Dans son propos (1), le Messager (que Dieu le couvre de bénédictions) déclare : « Il m’a attribué un nom dérivé d’un des Siens : le Maître du Trône est “Mahmûd” (Celui qui est loué), et moi je suis “Muhammad” (2). Il m’a promis de m’accorder le Bassin (al-Hawḍ) et la rivière al-Kawthar, de faire de moi le premier intercesseur et le premier à être exaucé dans son intercession. Ensuite, Il m’a fait apparaître au sein de la meilleure génération de ma communauté, ceux qui louent (Dieu) abondamment (al-ḥammâdûn), qui commandent le bien et interdisent le mal. »
Ibn ʿAbbâs rapporta alors ces paroles : « Ḥassân ibn Thâbit a dit, à propos du Prophète (que Dieu le bénisse et le salue) (3), dans un poème écrit sur le mètre al-munsariḥ :
• “Avant cela, tu étais pur dans l’ombre et dans un dépôt,
le jour où l’on cousait les feuilles.
• Puis tu habitas les contrées : tu n’étais alors ni un être de chair,
ni une goutte de semence, ni un caillot de sang.
• Tu fus purifié, embarquant sur l’Arche quand elle muselait ‘Na sr’
et que ses gens furent engloutis par le déluge.
• Tu passais d’une lombaire (5) à un sein maternel :
à peine une époque s’achevait qu’une autre surgissait.”
Le Prophète (que Dieu le bénisse et le salue) déclara : « Qu’Allāh fasse miséricorde à Ḥassân. » Et ʿAlî ibn Abî Ṭâlib ajouta : « Le Paradis est assuré à Ḥassân, par le Seigneur de la Kaʿba. »
Le ḥâfiẓ Ibn ʿAsâkir dit ensuite : « Ce hadith est extrêmement étrange. » – J’ajoute : « Il est même très réprouvé (munkar). » – Le récit fiable qui est conservé retient plutôt que ces vers reviennent à al-ʿAbbâs (Dieu soit satisfait de lui). Il les a rapportés d’après Abû al-Sukayn Zakariyyâ ibn Yaḥyâ al-Ṭâʾî, comme il a déjà été cité. Je précise : certains affirment qu’ils seraient de al-ʿAbbâs ibn Mirdâs al-Sulamî. Dieu sait mieux.
Note : Al-Qâḍî ʿIyâḍ déclare dans son ouvrage « al-Shifâʾ » (7) : « Quant à “Aḥmad”, dont il est question dans les Livres sacrés et que les prophètes avaient annoncé, Dieu, dans Sa sagesse, a voulu qu’aucune autre personne avant lui ne porte ce nom et ne soit appelée ainsi, afin qu’aucun esprit faible ou qu’aucun doute ne s’y trompe. De même, le nom “Muḥammad” ne fut porté par aucun Arabe ni aucun autre peuple, jusqu’à ce qu’on commence à le répandre peu de temps avant son apparition (8) et sa naissance, lorsqu’on entendit dire qu’un Prophète allait être envoyé et porterait ce nom. Quelques rares Arabes nommèrent alors leurs fils ainsi, espérant que l’un d’entre eux fût cet envoyé, mais “Dieu sait mieux où Il place Son message” [al-Anʿâm, 124]. Parmi eux se trouve Muḥammad ibn Uḥayḥah ibn al-Julâḥ.”