Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Les chrétiens s’avancèrent alors vers lui – que la prière et la paix d’Allah soient sur lui –, l’examinèrent et déclarèrent : « Nous emmènerons ce garçon auprès de notre roi, car il aura un grand avenir. » Il ne parvint à se libérer d’eux qu’après de grandes difficultés.

Il est rapporté qu’elle (Halima) le ramena ensuite, redoutant qu’il n’ait été frappé d’un mal. Puis, lorsqu’elle s’approcha de La Mecque, elle s’aperçut qu’il n’était plus avec elle. Elle se rendit donc auprès de son grand-père, ‘Abd al-Muṭṭalib, qui sortit avec quelques hommes pour le rechercher. Waraqa ibn Nawfal et un autre homme de Quraych le retrouvèrent et l’amenèrent à son grand-père. Celui-ci le prit alors sur ses épaules, effectua le circuit rituel (ṭawāf) autour de la Ka‘ba pour le protéger et invoqua (Allah) en sa faveur, puis il le ramena à sa mère, Āmina.

Al-Amawī (1) a, de son côté, relaté – par la chaîne de transmission de ‘Uthmān ibn ‘Abd al-Raḥmān al-Waqqāṣī (un transmetteur jugé faible), d’après al-Zuhrī, lui-même d’après Sa‘īd ibn al-Musayyib – l’histoire de sa naissance (ﷺ) et de son allaitement par Ḥalīma, dans une version différente de celle rapportée par Muḥammad ibn Isḥāq. On y lit qu’‘Abd al-Muṭṭalib ordonna à son fils ‘Abd Allāh de faire le tour des clans arabes (2) afin de trouver une nourrice pour l’enfant. Celui-ci fit le nécessaire jusqu’à ce qu’il retienne les services de Ḥalīma pour l’allaiter. Il raconta que l’enfant demeura chez elle six années, période durant laquelle son grand-père venait le voir chaque année. Lorsque se produisit chez elle l’incident de la fente de sa poitrine, elle le ramena chez les siens. Il resta alors auprès de sa mère jusqu’à l’âge de huit ans, au terme duquel elle mourut. Son grand-père, ‘Abd al-Muṭṭalib, le prit alors sous sa protection. Puis ce dernier décéda alors que le Prophète (ﷺ) avait dix ans, et deux oncles, frères de son père – al-Zubayr et Abū Ṭālib – s’occupèrent de lui. À l’âge d’une douzaine d’années, il partit avec son oncle al-Zubayr au Yémen. Il est rapporté qu’au cours de ce voyage, on vit de la part du Prophète (ﷺ) plusieurs signes. Parmi eux : un chameau mâle qui barrait la route dans une vallée, et qui, en apercevant le Messager d’Allah (ﷺ), s’agenouilla au point de frotter son poitrail (4) contre le sol ; le Prophète (ﷺ) le chevaucha alors. Il est également dit qu’ils traversèrent un torrent impétueux (5) qu’Allah, exalté soit-Il, fit tarir pour qu’ils puissent passer. L’oncle al-Zubayr mourut lorsque le Prophète (ﷺ) avait quatorze ans, et Abū Ṭālib assuma seul sa charge.

Toujours est-il que la bénédiction du Prophète (ﷺ) s’était déjà manifestée chez Ḥalīma al-Sa‘diyya et sa famille lorsqu’il était enfant, avant de s’étendre ensuite dans toute la tribu Hawāzin, lorsque ceux-ci furent faits captifs (6) après la bataille survenue un mois après la conquête de La Mecque. Les captifs firent valoir leur lien d’allaitement (7) avec lui. Le Prophète (ﷺ) les libéra, fit preuve de miséricorde à leur égard et se montra généreux envers eux, comme cela sera détaillé plus loin, si Dieu le veut.

Muḥammad ibn Isḥāq (8), dans son récit de l’attaque contre Hawāzin, rapporte d’après ‘Amr ibn Shu‘ayb, lui-même d’après son père, lui-même d’après son grand-père (‘Abd Allāh ibn ‘Amr), que ce dernier a dit : « Nous étions avec le Messager d’Allah (ﷺ) à Ḥunayn. Lorsque le Prophète (ﷺ) se fut emparé de leurs biens et de leurs prisonniers, une délégation de Hawāzin, désormais convertie à l’Islam, le rejoignit à al-Ji‘rāna (9) et déclara : “Ô Messager d’Allah, nous sommes ta famille et ta tribu, et nous avons été frappés par un malheur dont nul n’est ignorant…” »

