‘Abd al-Muṭṭalib envoya son fils aîné, al-Ḥārith, et celui-ci découvrit qu’il était déjà décédé et avait été enterré dans la maison d’an-Nābigha (1) — [c’était un homme de Banū ‘Adiyy ibn an-Najjār ; dans cette maison, lorsqu’on y entre, la petite demeure (ad-duwayra) se trouve sur la gauche. Ses oncles maternels informèrent al-Ḥārith de la maladie dont il souffrait, des soins qu’ils lui avaient prodigués, de la façon dont ils s’étaient chargés de ses affaires et du fait qu’ils l’avaient enterré]. Al-Ḥārith retourna alors auprès de son père pour l’en informer. À cette nouvelle, ‘Abd al-Muṭṭalib et ses frères et sœurs ressentirent une intense affliction. Le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) était alors encore dans le sein de sa mère, et ‘Abd Allāh ibn ‘Abd al-Muṭṭalib avait vingt-cinq ans lorsque la mort le surprit.
Al-Wāqidī (3) déclara : « Voilà la version la plus solide, selon nous, concernant la mort de ‘Abd Allāh et l’âge auquel il s’est éteint. » Al-Wāqidī a également rapporté — d’après Ma‘mar, lui-même citant az-Zuhrī — que ‘Abd al-Muṭṭalib avait envoyé ‘Abd Allāh à Médine pour y acquérir des dattes, et qu’il y mourut.
Muḥammad ibn Sa‘d (4) dit : « Hishām ibn Muḥammad ibn as-Sā’ib al-Kalbī, selon son père, ainsi que ‘Awānah ibn al-Ḥakam rapportèrent que ‘Abd Allāh ibn ‘Abd al-Muṭṭalib décéda après que le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) eut atteint vingt-huit mois — certains disent sept mois. » Puis il ajouta : « Le premier témoignage est plus digne de foi : il s’éteignit alors que le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) était encore un fœtus. »
Al-Zubayr ibn Bakkār rapporte : « Muḥammad ibn Ḥasan me transmit, d’après ‘Abd as-Salām, lui-même le tenant de Ibn Kharrabūdh, que ‘Abd Allāh mourut à Médine lorsque le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) avait deux mois. Sa mère mourut alors qu’il avait quatre ans ; quant à son grand-père, il mourut quand il avait huit ans, et confia sa garde à son oncle Abū Ṭālib. »
Al-Wāqidī et son secrétaire, l’historien Muḥammad ibn Sa‘d, privilégient l’opinion selon laquelle son père (que la paix soit sur lui) mourut alors que le Prophète se trouvait encore dans le ventre de sa mère. C’est là la forme d’orphelinat la plus profonde et son degré le plus élevé. Il a déjà été indiqué dans le ḥadīth (5) : « Et le rêve que fit ma mère lorsqu’elle m’a conçu : c’était comme si une lumière en jaillissait, illuminant les palais du Shām. »
Muḥammad ibn Isḥāq (6) rapporte qu’Āminah bint Wahb, la mère du Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui), racontait avoir reçu la visite d’un être céleste alors qu’elle était enceinte du Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui). On lui dit alors : « Tu portes en ton sein le maître de cette communauté. Lorsque tu le mettras au monde, dis :
[vers de rajaz]. »