D’après Abou al-Hakam at-Tannoukhî, il a dit : « Lorsqu’un enfant naissait chez Quraych, on le confiait à des femmes de Quraych jusqu’au matin, et elles plaçaient sur lui un pot renversé (1). Lorsque le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) vint au monde, ‘Abdel-Mouttalib le remit à ces femmes, qui renversèrent un pot par-dessus lui. Au matin, elles revinrent et trouvèrent que ce pot s’était fendu en deux. Elles découvrirent l’enfant, les yeux ouverts, le regard tourné vers le ciel. ‘Abdel-Mouttalib se rendit auprès d’elles, et elles lui dirent : “Nous n’avons jamais vu de nouveau-né (2) comme celui-ci. Nous l’avons trouvé alors que le pot était fendu au-dessus de lui, et nous l’avons vu les yeux ouverts (3), levant son regard vers le ciel.” Il leur répondit : “Prenez-en bien soin, car j’espère qu’il aura un grand destin ou qu’il obtiendra un grand bien.” »
Lorsque survint le septième jour, il sacrifia en son nom et convia Quraych. Après qu’ils eurent mangé, on lui dit : « Ô ‘Abdel-Mouttalib, au sujet de cet enfant pour lequel tu nous as honorés, comment l’as-tu nommé ? » Il déclara : « Je l’ai nommé Muhammad. » Ils lui demandèrent : « As-tu préféré ce nom à ceux qui appartenaient déjà à ta famille ? » Il répondit : « J’ai voulu que Dieu le loue dans le ciel et que Sa création le loue sur la terre. » Les linguistes expliquent que tout individu rassemblant de nobles qualités est appelé “Muhammad”, comme l’a dit l’un d’eux (dans un vers du mètre at-tawîl) :
« Vers toi – puisses-tu être à l’abri du blâme – (j’)ai poussé ma monture… / Jusqu’à l’illustre généreux, ce noble, ce “Muhammad” (4). »
Certains savants ont déclaré : « Dieu – Exalté soit-Il – leur inspira de nommer l’enfant “Muhammad” en raison des bonnes qualités qu’il recélait, afin que s’accordent le nom et l’acte, et que le nom corresponde à la personne tant dans son apparence que dans son essence, comme l’a dit son oncle Abou Tâlib – et l’on rapporte aussi ces vers attribués à Hassân (5) :
“Il façonna pour lui un nom dérivé du Sien afin de l’honorer... / Celui qui possède le Trône est nommé ‘Mahmoud’, et voilà Muhammad.” »
Nous évoquerons, si Dieu le veut, à la fin de la Sîra, ses noms (que Dieu le couvre d’éloges), ses qualités distinctives – à savoir ses traits apparents et ses nobles vertus – ainsi que les preuves de sa prophétie et l’excellence de son rang.
Le grand spécialiste (hâfiẓ) Abou Bakr al-Bayhaqî (6) a rapporté : « Abou ‘Abdallah al-Hâfiẓ nous informa, disant : Abou al-‘Abbâs Muhammad ibn Ya‘qûb nous rapporta, disant : Ahmad ibn Shaybân ar-Ramlî nous rapporta, disant : Ahmad ibn Ibrâhîm al-Ḥalabî (7) nous rapporta, disant : al-Haytham ibn Jamîl nous rapporta, disant : Zuhayr (transmit), d’après Muḥârib ibn Dithâr, d’après ‘Amr ibn Yathribî, lequel tenait d’al-‘Abbâs ibn ‘Abdel-Mouttalib qui déclara :
“J’ai dit : ‘Ô Messager de Dieu, le signe de ta prophétie qui m’a poussé à embrasser ta religion fut de t’avoir vu, alors que tu n’étais qu’un nourrisson, gazouiller à la lune et la désigner de ton doigt ; là où tu la pointais, elle s’inclinait.’ Le Prophète (que Dieu le bénisse et le salue) répondit : ‘Je lui parlais, il me répondait et me distrayait de mes pleurs ; et j’entendais…’” »