Le « radm »(1), ils tuent les non-Arabes et recherchent le butin. Puis il dit : « Quant à Celui qui demeure pour l’éternité et atteint la pleine mesure du temps, il sortira de cette contrée un Prophète bien guidé, qui oriente vers la rectitude [il rejette Yaghouth et la futilité](2), renonce à l’adoration de toute forme contraire et n’adore qu’un Dieu Unique. Ensuite, Dieu le rappellera à Lui loué, il disparaîtra de la terre et sera attesté dans le ciel. Puis c’est le Véridique qui prendra la relève de son autorité ; lorsqu’il juge, il est sincère, et lorsqu’il rétablit les droits, il n’est ni maladroit ni emporté. Viendra ensuite le hanîf, un homme expérimenté et noble, qui a fait honneur à l’hôte et renforcé le pur monothéisme(3). »
Ensuite, il évoqua ‘Uthmân et son assassinat, ainsi que ce qui adviendrait après cela durant l’ère des Banû Umayya, puis des Banû al-‘Abbâs, et les épreuves et batailles à venir. Ibn ‘Asâkir a rapporté l’ensemble de ce récit avec sa chaîne de transmission, d’après Ibn ‘Abbâs, de façon détaillée.
Nous avons déjà mentionné ses propos adressés à Rabî‘a ibn Nasr, le roi du Yémen(4), lorsqu’il lui révéla son songe avant même que celui-ci ne le lui raconte, puis tout ce qui surviendrait au Yémen en termes de troubles et de changements de pouvoir, jusqu’à ce que le gouvernement revienne à Sayf ibn Dhî Yazan. Le roi demanda alors : « Ce pouvoir durera-t-il ou sera-t-il interrompu ? » Il répondit : « Il sera interrompu. » Le roi poursuivit : « Et qui l’interrompra ? » Il dit : « Un Prophète pur, à qui la Révélation viendra de la part du Très-Haut. » Le roi demanda : « Qui est l’ancêtre de ce Prophète ? » Il répondit : « Il descend de Ghâlib ibn Fihr ibn Mâlik ibn an-Nadr ; la royauté demeurera parmi son peuple jusqu’à la fin des temps. » Le roi interrogea : « Le temps a-t-il une fin ? » Il répliqua : « Oui, le jour où seront rassemblés les premiers et les derniers : ce jour-là, les bienfaisants seront heureux, et les malfaisants infortunés. » Le roi insista : « Ce que tu m’annonces est-il véridique ? » Il répondit : « Oui, par le crépuscule, la tombée de la nuit et l’aube(5) lorsqu’elle brille ! Ce que je t’ai annoncé est assurément vrai. » Shiq le confirma mot pour mot, sous une autre formulation, comme il a été rapporté.
Quant aux vers de poésie attribués à Satiḥ, on raconte qu’il disait :
« Craignez Dieu en secret et au grand jour, et ne mêlez pas la sincérité de la confiance à la trahison.
Soyez pour le voisin éprouvé un rempart et un bouclier, lorsque les malheurs du temps s’abattent sur lui (6). »
L’imâm Ibn ‘Asâkir a rapporté ces paroles, puis al-Mu‘afâ ibn Zakariyyâ al-Jarîrî les a également évoquées(7), ajoutant : « Les récits concernant Satiḥ sont nombreux, et plusieurs savants les ont réunis dans leurs ouvrages. Il est surtout connu pour avoir été un devin qui informa au sujet du Prophète (ﷺ) ainsi que de sa description et de son avènement. » Il est rapporté(8), par une chaîne de transmission dont Dieu seul connaît la valeur, que le Prophète (ﷺ) fut interrogé au sujet de Satiḥ et répondit : « Un Prophète que son peuple a délaissé. »
Pour ma part, j’observe : ce ḥadîth ne possède aucune source dans les ouvrages de référence de l’islam, et je ne l’ai trouvé dans aucun isnâd, sous quelque forme que ce soit.