Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Description de sa noble naissance (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui)

Il a déjà été mentionné qu’Abdel-Mouttalib, après avoir sacrifié cent chameaux pour son fils ‘Abd Allah− car il avait fait vœu de l’immoler, puis que Dieu, Exalté soit-Il, l’en avait préservé −, savait qu’il était décrété de tout temps l’apparition du Prophète illettré (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui), le Sceau des Messagers et le Maître des descendants d’Adam, issu de sa lignée. C’est pourquoi, ainsi qu’il a été relaté, il maria son fils à la plus noble des dames de Quraysh : Âmina bint Wahb ibn ‘Abd Manâf ibn Zuhra, de la branche Zuhra. Lorsqu’il s’unit à elle et la rejoignit, elle conçut le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui).

Or, il y avait la mère de Qitâl, Ruqayqa bint Nawfal — sœur de Waraqa ibn Nawfal — qui avait perçu la lumière entre les deux yeux de ‘Abd Allah avant qu’il ne s’unisse à Âmina. Elle désira alors en être la bénéficiaire, car elle entendait son frère Waraqa lui rapporter les annonces prophétiques concernant l’avènement de Muhammad (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) et le fait que son heure approchait. Elle se proposa donc à lui, selon la version la plus apparente (Dieu Seul le sait). Il déclina cependant sa proposition. Mais lorsque cette lumineuse clarté fut transmise à Âmina du fait de leur union, elle regretta ce qu’elle avait manqué et se montra prête à revenir vers lui. Âmina lui rétorqua : « Je n’ai nul besoin de toi. » Puis elle s’affligea de ce qui lui avait échappé et composa sur ce sujet des vers éloquents que nous avons déjà cités (1).

Cette préservation dont bénéficia ‘Abd Allah n’était pas pour lui-même, mais pour le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui), car, comme Dieu le Très-Haut l’a dit : « Dieu sait mieux où placer Son message » (Les Bestiaux, 6:124). Il a par ailleurs été évoqué, via une chaîne de transmission fiable, que le Prophète (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) a déclaré : « Je suis né d’un mariage et non d’une union illicite. » (2)

En somme, alors que sa mère se trouva enceinte de lui, son père ‘Abd Allah mourut, selon l’opinion communément admise, tandis qu’il se trouvait encore dans le ventre de sa mère. Mohammad ibn Sa‘d (3) rapporte : « Mohammad ibn ‘Omar — à savoir al-Wâqidî — nous a relaté d’après Mûsâ ibn ‘Uqayda ar-Rabadhî (4) [d’après Mohammad ibn Ka‘b], et Sa‘îd ibn Abî Zayd nous a rapporté d’après Ayyûb ibn ‘Abd ar-Rahmân ibn Abî Sa‘sa‘a qu’ils dirent : ‘Abd Allah ibn ‘Abdel-Mouttalib partit pour Gaza en Syrie dans une caravane de Quraysh transportant des marchandises. Lorsqu’ils eurent conclu leurs affaires, ils s’en revinrent et, en passant par Médine, ‘Abd Allah tomba malade. Il déclara : “Je reste auprès de mes oncles maternels, les Banû ‘Adiyy ibn an-Najjâr.” Il demeura donc auprès d’eux, malade, un mois. Ses compagnons poursuivirent leur chemin jusqu’à ce qu’ils parviennent à La Mecque. ‘Abdel-Mouttalib s’enquit de son fils ‘Abd Allah et ils répondirent : “Nous l’avons laissé chez ses oncles, les Banû ‘Adiyy ibn an-Najjâr, car il était souffrant.” Alors il envoya quelqu’un à sa recherche… » (5).

