtus, car nous avions ôté notre pagne pour le placer sur notre cou et y porter les pierres. J’allais et venais ainsi avec eux, lorsque subitement, quelqu’un que je ne voyais pas me donna un coup douloureux, puis il me dit : ‘Maintiens ton pagne sur toi.’ J’ai alors repris mon pagne et l’ai bien serré autour de moi, avant de continuer à porter les pierres sur mon cou, vêtu de mon pagne, contrairement à mes compagnons.”
Cet épisode ressemble à celui rapporté dans le ḥadith authentique concernant la reconstruction de la Kaʿba, lorsque le Prophète (ﷺ) aidait son oncle al-ʿAbbās. S’il ne s’agit pas de la même histoire, celle-ci le précède et lui sert d’introduction. Dieu est plus savant.
ʿAbd al-Razzāq (6) a dit : “Ibn Jurayj nous a informés qu’il avait appris de ʿAmr ibn Dīnār, lequel avait entendu Jābir ibn ʿAbd Allāh…”