Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Certaines parties de ces témoignages se confirment entre elles, et le sens de l’ensemble renvoie au hadith de Wâthila ibn Al-Asqa‘ (1). Et Dieu sait mieux.

J’ai dit : Dans ce sens, Abû Tâlib s’exprime ainsi pour faire l’éloge du Prophète (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) :

[du mètre at-ṭawîl]

« Lorsqu’un jour Quraych se rassemble pour se glorifier,
C’est ‘Abd Manâf qui en est le secret et le noyau (2).
Si l’on distingue l’élite de ‘Abd Manâf,
C’est en Hâshim qu’on trouve ses notables et son ancien lignage.
Et si un jour elle se targue de quelque fierté,
C’est Muḥammad, l’Élu, issu de son lignage et son noble.
Quraych se ligua contre nous, ses humbles comme ses puissants,
Sans nous vaincre, et leur jugement s’en trouva égaré.
De tout temps nous ne tolérions pas l’injustice :
Quand ils inclinaient la joue par arrogance, nous la redressions.
Nous protègerons son domaine en tout jour d’adversité,
Écartant de ses pierres quiconque voudrait s’en emparer.
C’est par nous que le rameau desséché reprit vie ;
Sous notre abri, ses racines s’abreuvent et prospèrent (3). »

Abû as-Sukayn (4), Zakariyyâ ibn Yaḥyâ aṭ-Ṭâ’î, rapporte dans la partie réputée qui lui est attribuée : « Mon grand-oncle, Zahr ibn Ḥiṣn, tenait de son grand-père Ḥumayd ibn Munhib, qui déclara : “Mon grand-père, Khuraym ibn Aws, a raconté : ‘J’émigrai vers le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui). Je le rejoignis alors qu’il revenait de Tabûk et je me convertis à l’islam. Puis j’entendis al-‘Abbâs ibn ‘Abd al-Muṭṭalib dire : Ô Messager de Dieu, je souhaite te louer. Le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) répondit : « Parle, et que Dieu ne brise point ta bouche. » Alors il déclama (5) :’”

[du mètre al-munsariḥ]

« Déjà avant cela, tu étais pur sous l’ombrage,
Dans un dépôt où l’on recousait encore les feuilles (6).
Tu es ensuite descendu vers la terre sans être ni homme,
Ni morceau de chair, ni caillot de sang.
Tu n’étais qu’une goutte de semence embarquant sur le navire,
Quand il muselait Nasr et son peuple sous les flots. »

