J’ai dit :
Le dernier de leurs rois à qui la royauté fut retirée fut Yazdegerd fils de Shahriyar fils d’Abarwiz fils de Hormuz fils d’Anouchirwân. C’est à son époque que l’îwân (la grande salle du palais) se fendit en deux. Ses ancêtres détenaient la royauté depuis trois mille cent soixante-quatre ans. Quant au premier de leurs rois, ce fut Gayoumarth (1), fils de Umaym fils de Lawdh fils de Sâm fils de Noé.
Note :
Pour ce qui est de Satiḥ, l’historien Ibn ʿAsâkir rapporte dans son « Histoire » (2) qu’il s’agit d’al-Rabîʿ ibn Rabîʿa ibn Masʿūd ibn Mâzin ibn Diʾb ibn ʿAdî ibn Mâzin ibn al-Azd. On dit aussi qu’il s’appelait al-Rabîʿ ibn Masʿūd ; sa mère était Ruwayma (3) bint Saʿd ibn al-Ḥârith al-Ḥajûrî. Il mentionne d’autres versions de cette ascendance.
Il dit également que Satiḥ résidait à al-Jâbiyah. Ensuite, il est rapporté d’après Abû Ḥâtim al-Sijistânî : « J’ai entendu certains Anciens, dont Abû ʿUbaydah et d’autres, affirmer qu’il venait après Loqmân ibn ʿÂd, qu’il naquit à l’époque de la Crue du Barrage (Sayl al-ʿArim) et vécut jusqu’au règne de Dhû Nuwâs, ce qui représente près de trente siècles. Son lieu de résidence se trouvait au Baḥrayn. La tribu de ʿAbd al-Qays prétendait qu’il était des leurs, tandis que les Azd soutenaient qu’il appartenait à leur propre tribu. La plupart des traditionnistes (muḥaddithîn) affirment qu’il était issu des Azd, sans que nous puissions déterminer son appartenance avec certitude, si ce n’est que ses descendants (4) se réclament de cette tribu. »
On rapporte d’Ibn ʿAbbâs qu’il aurait dit : « Il n’existait rien parmi les fils d’Adam qui ressemblât à Satiḥ. Il n’était que chair étendue sur une planche (5), sans os ni nerfs, à l’exception de sa tête, de ses yeux et de ses mains. Il pouvait être plié comme on plie un vêtement, de ses pieds jusqu’à son cou, et rien ne bougeait chez lui si ce n’est sa langue. » D’autres ont dit : « Lorsqu’il se mettait en colère, il se gonflait et se dressait. »
Ibn ʿAbbâs mentionne ensuite qu’il se rendit à La Mecque, où une délégation de notables, parmi lesquels ʿAbd Shams et ʿAbd Manâf fils de Quṣayy, vint à sa rencontre. Ils l’interrogèrent sur différentes questions, auxquelles il répondit avec véracité. Ils l’interrogèrent alors à propos de ce qui surviendrait à la fin des temps, et Satiḥ leur dit : « Recevez de moi, inspiré que je suis par Dieu : Vous voilà, ô vous autres Arabes, dans l’âge de la décrépitude, où vos connaissances et celles des non-Arabes s’équivalent, sans savoir ni compréhension. Mais il surgira après vous une génération (6) de Dahm (7) qui recherchera toutes sortes (8) de sciences, brisera l’idole et parviendra… »