Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Et l’on rapporte qu’elle gardait le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) avec sa mère (1) lorsqu’il se trouvait chez eux.

Ibn Ishaq (2) a dit : « Jéhém ibn Abî Jéhém (3), affranchi d’une femme de Banû Tamîm qui se trouvait auprès de Al-Hârith ibn Hâtib — on l’appelait alors l’affranchi d’Al-Hârith ibn Hâtib — m’a raconté que quelqu’un avait entendu ‘Abd Allâh ibn Ja‘far ibn Abî Tâlib dire : “On m’a rapporté, au sujet de Halîma bint Al-Hârith, qu’elle avait déclaré : Je suis arrivée à La Mecque en compagnie de quelques femmes — [Al-Wâqidî (4) mentionne avec sa chaîne de transmission qu’elles étaient dix femmes de Banû Sa‘d ibn Bakr, venues chercher des nourrissons (5)] — de Banû Sa‘d, pour y chercher des enfants à allaiter, en une année de grande sécheresse (6).

J’arrivai sur mon ânesse grise, si lente qu’elle fatiguait la caravane (7). J’avais avec moi un petit enfant à nous, ainsi qu’une chamelle âgée qui, par Dieu, ne laissait pas couler la moindre goutte (8). Nous ne dormions pas de la nuit (9) à cause de notre enfant, car je ne trouvais rien dans ma poitrine pour le rassasier ni dans la chamelle de quoi le nourrir. Toutefois, nous espérions la pluie et la délivrance. Ainsi partis-je sur ma vieille ânesse, dont la faiblesse et la maigreur pesaient sur la caravane.

Nous arrivâmes finalement à La Mecque. Par Dieu, je n’ai su que chacune d’entre nous s’était vu proposer le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue), mais elles le refusaient dès qu’elles apprenaient qu’il était orphelin. Nous nous disions : “Que pourrait bien faire sa mère pour nous ? Habituellement, nous espérons le bienfait du père de l’enfant, mais quant à sa mère, qu’a-t-elle à nous offrir ?” Par Dieu, il ne resta pas une seule de mes compagnes qui n’eût pris un nourrisson, à part moi. Ne trouvant plus d’autre enfant à allaiter, et après avoir décidé de partir, je dis à mon époux, Al-Hârith ibn ‘Abd Al-‘Uzzâ : “Par Dieu, je ne voudrais pas revenir les mains vides parmi mes compagnes, sans avoir recueilli de nourrisson ; je vais donc chercher cet orphelin et je le prendrai.” Il me répondit : “Ne crains rien à ce sujet…” »

