Le premier : al-ḥamd ne s’adresse qu’à un être vivant, alors qu’al-madḥ peut viser aussi bien le vivant que le défunt.
Le deuxième : al-ḥamd n’intervient qu’après qu’un bienfait a été accordé, tandis qu’al-madḥ peut le précéder. Cet argument est toutefois faible, car Allah Se loue Lui-même.
Le troisième : al-madḥ ne se réalise que par la langue, alors qu’al-ḥamd relève du cœur, si l’on considère qu’il correspond à la satisfaction (riḍâ), comme on le montrera. Cette explication, rapportée par al-ʿImmânî, appelle néanmoins discussion.
Le quatrième : lorsque tu dis : « J’ai fait l’éloge de Zayd » (madaḥtu Zaydan), ton propos n’est véridique que s’il existait déjà un éloge antérieur. Il n’en va pas de même de l’énoncé : « Al-ḥamdu lillâh » (Louange à Allah), qui, tout en étant de forme déclarative, institue de facto la louange ; il cumule donc valeur informative et valeur performative.
Le cinquième : al-ḥamd consiste à rapporter les qualités de Celui qui est loué tout en les aimant et en y agréant, alors qu’al-madḥ se limite à les rapporter. Telle est la position d’Abû ʿAbd Allâh Ibn al-Qayyim (1).
On a également dit qu’al-ḥamd est la gratitude pour les bienfaits ; cette définition est retenue par Ibn Jarîr, al-Mubarrad et d’autres. Ibn Jarîr l’a en outre rapportée, avec une chaîne de transmission, comme parole attribuée au Prophète ﷺ, et, à l’arrêt, à Ibn ʿAbbâs (2).