Accusé de falsification, il n’a donc pas été fait mention du texte du hadith, car il n’apporte pas de joie. Puis il (1) dit : « Nous ont rapporté Abou ‘Amr ibn Ḥamdân (2), puis al-Ḥasan ibn Sufyân (3), puis ‘Amr ibn ‘Uthmân, puis Baqiyya ibn al-Walîd, d’après Bahîr ibn Sa‘d (4), d’après Khâlid ibn Ma‘dân, d’après ‘Abd al-Rahmân ibn ‘Amr as-Sulamî, d’après ‘Utba ibn ‘Abd, qui raconta qu’un homme interrogea le Prophète (que Dieu le bénisse et le salue) en disant :
« Comment fut le début de ta mission, ô Messager de Dieu ? »
Il répondit :
« Ma nourrice était de Banû Sa‘d ibn Bakr. Je partis avec le fils qu’elle avait pour garder un petit troupeau à nous, sans emporter de provisions. Je lui dis : “Ô mon frère, va nous chercher quelque nourriture chez notre mère.” Mon frère s’en alla, tandis que je restais auprès du bétail. Alors survinrent deux oiseaux blancs semblables à des aigles. L’un dit à l’autre : “Est-ce bien lui ?” — “Oui”, répondit-il. Ils s’approchèrent rapidement, me saisirent et me renversèrent sur le dos ; ils m’ouvrirent le ventre et en retirèrent mon cœur, puis l’ouvrirent à son tour pour en extraire deux caillots noirs. L’un dit à l’autre : “Apporte-moi de l’eau glacée”, et ils en lavèrent mon intérieur. Puis il dit : “Apporte-moi de l’eau froide”, et ils lavèrent alors mon cœur. Ensuite, il dit : “Apporte-moi la sérénité (as-sakîna)”, et ils la versèrent dans mon cœur. L’un d’eux dit ensuite à l’autre : “Referme-le”, et il le recousit, puis apposa le sceau de la prophétie sur mon cœur.
« L’un d’eux ajouta : “Mets-le dans un plateau (de la balance), et mets-en mille de sa communauté dans l’autre.” Je les vis alors peser plus lourd, et je craignais que certains ne tombent sur moi. Il dit : “S’il était pesé avec toute sa communauté, il l’emporterait.” Ils s’en allèrent donc, me laissant dans une grande frayeur ; je me rendis aussitôt auprès de ma mère nourricière, lui rapportai ce que j’avais subi, et elle craignit qu’un maléfice fût tombé sur moi. Elle me dit : “Je te mets sous la protection de Dieu.” Elle prépara alors un chameau, m’y fit grimper et monta derrière moi, jusqu’à ce que nous parvenions à ma (véritable) mère. Elle la renseigna sur ce qui venait de se passer et déclara avoir accompli sa garde et son devoir. Cela ne surprit pas ma mère, qui dit : “J’ai vu sortir de moi une lumière dont l’éclat a illuminé les palais du Shâm.” »
Ce hadith a également été rapporté par Ahmad d’après la chaîne de Baqiyya ibn al-Walîd (8).