les aimer et s’en réjouir.
La louange (al-ḥamd) porte, d’un commun accord, sur les bienfaits ; selon l’opinion prédominante, elle peut également viser d’autres réalités, à savoir des œuvres méritoires qui, bien qu’elles ne profitent pas directement à celui qui loue, restent dignes de louange. À l’inverse, la gratitude (ash-shukr) ne s’applique qu’aux bienfaits : tel est l’avis le plus répandu.
Toutefois, l’examen approfondi montre que tout ce qu’Allah, exalté soit-Il, accomplit est un bienfait, ou comporte un élément de bienfait qui mérite à la fois louange et gratitude. Les épreuves et les maladies expient les péchés et purifient ; ce sont donc des bienfaits. La destruction des négateurs et le châtiment des mécréants constituent également un bienfait pour les croyants, lesquels en retirent une leçon. C’est pourquoi le Très-Haut a dit : « Lequel donc des bienfaits de votre Seigneur nierez-vous ? » ⦗ar-Raḥmân : 13⦘ ; le terme âlâ’ signifie « bienfaits », et ce verset vient après la mention de la Géhenne et d’autres réalités.
Reste la question : doit-on louer Allah pour Son essence (dhât) et pour les attributs qui Lui sont inhérents ? La question fait l’objet d’un désaccord. Certains — rapporte ar-Râzî dans son Tafsîr — soutiennent que l’on en fait l’éloge (madh) mais qu’on ne Le loue pas (ḥamd) pour cela. L’avis correct est que l’on Le loue également sous ce rapport, car l’essence divine est l’origine même de toute louange et c’est en Elle qu’elle se concentre. De plus, la félicité que les serviteurs tirent de ce qui se rapporte à l’Essence d’Allah dépasse de loin la jouissance qu’ils retirent des créatures : ici-bas par la connaissance, le rappel et l’amour, et dans l’au-delà par la vision et la contemplation. Le Très-Haut dit d’ailleurs : « Et dis : “Louange à Allah qui ne S’est pas attribué d’enfant…” »