la part de désobéissance qu’ils portent en eux, laquelle ne relève ni de la mécréance ni de l’association.
Les aimer suppose donc de les exhorter et de dénoncer leurs écarts : il n’est pas permis de se taire face à leurs péchés ; il convient au contraire de les réprouver, de leur ordonner le bien et de leur interdire le blâmable, de leur appliquer les peines légales et les châtiments disciplinaires jusqu’à ce qu’ils délaissent leurs fautes et se repentent de leurs méfaits.
Cela étant, on ne les hait pas d’une haine absolue, ni ne se désavoue complètement d’eux, comme le professent les kharijites à l’égard de celui qui commet un grand péché sans toutefois tomber dans le polythéisme ; pas plus qu’on ne les aime ni ne les soutient d’un amour et d’une loyauté sans réserve, à la manière des murji’ites. On adopte vis-à-vis d’eux la voie médiane que nous avons décrite, conformément à la doctrine des gens de la Sunna et du consensus.
Aimer pour Allah et haïr pour Allah est le lien le plus solide de la foi ; et, selon le hadith, « l’homme sera, au Jour de la Résurrection, avec ceux qu’il aura aimés ».