(1) Al-Umawī est Abū Muḥammad Saʿīd ibn Yaḥbā ibn Saʿīd, décédé en 191 H, mentionné dans son ouvrage al-Maghāzī. (2) Dans Ṭ: « li-ittakhidh ». (3) Addition absente dans Ḥ, Ṭ : induite par le contexte. (4) « al-Kalkal » : la poitrine. Référence au Lisān (Kallala). (5) Dans Ḥ : « ʿArmaram », terme confirmé dans Ṭ, et « as-Sayl al-ʿAram » : le torrent insupportable. « Al-ʿArmaram » : l’abondance de toute chose. Référence au Lisān (ʿArama). (6) « al-Fawāḍil » : les belles mains, et « fawāḍil al-māl » : ce qui te revient de ses ressources et ses richesses. Référence au Lisān (Faḍala). (7) « Matawā » : ils ont eu recours à, on dit : « mata ilayhi bil-shayʾ yamutu matan » : se retirer par un moyen de recours. Référence au Lisān (Matta). (8) Dans la Sīrah d’Ibn Hishām (2/ 488-489) et ce qui suit entre crochets en est extrait. (9) On dit : al-Jiʿrānah avec un ʿayn brève et un r double accentué : une source d’eau située entre Ṭāʾif et La Mecque, et elle est plus proche de La Mecque.
النَّصَارى، فقاموا إليه (رحمهم الله) وقلَّبوه وقالوا: إنا سنذهبُ بهذا الغلام إلى مَلِكنا، فإنه كائنٌ له شأن. فلم تكَدْ تنفلتُ منهم إلا بعد جَهْد. وذكر أنها لما ردَّته حين تخوَّفت عليه أنْ يكونَ أصابه عارض، فلمَّا قَرُبَتْ من مكَّة افتقدَتْه فلمْ تجدْه فجاءتْ جدَّه عبدَ المطلب، فخرج هو وجماعة في طلبه، فوجده ورَقَةُ بن نَوْفلٍ ورجلٌ آخر من قريش، فأتيا به جدَّه، فأخذه على عاتقه، وذهب فطاف به يعوِّذُهُ ويدعو له، ثم ردَّه إلى أُمِّه آمنة. وذكر الأموي (١) من طريق عثمان بن عبد الرحمن الوقَّاصي -وهو ضعيف- عن الزُّهْري، عن سعيد بن المُسَيِّب قصةَ مولدِه (رحمهم الله) ، ورضاعِه من حَلِيمة، على غير سياق محمد بن إسحاق. وذكر أنَّ عبدَ المطلب أمر ابنَهُ عبدَ الله أن يأخذَهُ فيطوف به في أحياء العرب ليجد (٢) له مرضعة، فطاف حتى استأجر حليمة على رَضاعه. وذكر أنه أقام عندها ستَّ سنين تُزيرُه جدَّه في كلِّ عام، فلما كان من شقِّ صدره عندهم ما كان، ردَّتْه إليهم، فأقام عند أمه، حتى [إذا] (٣) كان عمره ثماني سنين، ماتت، فكفَلَه جدُّهُ عبدُ المطلب، فمات وله (رحمهم الله) عَشْرُ سنين، فكفَلَه عمَّاه شقيقا أبيه: الزُّبير وأبو طالب، فلما كان له بضعَ عَشرَةَ سنة خرج مع عمِّه الزُّبير إلى اليمن. فذكر أنهم رأوا منه آياتٍ في تلك السَّفْرة؛ منها أنَّ فَحْلًا من الإبل كان قد قطعَ بعضَ الطريق في وادٍ مَمَرُّهم عليه، فلما رأى رسولَ الله ﷺ برك حتى حكَّ بكَلْكَلِه (٤) الأرضَ، فركبه (رحمهم الله) . ومنها أنه خاض بهم سيلًا عَرِمًا (٥) فأيبسَهُ الله تعالى حتى جاوزوه. ثم مات عمُّه الزُّبير وله أربعَ عشرة سنة، فانفرد به أبو طالب. والمقصود أنَّ بركتَهُ (رحمهم الله) حلَّت على حليمةَ السعْدِيَّة وأهْلِها وهو صغير، ثم عادتْ على هوازِنَ بكمالهم فواضِلُه (٦) حين أسرهم بعد وقعتهم، وذلك بعد فتح مكة بشهر. فمَتُّوا (٧) إليه برَضاعِه، فأعتقهم وتحنَّن عليهم وأحسن إليهم، كما سيأتي مفصَّلًا في موضعه إنْ شاء الله تعالى. قال محمد بن إسحاق (٨) في وقعة هوازن: عن عمرو بن شعيب، عن أبيه، عن جده [عبد الله بن عمرو] قال: كنا مع رسول الله ﷺ بحُنَين، فلما أصاب من أموالهم وسباياهم أدركه وَفْدُ هوازن بالجِعْرَانة (٩) وقد أسلموا، فقالوا: يا رسول الله، إنا أهلٌ وعشيرة، وقد أصابنا من البلاء ما لم يَخْفَ
(١) الأموي هو أبو محمد سعيد بن يحبى بن سعيد المتوفى (١٩١) هـ في كتابه المغازي. (٢) في ط: ليتخذ. (٣) زيادة ليست في ح، ط: ويقتضيها السياق. (٤) "الكلكل": الصدر. اللسان (كلل). (٥) في ح: عرمرم والمثبت من ط، والسيل العرم: السيل الذي لا يطاق. والعرمرم: الكثير من كل شيء. اللسان (عرم). (٦) "الفواضل": الأيادي الجميلة، وفواضل المال: ما يأتيك من مرافقه وغلته. اللسان (فضل). (٧) "متوا": توسلوا، يقال: مت إليه بالشيء يمت متًا: توسّل. اللسان (متت). (٨) في سيرة ابن هشام (٢/ ٤٨٨، ٤٨٩) وما يأتي بين معقوفين منه. (٩) ويقال: الجِعرَّانة بكسر العين المهملة وتشديد الراء المفتوحة: ماء بين الطائف ومكة، وهي إلى مكة أقرب. =

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