= Khidāmah, avec un khāʼ pointé en kasra, d’autres disent : Ḥidhāfah, avec un ḥāʼ en ḍamma et un fāʼ à la place du mīm. Il est ainsi mentionné par Yūnus dans sa transmission d’Ibn Isḥāq, ainsi que par Abū ʿUmar dans le Livre des Femmes. (1) Dans la Sīrah : Idhā. (2) Dans la Sīrah d’Ibn Isḥāq (p. 26), ce passage se trouve également dans la Sīrah d’Ibn Hishām (1/162), al-Ṭabarī (2/158) et al-Dalāʾil d’al-Bayhaqī (1/133) avec des formulations proches. (3) Dans Ḥ : Juhaym ibn Abī Juhaym, attesté dans les sources précédentes ainsi que dans Mīzān al-Iʿtidāl (1/426) et Taʿjīl al-Manfaʿah (p. 74). Ibn Ḥajar l’a jugé anonyme. Il est cité par Ibn Ḥibbān dans Al-Thiqāt. (4) Transmission d’al-Wāqidī dans Ṭabaqāt Ibn Saʿd (1/110). (5) Le texte entre crochets est un ajout de Ṭ qui ne figure pas dans Ḥ. (6) « Sanat Shahbāʼ » : quand elle est desséchée. Al-Lisān « Shahb ». Al-Suhaylī dans al-Rawḍ (1/186) rapporte qu’Ibn Hishām dit : ce sont uniquement les nourrices. Il ajoute : dans le Livre de Dieu, exalté soit-Il, il est dit : « Et Nous avons interdit pour lui les nourrices » (Coran). Le propos d’Ibn Hishām est explicite, car « al-marāḍiʿ » est le pluriel de « maraḍ », tandis que « al-riḍāʿāʼ » est le pluriel de « riḍīʿ ». Cependant, le récit d’Ibn Isḥāq apporte une solution en omettant le complément possessif, comme s’il disait : « celles qui ont des enfants en période d’allaitement » ; ou bien il entend par « al-riḍāʿāʼ » les enfants eux-mêmes selon le sens littéral, car lorsqu’ils ont une nourrice pour les allaiter, ils ont aussi un nourrisson allaitant avec eux, donc il n’est pas invraisemblable de dire : « cherchez-lui un nourrisson », sachant que le nourrisson a forcément besoin d’une nourrice. (7) « Atān Qamrāʼ » : c’est-à-dire blanche. « Azmat bi-r-rukb » : les avoir confinés en raison de leur faiblesse et de leur arrêt dans leur marche. Al-Lisān et al-Tāj (Qamar, Dhamam). (8) « Al-Shārif » : la chamelle âgée. « Mā tabuḍḍ » : n’allaite pas et ne produit pas de lait. Al-Lisān (Sharaf, Baḍḍ). (9) Dans Ḥ, Ṭ : « Laylatunā », attesté dans les sources de critique textuelle.
وذكروا أنها كانت تحضِن رسولَ الله ﷺ مع أمه (١) إذ كان عندهم. قال ابن إسحاق (٢) : حدّثني جَهْم بن أبي جهم (٣) ، مولى لامرأة من بني تميم، كانت عند الحارث بن حاطب، وكان يقال له: مولى الحارث بن حاطب، قال: حدّثني من سمع عبد الله بن جعفر بن أبي طالب قال: حُدِّثتُ عن حليمة بنت الحارث أنها قالت: قدمتُ مكة في نسوة -[وذكر الواقدى (٤) بإسناده أنهنَّ كنَّ عشر نسوةٍ من بني سعد بن بكر، يلتمسْنَ بها الرُّضعاء] (٥) - من بني سعد نلتمسُ بها الرُّضعاءَ في سنةٍ شَهْباء (٦) ، فقدمتُ على أتانٍ لي قَمْراء كانت أذمَّت بالركب (٧) ، ومعي صبيٌّ لنا، وشارف لنا والله ما تَبِضُّ بقطرة (٨) ، وما ننام ليلنا (٩) ذلك أجمع مع صبينا ذاك، ما نجد في ثديي ما يُغنيه، ولا في شارفنا ما يغذِّيه، ولكنَّا كنَّا نرجو الغيث والفرج؛ فخرجتُ على أتاني تلك، فلقد أذَمَّتْ بالركب حتى شَقَّ ذلك عليهم ضعفًا وعَجَفًا. فقدِمنا مكة، فوالله ما علمتُ منا امرأةً إلا وقد عُرض عليها رسولُ الله ﷺ ، فتأباه، إذا قيل إنَّه يتيم تركناه، قلنا: ماذا عسى أنْ تصنعَ إلينا أُمُّه؟ إنما نرجو المعروفَ من أبي الولد، فأما أمُّه فماذا عسى أن تصنع إلينا؟ فوالله ما بقي من صواحبي امرأةٌ إلا أخذت رَضِيعًا غيري. فلما لم نجد غيرَه، وأجمعنا الانطلاق، قلت لزوجي الحارث بن عبد العُزَّى: والله إني لأكره أنْ أرجعَ من بين صواحبي ليس معي رضيع. لأنطلقنَّ إلى ذلك اليتيم فلآخذنَّه. فقال: لا عليك أنْ
= خذامة بكسر الخاء المنقوطة، وقال غيره: حذافة، بالحاء المضمومة وبالفاء مكان الميم، وكذلك ذكره يونس في روايته عن ابن إسحاق، وكذلك ذكره أبو عمر في كتاب النساء". (١) في السيرة: إذا. (٢) في سيرة ابن إسحاق (ص ٢٦) قوله هذا في سيرة ابن هشام (١/ ١٦٢) والطبري (٢/ ١٥٨) والدلائل للبيهقي (١/ ١٣٣) بألفاظ مقاربة. (٣) في ح: جهيم بن أبي جهيم، والمثبت من المصادر السابقة وميزان الاعتدال (١/ ٤٢٦) وتعجيل المنفعة (ص ٧٤)، وقال فيه ابن حجر: مجهول، وذكره ابن حبان في الثقات. (٤) رواية الواقدي في طبقات ابن سعد (١/ ١١٠). (٥) ما بين المعقوفين زيادة من ط ليست في ح. (٦) "سنة شهباء": إذا كانت مجدبة. اللسان شهب. وقال السهيلي في الروض (١/ ١٨٦): قال ابن هشام: إنما هو المراضع. قال: وفي كتاب الله سبحانه: ﴿وَحَرَّمْنَا عَلَيْهِ الْمَرَاضِعَ﴾. والذي قاله ابن هشام ظاهر، لأن المراضع جمع مرضع، والرضعاء: جمع رضيع، ولكن لرواية ابن إسحاق مخرج من وجهين: أحدهما حذف المضاف كأنه قال: ذوات الرضعاء؛ والثاني أن يكون أراد بالرضعاء الأطفال على حقيقة اللفظ، لأنهم إذا وجدوا له مرضعة ترضعه فقد وجدوا له رضيعًا يرضع معه، فلا يبعد أن يقال: التمسوا له رضيعًا، علمًا بأن الرضيع لا بد له من مرضع". (٧) "أتان قمراء": أي بيضاء. أذمت بالركب: أي حبستهم لضعفها وانقطاع سيرها. اللسان والتاج (قمر، ذمم). (٨) "الشارف": الناقة المسنة. ما تبض: ما تدر ولا ترشح. اللسان (شرف، بضض). (٩) في ح، ط: ليلتنا، والمثبت من مصادر التخريج.

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