(1) Dans « al-Dalāʾil » après ceci : « et Abû Hurayra », il s'agit d'un ajout important. (2) Surr al-ḥisab : son milieu. On dit : untel est dans le surr de son peuple, c'est-à-dire parmi les meilleurs d'entre eux. Al-Lisān (surar). (3) Son expression : « al-dhawwī » dérive de « dhawā », qui signifie flétrir et s'affaiblir, c'est une expression linguistique. Dans (Ḥ, Ṭ), c'est « al-dhawāʼ », la forme attestationnelle dans al-Dīwān. « Al-Arūm » est le pluriel de « arūma », qui signifie la racine. Al-Lisān (ʾarm). Les vers sont dans le Dīwān de Cheikh al-Abāṭiḥ, p. 25, ainsi que dans la Sīra d'Ibn Hichām (1/269). À côté du dernier vers du poème dans Ḥ, se trouve la mention « balag », c'est-à-dire « atteindre » en sens opposé. (4) Dans (Ṭ) : Abū al-Sakan est une erreur typographique, alors que la forme confirmée est dans Ḥ, et la note d'Ikmāl (2/315), no 2, cite cette lecture d'Abd al-Ghanī. (5) Les vers se trouvent dans le Taʾrīkh d'Ibn ʿAsākir, La Sīra du Prophète, première partie (p. 209), dans « al-Asmāʾ al-Mubhamah » de al-Khaṭīb (p. 249), et dans Majmaʿ al-Zawāʾid (8/217-218). Ibn Manẓūr a retranscrit quatre d’entre eux dans al-Lisān : (ṣalb, khaṣf, afaq, naṭaq, ẓallal, hamman). Les quatre premiers sont attribués à Ḥassān ibn Thābit comme on le verra, ils sont dans son Dīwān (1/498, édité par Walīd ʿArfāt, Londres, 1971). Al-Qāḍī ʿIyāḍ les cite dans ash-Shifāʾ (1/167-168) et ajoute : « Ô froid du feu d’al-Khalīl par le motif... pour la préservation du feu alors qu’il brûle ». Les vers ont été rapportés en entier avec des ajouts expliqués dans Sharḥ al-Mawāhib (3/98-100). (6) C’est-à-dire au Paradis, où Adam et Hawwāʼ furent couverts par des feuilles du Paradis, c’est-à-dire qu’elles se superposent pour cacher leur nudité, en d’autres termes, elles concordent l'une sur l'autre. Al-Lisān (khaṣf).
فبعضها يؤكِّدُ بعضًا، ومعنى جميعها يرجعُ إلى حديثِ واثلةَ بن الأسْقَع (١) ، والله أعلم. قلت: وفي هذا المعنى يقول أبو طالب يمتدح النبيَّ ﷺ : [من الطويل] إذا اجتمعت يومًا قريشٌ لِمَفْخَرٍ … فعَبْدُ مَنَافٍ سِرُّها وصَمِيمُهَا (٢) فإنْ حُصِّلتْ أشرافُ عبدِ مَنَافِها … ففي هاشِمٍ أشرافُها وقَدِيمُهَا وإنْ فَخَرتْ يومًا فإنَّ محمدًا … هو المُصْطَفى من سِرِّها وكريمُها تداعَتْ قريشٌ غَثُّها وسَمينُها … علينا فلم تَظْفَرْ وطاشَتْ حُلُومُها وكُنَّا قديمًا لا نُقِرُّ ظُلامةً … إذا ما ثَنَوْا صُعْرَ الخُدودِ نُقِيمُها ونَحْمي حِماها كلَّ يوم كَريهةٍ … ونضربُ عن أحجارِها من يَرُومُها بنا انتعشَ العُودُ الذَّوِيُّ وإنَّما … بأكنافنا تَنْدَى وتَنْمى أُرُومُها (٣) وقال أبو السُّكَين (٤) زكريا بن يحيى الطائي في الجزء المنسوب إليه المشهور: حدَّثني عمُّ أبي -زَحْرُ بن حِصْن- عن جدِّه حُميد بن مُنْهِب قال: قال جَدِّي خُرَيم بن أوس: هاجرتُ إلى رسول الله ﷺ ، فقدِمْتُ عليه منصرفَهُ من تَبُوك، فأسلمتُ، فسمعت العباس بن عبد المطلب يقول: يا رسول الله، إني أريد أن أمتدحك. فقال رسول الله ﷺ : "قل لا يَفْضُضِ الله فاك" . فأنشأ يقول (٥) : [من المنسرح] من قبلها طِبْتَ في الظِّلال وفي … مستودعٍ، حيثُ يُخْصَفُ الوَرَقٌ (٦) ثم هَبَطْتَ البلادَ لا بَشَرٌ … أنْتَ ولا مُضْغَةٌ ولا عَلَقُ بل نُطْفَةٌ تركبُ السَّفِين وقد … ألْجَمَ نَسْرًا وأهلَهُ الغَرَقُ
(١) في الدلائل بعد هذا: "وأبي هريرة"، وهي زيادة مهمة. (٢) سر الحسب: أوسطه، يقال: فلان في سر قوِمه، أي في أفضلهم. اللسان (سرر). (٣) قوله: الذَّوي، من ذويَ يَذوى -وهي لغة- ذبَلَ وضعف. وهو في (ح، ط) "الذواء"، والمثبت من الديوان. الأروم: جمع أرومة، وهي الأصل. اللسان (أرم). والأبيات في ديوان شيخ الأباطح ص ٢٥ وسيرة ابن هشام (١/ ٢٦٩). وإلى جانب البيت الأخير في القصيدة في ح ما نصه بلغ، أي بلغ مقابلةً. (٤) في (ط): أبو السكن تصحيف، والمثبت من ح، وحاشية الإكمال (٢/ ٣١٥) رقم (٢) نقلًا عن عبد الغني. (٥) الأبيات في تاريخ ابن عساكر، السيرة النبوية، القسم الأول (ص ٢٠٩) والأسماء المبهمة للخطيب (ص ٢٤٩) ومجمع الزوائد (٨/ ٢١٧ و ٢١٨) وأورد ابن منظور أربعة منها في اللسان: (صلب، خصف، أفق، نطق، ظلل، همن). وعزيت الأربعة الأولى منها إلى حسان بن ثابت كما سيأتي، وهي في ديوانه (١/ ٤٩٨ تحقيق وليد عرفات ط لندن ١٩٧١ م) وأوردها القاضي عياض في الشفاء (١/ ١٦٧، ١٦٨ وزاد: يا بَرْدَ نار الخليل ياسببًا … لِعِصْمة النار وهي تحترق ورويت الأبيات بتمامها مع زيادات مشروحة في شرح المواهب (٣/ ٩٨ - ١٠٠). (٦) أي في الجنة حيث خصف آدم وحوَّاء (رحمه الله) عليهما من ورق الجنة. أي يلزقان بعضه على بعض ليسترا به عورتهما، أي يطابقان بعض الورق على بعض. اللسان (خصف).

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