Nous l’informâmes de ce qui était arrivé, et elle déclara : « Craigniez-vous que le diable ait une emprise sur lui ? Non, par Dieu, le diable n’a aucune prise sur lui. Par Dieu, mon fils aura un destin important. Ne devrais-je pas vous conter son histoire ? »
Nous dîmes : « Oui. » Elle continua : « J’étais enceinte de lui et je n’ai jamais porté de grossesse plus légère que celle-là. Pendant que j’étais enceinte de lui, je vis en rêve comme une lumière sortant de moi, éclairant les palais du Cham (la Syrie). Ensuite, au moment où je l’ai enfanté, il tomba d’une manière inhabituelle pour un nouveau-né, prenant appui sur ses mains, la tête levée vers le ciel. Éloignez-vous de lui. »
Ce hadith a également été rapporté par une autre chaîne de transmission. Il s’agit d’un récit connu, bien diffusé parmi les savants de la Sîra (biographie prophétique) et des Maghâzî (récits des expéditions militaires)(1).
Al-Waqidî(2) a dit : « Ma‘âdh ibn Muhammad m’a rapporté d’après ‘Atâ’ ibn Abî Rabâh, d’après Ibn ‘Abbâs qui a dit : ‘Halimah sortit à la recherche du Prophète ﷺ alors qu’elle avait constaté que les agneaux(3) faisaient la sieste. Elle le trouva auprès de sa sœur et dit : “Dans cette chaleur ?” Sa sœur répondit : “Ô ma mère, mon frère n’a pas ressenti la chaleur. J’ai vu un nuage l’ombrager : s’il s’arrêtait, le nuage s’arrêtait, et s’il se remettait en marche, le nuage le suivait [avec lui] jusqu’à ce qu’il atteigne cet endroit.”’ »
Ibn Ishâq(4) a rapporté : « Thawr ibn Yazîd m’a rapporté de Khâlid ibn Ma‘dân, d’après des Compagnons du Messager de Dieu ﷺ qui lui dirent : “Parle-nous de toi-même.” Il répondit : “Oui, je suis l’invocation de mon père Abraham et la bonne annonce de Jésus — sur lui la paix —. Ma mère, lorsqu’elle m’a porté, a vu en rêve comme une lumière sortant d’elle, éclairant les palais du Cham. J’ai été allaité chez Banû Sa‘d ibn Bakr. Un jour, alors que je me trouvais parmi des agneaux, deux hommes vêtus de blanc vinrent à moi, portant une cuvette d’or remplie de glace(6). Ils m’ont allongé, m’ont ouvert le ventre, ont extrait mon cœur, l’ont fendu et en ont retiré un caillot noir qu’ils ont jeté. Puis ils ont lavé mon cœur et mon ventre avec cette glace, jusqu’à ce qu’ils me replacent tel que j’étais. L’un d’eux dit alors à son compagnon : ‘Pèse-le avec dix de sa communauté.’ Il me pesa face à dix d’entre eux, et je les surpassai. Puis il dit : ‘Pèse-le avec cent de sa communauté.’ Il me pesa face à cent, et je les surpassai. Ensuite il dit : ‘Pèse-le avec mille de sa communauté.’ Il me compara alors à mille, et je les surpassai. Puis il déclara : ‘Laisse-le, car même si tu le comparais à toute sa communauté, il l’emporterait.’” Ce hadith nous est parvenu par une chaîne solide et fiable.
Abû Nu‘aym le Hâfiẓ a relaté dans “Ad-Dalâ’il”(7), d’après ‘Umar ibn aṣ-Ṣubḥ — surnommé Abû Nuʿaym —, selon Thawr ibn Yazîd, de la part de Makḥûl, d’après Shaddâd ibn Aws, une version très longue de ce récit. Cependant, ‘Umar ibn aṣ-Ṣubḥ est abandonné (matrûk) et qualifié de menteur.