(1) (p. 14) de ce volume. (2) (p. 23) de ce volume. (3) Dans les Ṭabaqāt (1/99) et ce qui suit entre crochets. (4) Dans l’édition Al-Yazīdī, une erreur de copie, confirmé par Ḥ et les Ṭabaqāt ainsi que l’Ikmāl (4/142) ; sa biographie se trouve dans Tahḏīb al-Tahḏīb (10/356). (5) Dans Ḥ, édition ʿĪrān, erreur de copie, confirmé par les Ṭabaqāt ; ʿīrāt : comme ʿinabāt, sa yā’ peut être syllabée, pluriel de ʿīr qui désigne les dromadaires destinés à porter la mæra (mesure de liquide) — il n’existe pas de singulier sous cette forme. Sībawayh a dit : ils l’ont mis au pluriel avec alif et tā’ pour le genre féminin, et ils ont modifié la yā’ pour la forme plurielle en tā’. Al-Lisān et At-Tāj (ʿīr).
[صفة مولده الشريف (رحمهم الله) ] قد تقدَّم أنَّ عبد المطلب لما ذبح تلك الإبلَ المئة عن ولده عبد الله، حين كان نَذَرَ ذَبْحَه فسلَّمه الله تعالى، كان قدَّر في الأزل من ظهور النبيِّ الأُمِّيِّ ﷺ ، خاتم الرسل وسيِّدِ ولد آدم من صُلْبه؛ فذهب كما تقدَّم، فزوَّجه أشرفَ عَقِيلةٍ في قريش، آمنةَ بنت وَهْبِ بن عبد مناف بن زُهْرَة الزُّهْريَّة. فحين دخل بها وأفْضَى إليها حملَتْ برسول الله ﷺ ، وقد كانت أُمُّ قِتَال رُقيقةُ بنت نَوْفل -أختُ وَرَقة بن نوفل- توسَّمَتْ ما كان بين عينَيْ عبد الله قبل أن يجامع آمنة من النور، فودَّت أن يكون ذلك متصلًا بها لما كانت تسمع من أخيها من البشارات بوجود محمد ﷺ ، وأنه قد أَزِف زمانُه، فعرضت نفسها عليه. قال بعضهم: ليتزوجها -وهو أظهر والله أعلم- فامتنع عليها، فلما انتقل ذلك النور الباهر إلى آمنة بمواقعته إياها كأنَّه تندَّم على ما كانت عرضَتْ عليه، فتعرَّض لها لتعاوده، فقالت: لا حاجة لي فيك. وتأسفَتْ على ما فاتها من ذلك، وأنشدَت في ذلك ما قدَّمناه من الشعر الفَصِيح البليغ (١) . وهذه الصِّيانة لعبد الله ليست له، وإنما هي لرسولِ الله ﷺ ، فإنَّه كما قال الله تعالى: ﴿اللَّهُ أَعْلَمُ حَيْثُ يَجْعَلُ رِسَالَتَهُ﴾ [الأنعام: ١٢٤] . وقد تقدَّم الحديث المرويُّ من طريق جَيِّدة: أنه قال (رحمهم الله) : "ولدتُ من نكاح لا من سِفَاح" (٢) . والمقصود أنَّ أُمَّهُ حين حملَتْ به توفي أبوه عبد الله وهو حَمْل في بطنِ أمه على المشهور. قال محمد بن سعد (٣) : حدّثنا محمد بن عمر -هو الواقدي- حدّثنا موسى بن عبيدة الرَّبَذِي (٤) [عن محمد بن كعب] ، وحدّثنا سعيد بن أبي زيد عن أيوب بن عبد الرحمن بن أبي صعصعة قالا: خرج عبد الله بن عبد المطلب إلى الشام إلى غزة في عِيرٍ من عِيَرَاتِ (٥) قريش يحملون تجارات. ففرغوا من تجاراتهم ثم انصرفوا، فمرُّوا بالمدينة وعبدُ الله بن عبد المطلب يومئذ مريض، فقال: [أنا] أتخلَّفُ عند أخوالي بني عَدِيِّ بن النجَّار. فأقام عندهم مريضًا شهرًا، ومضى أصحابُه فقدِمُوا مكة، فسألهم عبد المطلب عن ابنه عبد الله، فقالوا: خلَّفْناه عند أخواله بني عديِّ بن النجَّار وهو مريض. فبعث إليه
(١) (ص ١٤) من هذا الجزء. (٢) (ص ٢٣) من هذا الجزء. (٣) في الطبقات (١/ ٩٩) وما يأتي بين معقوفين منه. (٤) في ط: اليزيدي، تصحيف، والمثبت من ح والطبقات والإكمال (٤/ ١٤٢) وترجمته في تهذيب التهذيب (١٠/ ٣٥٦). (٥) في ح، ط: عيران، تصحيف، والمثبت من الطبقات، وعِيَرَات: كعنبات، وقد تسكن ياؤه، جمع عير، وهي الإبل التي تحمل الميرة، لا واحد لها من لفظها. قال سيبويه: جمعوه بالألف والتاء لمكان التأنيث وحركوا الياء لمكان الجمع بالتاء. اللسان والتاج (عير).

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